Des femmes, des survivantes de la prostitution, agressées lors des manifestations du 8 mars !

Osez le Féminisme ! dénonce fermement les violences contre des militantes féministes dont 3 survivantes de la prostitution, au sein même des manifestations le 8 mars pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Menaces de mort, violences physiques, arrachage de pancartes et de banderoles… les « pro-prostitution » redoublent de violences, pour confisquer la parole des survivantes qui témoignent héroïquement des violences prostitutionnelles subies. 

  • À Toulouse, une survivante d’inceste et de prostitution, a été attaquée par 3  personnes pour lui arracher sa pancarte abolitionniste.

  • Paris, 15 personnes organisées ont arraché et volé une banderole, et ont frappé violemment des militantes féministes abolitionnistes, dont une survivante de la prostitution et de viols pédocriminels. Elles ont déposé plainte et passé la nuit aux urgences. 

« Tout s’est passé très vite. J’ai vu arriver en courant, derrière mon amie, une quinzaine de personnes vêtues de noir. Elles ont crié « c’est là, c’est elles ! ». Mon amie s’est pris un coup de pied dans le dos et s’est effondrée par terre. On nous a arraché notre banderole. J’ai voulu me relever pour la retenir, mais une femme m’a frappée au visage. S’en est suivi une mêlée, je prenais des coups sans savoir si j’avais une, deux ou trois personnes sur moi. J’ai repris mes esprits maintenue au sol, dans une flaque, par l’un des CRS qui a stoppé l’agression. D’autres amies du collectif qui se trouvaient un peu plus loin avaient suivi la scène, choquées. Quelqu’un est venu leur demander « C’est ici l’assaut contre les abolos ?» (1)

  • À Marseille, une bénévole du Mouvement du Nid a été menacée, et sa pancarte brutalement arrachée et détruite. 

  • À Bruxelles, des militantes ont été menacées par des « morts aux fachos ! mort aux abolos ! ».

  • À Barcelone, des féministes abolitionnistes ont été attaquées violemment ainsi qu’à Lisbonne,Caracas (Venezuela), Monterrey et Puebla (Mexique), tout comme à Berlin

Combien de temps allons-nous devoir supporter dans nos luttes, des « pro-prostitution » qui harcèlent, menacent et intimident les féministes qui luttent contre le système prostitueur, en les accusant, dans une inversion abjecte, d’être « putophobes » quand elles dénoncent les violences des proxénètes et des « clients » prostitueurs ? 

Combien de temps allons-nous refuser d’écouter les expertes des violences sexuelles comme la psychiatre Muriel Salmona qui éclaire parfaitement les liens entre prostitution et violences pédocriminelles, et rappelle que 60% à 80% des femmes en prostitution présentent des troubles psychotraumatiques ?

« La liberté dont se réclament les pro-prostitution est en fait le désir de conserver pour les hommes un privilège exorbitant d’accès et de prise de possession du corps des femmes réduit à une marchandise selon leur envie, qu’ils nomment par abus de langage : sexualité, travail du sexe, dans une confusion intentionnellement entretenue entre sexualité et prédation. » Muriel Salmona (2) 

Tenter de silencier les femmes victimes de ces violences masculines extrêmes, c’est achever l’oeuvre de destruction des proxénètes et des « clients » prostitueurs. La liberté de manifester est un droit fondamental, qui doit pouvoir s’exercer sans peur de subir de violences, dans un espace sûr, sorore et tolérant.

Osez le Féminisme ! rappelle que la France est un pays abolitionniste, qui a reconnu la prostitution comme une violence sexuelle. La loi abolitionniste, adoptée en 2016, qui dépénalise les personnes prostituées et pénalise les « clients » prostitueurs, qui prévoit de renforcer la lutte contre le proxénétisme, doit être pleinement appliquée avec les budgets nécessaires et de la volonté politique. 

Au moment où la parole des femmes se libère, partout dans le monde, où elle se transforme en cri, il est inacceptable d’assister à de telles violences contre les survivantes de la prostitution et les féministes qui les soutiennent.

