Message de la « Confluence féministe vers le FSMÉT » en soutien à la grève internationale du 8 mars

Féminismes, économie sociale, solidaire pour d’autres mondes possibles

Alternatives féministes pour des économies mettant la vie au centre

La Confluence féministe vers le FSMÉT, qui se propose de mobiliser vers Barcelone du 24 au 28 juin prochain a publié un message sur le site du FSMÉT pour faire écho à l’appel international pour une grève internationale. Pour accéder au blogue de la Confluence féministe pour le FSMÉT :

https://www.elsaltodiario.com/transformando-las-economias/economias-feministas-la-urgencia-por-transformar-la-economia-desde-la-perspectiva-de-la-sostenibilidad-de-la-vida

Depuis 110 ans maintenant, en ce 8 mars, Journée internationale de la femme travailleuse, la voix plurielle du mouvement féministe s’élève pour répondre au capitalisme et au patriarcat, qui sont noués dans un système qui atteint aujourd’hui des extrêmes de dévastation de la vie. Situe à l’urgence de transformer l’économie, nous nous joignons à l’appel international pour une grève et une marche féministes pour lutter contre l’exploitation et la précarisation de la vie, contre l’extractivisme et la dépossession produits par un modèle soumis aux intérêts corporatifs des entreprises nationales et transnationales, contre toute violence misogyne exacerbée par l’escalade du fascisme. Nous voici avec les contributions construites par le féminisme pour un monde libre du capitalisme, du patriarcat, du racisme et du colonialisme.

Nous affirmons notre engagement en faveur d’une économie pour la vie, que nous avons pu soutenir grâce à notre travail, notre production et les soins générés par les initiatives visant à répondre aux besoins fondamentaux de nos sociétés. Nous sommes là, présentes avec le corps, la pensée et la pratique d’une économie féministe qui rompt avec le modèle dominant, qui a montré qu’une autre façon d’être et de faire dans le monde est possible. Nous proposons de placer la vie au centre comme la clé de la justice économique, l’éthique des soins et de la solidarité qui permettra de vaincre la logique de la mort imposée par le système dominant.

Nous dénonçons et poursuivons :

Face à l’ajustement et à la précarisation. Dans la phase actuelle du néolibéralisme, nous connaissons une exacerbation de l’exploitation et de la précarisation du travail rémunéré et du travail de soins. L’augmentation des temps de travail, la recherche épuisante de revenus avec des activités instables pour atteindre le minimum vital, les activités de soins également épuisantes dans des conditions défavorables, sont aujourd’hui la règle. Depuis près de quatre décennies, les salaires de la classe ouvrière ne cessent de baisser, tandis que les droits du travail acquis dans les luttes historiques, bien que partiellement appliqués, disparaissent (repos rémunéré, indemnités de maladie, pensions de retraite) et avec eux l’espoir d’une justice social possible dans les cadres du système capitaliste et patriarcal. Face à la baisse des revenus et au manque de services publics de santé, d’éducation ou de logement, les gens ont été contraints de s’endetter de façon agressive pour maintenir leurs dépenses de base. Les dettes publiques et privées fonctionnent comme des mécanismes qui nous lient au capital et à ses institutions, non seulement en créant une dépendance vis-à-vis du système financier, mais aussi en conditionnant notre travail, notre volonté et nos désirs, standardisés comme des marchandises sur base des algorithmes qui administrent des données en faveur de l’accumulation capitaliste. Les pays du Nord n’échappent pas à cette vie précaire et endettée, qui ne pourrait être maintenue sans le travail de soins des femmes racialisées et des immigrés.

