Laissez-nous respirer !

Appel des familles contre l’impunité des violences policières. Pour l’interdiction des techniques d’immobilisation mortelles et des armes de guerre en maintien de l’ordre.

Vendredi, 31 Janvier, 2020

Appel des familles contre l’impunité des violences policières. Pour l’interdiction des techniques d’immobilisation mortelles et des armes de guerre en maintien de l’ordre.

Cédric Chouviat est le premier mort de l’année à cause de violences policières. Sera-t-il le dernier de la longue liste des personnes tuées par les forces de l’ordre ? Les statistiques des années précédentes nous font craindre que ce ne soit pas le cas.

Vingt-six décès en 2019, combien en 2020 ?

Nous apportons tout notre soutien et notre entière solidarité à la famille de Cédric pour qu’elle obtienne la paix et la justice qu’elle demande.

Car c’est aussi notre histoire. La vérité, la justice et la paix, c’est aussi ce que nous demandons pour Lamine Dieng, 25 ans, décédé à la suite d’une clé d’étranglement et d’un plaquage ventral, tout comme Adama Traoré, 24 ans, Aboubacar Abdou, 31 ans, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, Abou Bakari Tandia, 38 ans, Ricardo Barrientos, 52 ans, Mohamed Boukrourou, 41 ans, Massar Diaw, 24 ans, Philippe Ferrières, 36 ans, Mariame Getu Hagos, 24 ans, Serge Partouche, 28 ans, Wissam El Yamni, 30 ans, Abdelilah El Jabri, 25 ans, Amadou Koumé, 33 ans, Mamadou Marega, 38 ans, Mohamed Saoud, 26 ans, Ali Ziri, 69 ans, mort après un « pliage » , Abdelhak Goradia, 51 ans, décédé par asphyxie dans un véhicule de police… et des dizaines d’autres : « malaise cardiaque », « asphyxie », « mort naturelle », sans autre détail communiqué aux familles. Ce 3 janvier 2020, c’est Cédric Chouviat qui est décédé par asphyxie, après une clé d’étranglement et un plaquage ventral.

Les témoins de cette interpellation ont confirmé ce que nous dénonçons depuis toujours : l’utilisation délibérée par les agents des forces de police de techniques extrêmement violentes et « potentiellement létales », selon la dénomination officielle. Clé d’étranglement, plaquage ventral et pliage, ces trois pratiques ont pour but d’immobiliser une personne en lui comprimant le thorax et le cou pour entraver la respiration. Mais, plus la compression dure, plus l’interpellé manque d’oxygène et plus il se débat. Et plus les agents renforcent leur pression. Et plus cette violence tue.

Malgré les condamnations répétées de la France par la Cour européenne des droits de l’homme et par l’ONU, ces techniques continuent d’être pratiquées et de causer la mort. Malgré la condamnation de ces usages par la Ligue des droits de l’homme, Amnesty International et Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, l’État se contente de justifier le « travail » de ses agents.

Comme la femme, les enfants et le père de Cédric, nous avons fait confiance à la justice de notre pays. Mais notre expérience pour que la vérité soit faite sur les violences qui ont tué nos proches nous a fait découvrir la réalité d’un déni de justice systématique pour les victimes. Un déni entretenu par une véritable culture du mensonge qui entraîne une culture du non-lieu.

La famille Chouviat a déjà subi le même traitement de la part des autorités que celui que nous avons connu : non-information des proches, puis mensonge sur les causes de la mort, mépris de toute compassion élémentaire, tentative de criminaliser la victime pour la déshumaniser et maintien en activité des responsables de la mort d’un homme. Autant de souffrances, d’insultes, de calomnies qui s’ajoutent à la douleur des familles.

Ces contre-vérités des premières heures justifient des années de procédures interminables, d’enquêtes administratives et d’instructions bâclées, voire conduites à charge contre les victimes et leur entourage. Et bien sûr des frais de justice considérables. C’est tout un système auquel sont confrontées les victimes et leurs familles, qui révèle une impunité permanente des membres de forces de police qui blessent, mutilent et tuent. C’est une violence judiciaire qui excuse, absout et prolonge les violences policières.