 

(1) http://www.mouvementdunid.org/Des-personnes-prostituees-agressees-et-reduites-au-silence-a-la-manifestation

(2) Dr Salmona, Mémoire traumatique et victimologie, 2012 et toujours d’actualité. 

https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2012-En-reponse-aux-pro-prostitution-pour-mieux-penser-la-prostitution.pdf

ECOUTONS LES SURVIVANTES

WITH HER : Témoignage de Maïté, victime de pédocrimininalité et « proie » pour les proxénètes. C’est grâce à la libération de la parole de ces survivantes, qu’un réseau de proxénètes à Liège (200 à 300 femmes victimes) a pu être démantelé.

http://osezlefeminisme.fr/des-femmes-des-survivantes-de-la-prostitution-agressees-lors-des-manifestations-du-8-mars/

3 réponses à “Des femmes, des survivantes de la prostitution, agressées lors des manifestations du 8 mars !

  1. Violences contre des survivantes de la prostitution le 8 mars: un scandale !

    S’il est un système qui résume toutes les exploitations, toutes les oppressions, toutes les discriminations, c’est le système prostitutionnel.

    S’il est des personnes, très majoritairement des femmes, qui ont tout vécu, tout subi sur l’échelle des violences sexistes et sexuelles, ce sont les victimes de la prostitution.

    Et s’il est des femmes courageuses, ce sont bien les survivantes qui s’engagent dans le combat contre ce système. Un combat jalonné par la misère et la précarité, et par-dessus tout, marqué par les insultes et les menaces, y compris contre leur vie. Car ces femmes, elles, osent s’attaquer à des réseaux internationaux parmi les plus puissants et les plus cruels au monde.

    Alors, s’il est un lieu où elles devraient être accueillies, protégées et célébrées comme les héroïnes qu’elles sont, ce sont bien les mobilisations féministes.
    Et pourtant… Bruxelles, Paris, Toulouse, Marseille… Insultes, arrachages de banderoles et jusqu’aux agressions physiques contre des militantes et militants abolitionnistes se multiplient au rythme de l’extension du mouvement en faveur des droits des femmes. Des survivantes ont subi des coups, en France, dans le cadre des manifestations du 8 mars. Et alors qu’ensuite la plupart des manifestant·e·s célébraient dans la joie le grand succès des mobilisations, deux d’entre elles passaient cette même nuit entre commissariat et urgences médico-judiciaires.
    Solidaires de toutes les associations abolitionnistes qui les soutiennent, on ne peut pas se taire face à cette réalité et face au lynchage, particulièrement ignoble, des survivantes de la prostitution !

    Au-delà d’assurer les victimes de notre pleine solidarité et soutien, nous tenons à réaffirmer notre engagement dans la lutte contre cette violence extrême qu’est la prostitution. Il incombe au gouvernement de financer, renforcer et garantir le parcours de sortie de cet enfer.

    Signataires

    Jocelyn Adriant-Mebtoul, Présidente de la CLEF
    Clémentine Autain, Députée FI
    Zahra Agsous, Maison des Femmes de Paris
    Ana Azaria, présidente de Femmes Egalité
    Marie-Noelle Bas, Chiennes de garde
    Flor Beltran Las Rojas, collectif de femmes latino américaines,
    Hélène Bidard, Responsable nationale de la commission féministe / droits des femmes du PCF.
    Oriane Bonnazi, Femmes Gilets Jaunes
    Claire Charlès, Secrétaire générale des Effronté-es
    Monique Dental, Réseau féministe “Ruptures”
    Claire Desaint, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir
    Marie-Hélène Franjou, Amicale du Nid
    Cécile Gondard Lalanne, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
    Cherifa Khiari, Comité de soutien aux Femmes du Palais
    Le Planning Familial 94.
    Le Planning familial Paris.
    Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
    Myriam Martin, porte parole Ensemble!
    Nelly Martin, Marche Mondiale des Femmes France
    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
    Florence Montreynaud, « Encore féministes ! »
    Catherine Morin Le Sech, co-présidente de CQFD Lesbiennes Feministes
    Maud Olivier, ECVF
    Céline Piques, porte-parole d’Osez le Féminisme !
    Emmanuelle Piet, Collectif féministe contre le viol
    Claire Quidet, Mouvement du Nid
    Lorraine Questiaux militante féministe et avocate.
    Sabine Salmon, Femmes solidaires
    Muriel Salmona, Mémoire Traumatique et Victimologie
    Roselyne Rollier, Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil
    Suzy Rotjman, porte-parole du Collectif National pour les Droits des Femmes
    Benoît Teste, secrétaire général de FSU
    Aurélie Trouvé, porte parole d’ATTAC…

  2. Je veux honorer la parole des survivantes à la prostitution. Elle méritent une solidarité massive des femmes.
    Nicole Roelens

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