En ce #8M, notre lutte est pour un travail digne, valorisé, visible, avec des droits économiques, sociaux et culturels et la justice. Pour le droit de décider où nous voulons vivre, contre la migration forcée, l’éclatement et la séparation forcée des familles

Face à l’écocide. Le capitalisme réduit la nature à une ressource exploitable et à un échange monétaire. Il s’est imposé une logique de dépossession des terres monopolisées comme réserve de valeur, comme substrat pour les monocultures, comme rente différenciée qui augmente les profits. La dynamique de la concentration s’étend à l’eau, qui n’est plus un droit humain pour la préservation de la vie et de la souveraineté alimentaire, mais qui est plutôt privatisé et vendu en bouteilles ou devient un facteur de productivité intensive dans l’industrie extractive, tout en étant contaminé par les pesticides. La nature dans son ensemble est menacée, la biodiversité mise en danger par les systèmes de brevets et les technologies qui détruisent et placent les semences et les aliments sous le pouvoir des sociétés transnationales qui conditionnent le monde paysan par les OGM et la biologie synthétique, et aggravent la crise climatique. Face à cela, les femmes rurales, paysannes, indigènes et noires du monde entier restent en résistance, défendant les territoires avec leur travail, rémunéré ou non. Les femmes préservent et tentent d’autres expériences de soins et de refroidissement de la planète. Elles sont les gardiennes de l’eau, de la terre, des semences et de la diversité.

En ce #8M nous demandons que nous puissions toutes et tous reconnaître la contribution des femmes rurales et paysannes à la protection de la nature, des territoires et de la vie, et que nous nous engageons à suivre leur exemple.

Face à l’avancée du pouvoir des corporations transnationales et la montée des conservatismes. Le pouvoir des transnationales avec leur logique d’accumulation par dépossession a été étendu au maximum, tandis qu’il extrait notre capacité à décider de nos corps, de nos territoires et de nos projets vitaux. Une avancée néolibérale, autoritaire et néocoloniale qui divise le monde et le sépare de manière hiérarchique va de pair avec l’expansion inhabituelle des agendas politiques conservatrices menées par les gouvernements ont détruit en quelques mois des avancées démocratiques et redistributives durement acquises au cours des décennies.

Nous proposons une démocratisation du pouvoir qui permette la prise de décisions pour le bien commun, à partir d’une vision féministe du monde qui articule intégralement les rythmes et les temps de la vie, qui éradique à jamais les privilèges du capital et son idéologie meurtrière anti-droits.

Face aux féminicides, aux viols, au harcèlement, à la censure et aux menaces. La cruauté et la méchanceté sur les corps des filles, des adolescents et des femmes se révèlent comme le signe le plus clair du capitalisme agressif et de la crise de plus en plus profonde du machisme. Un système qui a étendu, comme jamais au par avant, la traite et la violence contre les enfants et la militarisation de la vie quotidienne. A cela s’ajoute maintenant, le meurtre et l’intimidation des femmes qui défendent la terre, l’eau, la souveraineté alimentaire, les semences et les territoires. Dans le domaine virtuel, les menaces qui pèsent sur les droits des femmes se multiplient également. Du cyberharcèlement et des sextos, au vol et à la manipulation de données personnelles, la rapidité avec laquelle cette violence s’accroît indique l’ampleur des nouvelles menaces. Le but est de nous discipliner, de nous faire taire, d’inscrire un message de peur dans notre corps, afin que nos communautés et nos peuples cessent de se battre et cèdent aux intérêts des entreprises, des sociétés mafieuses et à l’opacité des États.

Dans le monde actuel, des voix se lèvent et rassemblent des générations et des expressions politiques et culturelles qui demandent la fin de toutes les formes de violence, la pleine jouissance des droits sexuels et reproductifs. Ces Droits partiellement énoncés dans les lois et les politiques – qui sont souvent bafoués – et tous ceux qui manquent à acquérir, sans lesquels les personnes et les sociétés restent exposées à des abus et à l’impunité des actes violents. Actes qui cherchent en outre à être justifiés par des visions rétrogrades, malheureusement incarnées par certains gouvernements et groupes politiques.

Face à la haine et à la violence, notre engagement est de nous organiser dans la diversité, la lutte et l’enracinement. Nous exigeons des vies libres de violence et des sociétés de paix.

UN 8M QUI RASSEMBLE, MOBILISE ET PROPOSE

Dans le cadre du FSM ET, depuis la Confluence féministe, nous parcourons ce #8M avec la clarté que c’est le temps des femmes, que mettre la vie, la solidarité et les soins au centre du débat, c’est aussi construire des alternatives pour un monde en crise. C’est pourquoi nous nous réunissons en juin prochain à Barcelone et que nous invitons à toutes les personnes se reconnaissant dans nos combats à nous rejoindre, afin qu’ensemble et dans la diversité, nous puissions partager nos expériences et imaginer des économies transformatrices.