Ces brutalités permanentes étaient auparavant « réservées » aux habitants des quartiers populaires, comme le Mouvement de l’immigration et des banlieues le dénonçait il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui, elles débordent dans les centres-villes. Et tous les témoins du déchaînement furieux de la force publique contre les mouvements sociaux peuvent désormais comprendre la violence d’État qui nous est imposée.

Cette violence assermentée, à présent visible jusque dans les quartiers bourgeois, est également celle des armes classées armes de guerre, là aussi d’abord utilisées dans nos quartiers. Le Flash-Ball est apparu en 1999. Et il a aussitôt éborgné Ali Alexis, à Villiers-sur-Marne. Cette arme a été remplacée par le LBD, qui a été « inauguré » en 2007, à Villiers-le-Bel, pour mater la révolte des habitants après la mort de Moushin et Laramy, percutés par un véhicule de police. Et les grenades comme celle qui a tué Rémi Fraisse, en 2014, ou celle qui a tué Zineb Redouane en 2018, comme celles qui ont mutilé des dizaines de personnes et grièvement blessé des centaines d’autres lors des dernières manifestations, sont les mêmes qui explosent dans nos quartiers depuis presque dix ans.
Ce ne sont pas des « bavures » ni des « dérapages », mais des pratiques régulières autorisées par un État qui assume de pouvoir blesser grièvement, mutiler ou tuer un homme pour un contrôle d’identité.

C’est pourquoi nous exigeons :

L’interdiction totale de l’usage par les forces de l’ordre de toutes les techniques d’immobilisation susceptibles d’entraver les voies respiratoires.

L’interdiction totale des armes de guerre en maintien de l’ordre (LBD, grenades GMD, GM2L et similaires).

La création d’un organe public indépendant de la police et de la gendarmerie pour enquêter sur les plaintes déposées contre les agents des forces de l’ordre.

La mise en place d’une réglementation qui associe la famille dès le constat de décès (autopsie autorisée seulement après un entretien de la famille avec les services de la médecine légale).

La publication chaque année par le ministère de l’Intérieur :

du nombre de personnes blessées ou tuées par l’action des forces de l’ordre,

du nombre de plaintes déposées pour violence par les forces de l’ordre,

du nombre de condamnations prononcées.

Et nous vous appelons toutes et tous à nous rejoindre le 14 mars à Paris, pour la marche de la Journée internationale contre les violences policières.

Pour nous soutenir, signez l’appel sur  :

change.org/LaissezNousRespirer

Appelants :

  • Collectif Vies Volées (Paris, 20e)

  • Comité Adama (Beaumont-sur-Oise, 95, et Ivry, 94)

  • Famille Dieng et le comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng (Paris, 20e)

  • Famille d’Angelo Garand et le collectif Justice pour Angelo (Blois, 41)

  • Awa Gueye et le collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye (Rennes, 35)

  • Comité Justice et Vérité pour Wissam El Yamni (Clermont-Ferrand, 63)

  • Comité Vérité et Justice pour Gaye Camara (Champs-sur-Marne, 77)

  • Collectif Selom et Matisse (Lille, 59)

  • Comité Justice pour Ibrahima Bah (Villiers-le-Bel, 95)

  • Comité Vérité pour Curtis (Massy, 91)

  • Comité Vérité et Justice pour Morad Touat (Marseille, 13)

  • Comité Justice pour Liu Shaoyao (Paris, 19e)

  • Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri (Argenteuil, 95)

  • Haby Koumé sœur d’Amadou Koumé (Saint-Quentin, 02)

  • Les parents et la sœur de Rémi Fraisse

  • Collectif Vérité et Justice pour Mehdi (Vaux-en-Velin, 69)

