Mettre la lumière sur celles qui sont dans l’ombre

Dans son éditorial, « Liberté, égalité, matriarcat », Sabine Panet revient sur les masculinistes, qui tel Eric Zemmour, parlent de société féminisée et matriarcale. Le patriarcat n’existerait donc plus, les femmes auraient pris le pouvoir, la menace d’un matriarcat pèserait sur les sociétés !!! Une forme de contestation véhémente de toutes les avancées possibles en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et une défense de la « virilité » ou de la « masculinité » alliée à la xénophobie au racisme…

A l’occasion de la sortie d’un livre de Heide Goettner-Abendroth et en avant propos d’un entretien avec cette autrice, l’éditorialiste aborde des sociétés où les mères joueraient un rôle central, ou des organisations sociales seraient plus égalitaires que celles où le patriarcat domine…

Dossier : Matriarcat, une société d’égalité

Je suis plus que dubitatif sur les notions de « communisme primitif » ou de « matriarcat » pour décrire le fonctionnement de sociétés. Le premier terme semble utilisé pour des sociétés de pénurie – ce qui est pour le moins contradictoire avec la notion de communisme – « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Le second semble faire l’impasse sur la nécessité de détruire ou au moins de fortement réduire les contraintes liées au système genre et sa bipolarisation hiérarchique des sexes… Reste cependant les dimensions d’utopie que peuvent recouvrir les termes.

En introduction du dossier, les autrices parlent de sociétés complexes, de la place centrale de l’égalité de « pouvoir fluide » (!), de source d’inspiration « pour nous extraire du joug patriarcal ».

Dans l’entretien, Heide Goettner-Abendroth aborde, entre autres, la place de la mère (une réduction, à mes yeux, des possibles des femmes), de sociétés matrilinéaires et/ou matrilocales, de décisions prises au consensus, du souci des êtres vivants. Elle indique aussi la division sexuée du travail (ce qui me semble contradictoire à l’égalité), la place de la maternité (naturalisée et peu abordée comme une construction sociale), de complémentarité (si l’on peut concevoir la complémentarité de tous les êtres humains, penser la complémentarité des femmes et des hommes est toujours, semble-t-il, un frein sexué à l’égalité). Reste que comprendre et analyser les sociétés décrites, sans nos préjugés, peut permettre de saisir, des déjà existant des émancipations possibles…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle Du Chili aux Etats-unis, une chorégraphie rassemble les féministes. Un violeur sur ton chemin. Un violador sobre tu camino. (En complément possible, un-violeur-sur-ton-chemin/, le-violeur-cest-toi-santiago-mexico-bogota-mais-aussi-paris-new-york-berlin-toulouse-madrid-ou-encore-barcelone/, un-violador-en-tu-camino-quebec/)

  • Une allocation universelle : piège ou levier pour l’autonomie des femmes ?

  • Droits des femmes, ce que des ministères peuvent…

  • La Déclaration de Pékin a 25 ans et demain ? La reconnaissance des droits des femmes dans les instances internationales, les programmes d’action et leurs limites, « La représentation des femmes sur la scène politique et le marché du travail, les écarts salariaux, l’accès à des soins abordables ou encore l’élimination des violences faites aux femmes, pour ne prendre que ces quelques revendications de longue date, ne peuvent plus attendre… »

  • Seconde partie de Enfance et prise en charge des violences. « On ne cherche pas la meilleure solution pour l’enfant, mais la moins pire ». Les chiffres, la Convention internationale des droits de l’enfant (signée par tous les pays à l’exception des Etats-Unis et de la Somalie), la pauvreté comme facteur aggravant, les manquements institutionnels, l’urgence, la prise en compte des différents stades de l’enfance…

  • Sport de combat : quand les femmes se taillent une place

  • La certitude du doute. « Mais moi, j’ai cent doutes. Ils me compliquent la vie – et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas la cote -, mais ils construisent aussi lentement des avis plus solides, des attitudes plus équilibrées, permettent de… penser. »

  • L’histoire avec un grand Elles : Amelia Earhart, une femme aviatrice

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 227, mars 2020, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

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