  • Florica Floarea et le comité Vérité et Justice pour Dorel (Vigneux-sur-Seine, 91)

  • Salah Zaouiya et l’association Mémoire Jawad Zaouiya (Mantes-la-Jolie, 78)

  • Justice pour Mehdi Bouhouta (Vaux-en-Velin, 69)

  • Famille Touré et le comité Vérité et Justice pour Zakaria (Troyes, 10)

  • Syakha Traoré, frère de Bouna (Clichy-sous-Bois, 93)

  • Geneviève Legay (Nice, 06)

  • Franck Lambin, père d’Allan (Saint-Hilaire-des-Landes, 35)

  • Assemblée des Blessés

  • Les Mutilés pour l’exemple

Avec le soutien de :

Collectifs : Ligue des Droits de l’Homme, Union syndicale Solidaires, CGT, Union nationale des étudiants de France, SNJ-CGT, Union nationale lycéenne, revue Mouvements, Attac Isère, Cases Rebelles, Désarmons-Les, Collectif Faty Koumba, Association Libre Lucha, collectif Dar Harraga, LeMurJaune.fr. Et les médias indépendant : Reporters En Colère, Collectif Œil, LaMeute Photo, Le Petit ZPL, Source Média, Infoline Médias Indépendants, Militant.e.s

Personnalités : Abd-Al Malik (auteur, réalisateur), Mouloud Achour (journaliste, animateur télé), Arié Alimi (avocat), Guillaume Arnaud (avocat), Manon Aubry (députée européenne FI), Clémentine Autain (députée FI), Hady Ba (philosophe EHESS, Université Cheikh Anta Diop de Dakar), Samir Baaloudj (ex-MIB), Bally Bagayoko (FI, adjoint au maire de Saint-Denis), Guillaume Balas (Génération.s), Julien Bayou (EELV), Ramzy Bedia (comédien et réalisateur), Alice Belaidi (comédienne), Akram Belkaïd (journaliste, écrivain), Esther Benbassa (sénatrice écologiste de Paris), Malik Bentalha (comédien), Eric Beynel (porte-parole de Solidaires), Jacques Bidet (philosophe, Université Paris 10), Black M (rappeur), Philippe Blanchet (linguiste, université Rennes II), Matteo Bonaglia (avocat), Saïd Bouamama (sociologue, FUIQP), Martine Boudet (conseil scientifique Attac France), Philippe Boursier (économiste, Fondation Copernic), Rachida Brakni (actrice et metteuse en scène), Youcef Brakni (comité Adama), Taha Bouhafs (journaliste), Cindy Bruna (mannequin), Marion Carrel (sociologue, Université de Lille), Leïla Chaïbi (député européenne FI), Souleymane Cissokho (boxeur), Vanessa Codaccioni (historienne et politologue, Université Paris 8), Eric Coquerel (député FI), David Cormand (député européen EELV), Robert Crémieux (ancien président du Mouvement national des chômeurs et précaires), Olivier Cyran (journaliste), Valérie Damidot (animatrice télé, actrice), Laurence De Cock (professeure), Christiane Dedryver (Ensemble !), Geoffroy de Lagasnerie (philosophe), Christian Delarue (syndicaliste DGFIP), Gilles Deloustal (retraité), Vincent Denorme (Ensemble ! 80), Vikash Dhorasoo (footballeur professionnel et militant associatif), Waly Dia (humoriste, comédien), Rokhaya Diallo (journaliste et réalisatrice), Noom Diawara (comédien), Sadia Diawara (militant associatif), DJ Lord Issa (artiste, producteur), Djigui Diarra (acteur, réalisateur, journaliste), Eva Doumbia (metteuse en scène, autrice), Franck Dubosc (acteur), Alain Dru (membre de la CNCDH, conseiller au CESE), Mireille Fanon-Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), Nadia Fares (comédienne), Eric Fassin (sociologue, Université Paris 8), Elsa Faucillon (députée PCF), Bruno Gaccio (auteur), Isabelle Garo (philosophe, Fondation Copernic), Franck Gaudichaud (historien, Université Jean-Jaurès, Toulouse), Pierre Gayral (Ensemble !, Droits devant !!), David Guiraud (porte-parole jeunesse FI), Abdellali Hajat (sociologue, Université libre de Bruxelles), Anis Harabi (avocat), Kaoutar Harchi (écrivaine et sociologue), Samuel Hayat (politologue, CNRS), Hollysiz/Cécile Cassel (chanteuse, comédienne), IAM (musiciens), Imany (auteure-compositeure-interprète), Nordine Iznasni (MIB-ien), Adélaïde Jacquin (avocate), Jok’Air (chanteur), Norma Jullien Cravotta (avocate), Kamel Le Magicien, Almamy Kanouté (activiste, comédien), Anasse Kazib (cheminot, délégué Sud-Rail), Jean-Riad Kechaou (professeur), Raphael Kempf (avocat), Pierre Khalfa (économiste, Fondation Copernic), Fahima Laidoudi (militante politique), Elise Languin (militante des droits humains), Mathilde Larrere (historienne), Yvan Le Bolloch (comédien), Olivier Le Cour Grandmaison, (politologue, Université d’Evry-Val d’Essonne), Les Réfractaires du 80 (gilets jaunes de la Somme), Edouard Louis (écrivain), Benjamin Lucas (Génération.s), Priscillia Ludosky (gilet jaune), Alain Mabanckou (écrivain, professeur à UCLA), Aïssa Maïga (actrice et réalisatrice), Jean Malifaud (syndicaliste SNESup-FSU), Adrien Mamere (avocat), Sofia Manseri (conseillère municipale, Gennevilliers), Vincent Maraval (producteur de cinéma), Eduardo Mariotti (avocat), Philippe Martinez ( secrétaire général de la CGT ), Blaise Matuidi (footballeur), Margaret Mechin (retraitée), Didier Mehl (Ensemble ! sud-Vienne), Madjid Messaoudène (élu de Saint-Denis), Mokobe (rappeur, acteur), Claire Monod (Génération.s), Bénédicte Monville (conseillère régionale Île-de-France), Héloïse Moreau (présidente de l’UNL), Corinne Morel Darleux (conseillère régionale, Auvergne-Rhône-Alpes), Charlotte Namura Guizione (journaliste, animatrice télé), Samir Nasri (footballeur), Thomas Ngijol (comédien, réalisateur), Nnoman (photographe), Josette Noyau, Danièle Obono (députée FI), Younous Omarjee (député européen FI), Anne-Sophie Pelletier (député européenne FI), Irène Pereira (philosophe), Jhon Rachid (vidéaste, comédien), Maurice Rajsfus (connu des services de police depuis le 16 juillet 1942), Kevin Razy (humoriste, comédien), Riadh (influenceur, comédien), Rocé (rappeur), Karole Rocher (comédienne, réalisatrice), Boris Rosenthal (avocat), Mamadou Sakho (footballeur), Eros Sana (photographe), Bayou Sarr (humoriste), Patrick Silberstein (éditions Syllepse), Lucie Simon (avocate), Laura Slimani (Génération.s), Maboula Soumahoro (présidente de Black History Month), Stomy Bugsy (artiste), Hapsatou Sy (entrepreneuse, animatrice télé), Hélène Sy (présidente de CeKeDuBonheur/militante humaniste), Omar Sy (acteur), Farid Taalba (ex-MIB, président de l’Echo des cités), Audrey Tcheuméo (championne de judo), Laurent Thines (neurochirurgien, auteur de la pétition pour un moratoire sur les armes “sub-létales”), Camille Vannier (avocate), Marie-Christine Vergiat (vice-présidente LDH), Emmanuel Vire (secrétaire général SNJ-CGT), Youssoupha (rappeur).

2 réponses à “Laissez-nous respirer !

  1. Commémoration Lamine DIENG

    Commémoration Lamine DIENG
    Samedi 20 juin 2020 à 13:12
    RDV 58 rue des Amandiers 75020 paris

    RECONNAISSANCE DU CRIME À LA CEDH APRÈS 13 ANS DE LUTTE

    Mains menottées, pieds sanglés, à plat ventre, le poids de plusieurs policiers agenouillés sur le corps pendant 30 minutes, Lamine est mort écrasé par environ 300 kg le 17 juin 2007. Lamine a subi 2 techniques policières d’étouffement : la clé d’étranglement avec matraque et le plaquage ventral.
    Lamine est mort par asphyxie mécanique, à 25 ans.
    La vidéo montrant la mort de George Floyd illustre parfaitement la mise à mort de Lamine.
    Lamine a été victime de la haine anti-Noir et du racisme qui sévit dans la police.
    La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a rendu son arrêt sur le meurtre de Lamine, conformément à la Convention européenne des droits de l’homme.
    Oui, Lamine avait droit à la vie. (art. 2)
    Oui, Lamine a subi un traitement inhumain et dégradant. (art. 3)
    L’État républicain français, pour clore les poursuites à son encontre, a accepté de verser à la famille la légitime indemnisation fixée par la CEDH. Par cet acte, il reconnait (1) que plusieurs de ses agents ont infligé en groupe la mort à un homme non-armé qui ne les menaçait pas, (2) que plusieurs de ses agents ont failli à leur devoir qui était de conduire un procès équitable pour rendre justice.
    Oui, Lamine a été massacré par la police et déshumanisé par la justice.
    Nous avons franchi une étape.
    Poursuivons le combat pour le triomphe de la Vérité et de la Justice !

    #LaissezNousRespirer ! #STOPRacismeAntiNoir ! #STOPAuxCrimesPoliciers ! #STOPALImpunité !

    SANS JUSTICE, PAS DE PAIX PAS DE PAIX SANS JUSTICE

  2. Laissez-nous respirer !

    En raison de l’épidémie du Covid-19, les familles de victimes et les collectifs de blessés ont choisi de reporter à une date ultérieure la Marche des Familles de victimes de violences policières prévue ce samedi 14 mars. Cette décision n’a pas été facile à prendre pour les familles et les collectifs appelants. Tous se réjouissaient de se retrouver pour cette manifestation d’ampleur nationale et de voir affluer les soutiens d’ONG, de syndicats, d’élus et de réseaux militants. Et les raisons de dénoncer la dérive autoritaire de l’Etat dans la gestion de l’ordre public sont malheureusement là plus que jamais.

    Plus que jamais, le décès de Cédric Chouviat à la suite d’une clé d’étranglement et d’un plaquage ventral a rappelé que ces techniques d’immobilisation tuent. Dans les périphéries comme dans les centres-villes.

    Plus que jamais, l’acquittement, hier, des policiers auteurs des violences qui ont éborgné Fatouma Kebe, rappelle que les tirs de LBD et les jets de grenades mutilent et détruisent des vies et des familles dans les quartiers populaires depuis de longues années comme aujourd’hui parmi les manifestants. Plus que jamais, malgré leurs mensonges reconnus devant la cour d’appel, l’acquittement des deux policiers témoigne de l’impunité systématique des responsables et de la violence judiciaire imposée aux victimes.

    Plus que jamais, ce sont des vidéos amateurs qui ont témoigné des violences commises permis de dénoncer les contre-vérités initiales des autorités. Plus que jamais, la volonté du ministère de l’Intérieur d’empêcher la diffusion de telles vidéos rappelle que l’Etat est prêt à attenter au droit d’informer pour invisibiliser ces violences et empêcher les dépôts de plainte.

    Plus que jamais, le rapport de l’Acat publié le 11 mars démontre l’extrême dangerosité des armes de force intermédiaire employées par les forces de l’ordre, l’usage abusif de la notion de légitime défense par les agents mis en cause et un déni de justice qui semble inéluctable pour les victimes de ces violences.

    Plus que jamais, les observateurs des pratiques policières de la LDH, du Syndicat des avocats de France et d’Amnesty International dénoncent une doctrine très agressive du maintien de l’ordre qui provoque et exacerbe les violences au lieu de les contenir et de les réduire.

    Plus que jamais, l’état de droit est mis en danger par les projets gouvernementaux de renforcer les mesures d’un état d’urgence permanent à travers la loi Silt.

    Plus que jamais, nous appelons à une mobilisation de la société civile pour exiger que la question de la police et de l’ordre public soit discutée au premier plan des questions politiques. Plus que jamais nous appelons les acteurs associatifs, syndicaux et politique à l’élaboration d’une plate-forme commune pour la désescalade, au quotidien dans nos quartiers comme lors des manifestations.

    Plus que jamais, nous appelons à l’interdiction des techniques mortelles d’immobilisation et des armes de guerre partout, dans les manifestations comme dans nos rues.

    Plus que jamais nous appelons à la mise en place de dispositifs garantissant les droits des victimes et de leurs proches.

    Nous vous donnons rendez-vous dans quelques semaines pour affirmer un STOP COLLECTIF, UNITAIRE ET SOLIDAIRE À CETTE DÉRIVE AUTORITAIRE.

    À bientôt et dans l’immédiat prenons soin de nos proches et de nous-mêmes.

    Collectif Vies Volées, Comité Adama, famille Dieng et le comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng (Paris, 20e), famille d’Abou Bakari Tandia (Courbevoie, 92), famille de Tina Sebaa (Saint-Fons, 69), famille de Baba Traoré (Joinville-le-Pont, 94), famille d’Abdelhakim Ajimi (Grasse, 06), famille de Mahamadou Marega (Colombes, 92), famille de Mahamadou Marega (Ivry, 94), famille de Youcef Mahdi (Melun, 77), famille d’Angelo Garand et le collectif Justice pour Angelo (Blois, 41), Awa Gueye et le collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye (Rennes, 35), comité Justice et Vérité pour Wissam El Yamni (Clermont-Ferrand, 63), comité Vérité et Justice pour Gaye Camara (Champs-sur-Marne, 77), collectif Selom et Matisse (Lille, 59), comité Justice pour Ibrahima Bah (Villiers-le-Bel, 95), comité Vérité pour Curtis (Massy, 91), comité Vérité et Justice pour Morad Touat (Marseille, 13), comité Justice pour Liu Shaoyao (Paris, 19e), comité Vérité et Justice pour Ali Ziri (Argenteuil, 95), Haby Koumé sœur d’Amadou Koumé (Saint-Quentin, 02), les parents et la sœur de Rémi Fraisse, collectif Vérité et Justice pour Mehdi (Vaux-en-Velin, 69), Florica Floarea et le comité Vérité et Justice pour Dorel (Vigneux-sur-Seine, 91), Salah Zaouiya et l’association Mémoire Jawad Zaouiya (Mantes-la-Jolie, 78), Justice pour Mehdi Bouhouta (Vaux-en-Velin, 69), famille Touré et le comité Vérité et Justice pour Zakaria (Troyes, 10), Siaka Traoré, frère de Bouna (Clichy-sous-Bois, 93), Geneviève Legay (Nice, 06), Franck Lambin, père d’Allan (Saint-Hilaire-des-Landes, 35), Vérité et Justice 31 (31), Fatiha, mère d’Hocine et le comité Vérité et Justice pour Hocine Bouras (Colmar, 68), Milfet, fille de Zineb Redouane, la famille de Cédric Chouviat (Levallois-Perret, 92), Marie-Paule Chenevat, en hommage à Romain (91), Carenne Levy, femme de Philippe Ferrières (Drancy, 93), Fatima Zerroukhi, mère de Joail et le comité Justice et Vérité pour Joail (Vienne, 38), Assemblée des Blessés, Mutilés pour l’exemple.

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