Nous voici, organisées en féminisme, pour célébrer et jumeler toutes les luttes qui, dans le monde entier, cherchent à donner de la dignité à nos peuples, nos quartiers, nos communautés, nos réseaux, nos relations. Nous savons que l’économie féministe est une alternative au modèle hégémonique actuel, tissant et construisant des économies plurielles, qui traitent de problèmes concrets et locaux, de manière démocratique, en participant et en créant des communautés, où les soins (care) réciproques est ce qui organise le monde du travail et la vie quotidienne.

Face aux crises qui sont à l’origine du système, les voies de sortie exigent que nous pensions et imaginions intégralement d’autres façons d’être, de faire, d’entrer en relation. Dans cette rencontre mondiale, nous avons l’énorme défi de partager et de réfléchir sur tout ce qui rend possible l’économie féministe, sociale et solidaire face à l’urgence d’une transformation globale.

Nous appelons toutes les femmes et dissidentes, toutes les organisations, tous les réseaux et tous les groupes à participer activement au FSM ET à Barcelone du 25 au 28 juin 2020. Vos réflexions, expériences et alternatives contribuent à naviguer parmi les incertitudes. Nous n’avons pas de réponses uniques ou exactes, mais seulement le désir de tout transformer et de le faire ensemble.

HASHTAGS POUR LES MÉDIAS SOCIAUX

  • #8MHuegaInternacionalFeminista

  • #LaSostenibilidadDelaVidaEnElCentro

  • #8MContinúaEnElFSMET

Pour en savoir plus sur le FSMÉT :

Organisations – Personnes, membres de la Confluence féministe vers le FSM ET qui signent :

  1. Articulación Feminista Marcosur

  2. Asociación Vientos del Sur

  3. ATTAC France

  4. Centro Flora Tristán, Perú.

  5. Consejo de Educación Popular de América Latina y el Caribe CEAAL

  6. Ciranda Comunicación Compartida, Brasil

  7. Comissió d’Economies Feministes de la XES, Xarxa d’Economia Solidària de Catalunya

  8. Cooperação e Apoio a Projetos de Inspiração Alternativa. CAPINA Brasil

  9. Cooperativa  de Trabajo Textiles Pigüé Ltda, Argentina

  10. Coordinadora Nacional de Economía Solidaria, Uruguay

  11. DAWN (Development Alternatives with Women for a New Era)

  12. Eje de género y feminismos del Centro de Formación /Documentación en Procesos Autogestionarios, Uruguay

  13. Grupo de Acción Feminista Antipatriarcal de CEAAL

  14. La Base – Finanzas feministas para la autogestión, Argentina

  15. Mesoamericanas en Resistencia

  16. Movimiento Manuela Ramos, Perú

  17. No Tan Distinta Mujeres y Disidencias en Situación de Vulnerabilidad Social, Argentina

  18. Red Ecofeminista

  19. Red de Educación Popular entre Mujeres. REPEM LAC

  20. Red de Mujeres Transformando la Economía REMTE

  21. Red « Femmes du Monde » – Quartiers du Monde »

  22. REAS Red de Redes

  23. Ruda Colectiva Feminista-Ecuador

  24. SOF Sempreviva Organização Feminista. Brasil

  25. Scuola per l’Economia Trasformativa – Università per la Pace delle Marche, Italia

  26. Valeria Mutuberría Lazarini – Argentina. Dto. de Economía Social, Cooperativismo y Autogestión del Centro Cultural de la Cooperación « Floreal Gorini » y IUCOOP

  27. Ana Falu- Red Mujer y Hábitat/HIC

  28. Núria Segura Insa – Technicienne en Communication FSMET

Pour prendre connaissance de l’appel en différentes langues

Español: https://transformadora.org/es/8m-huelga-internacional-feminista

Catalán: https://transformadora.org/8m-vaga-internacional-feminista

Français: https://transformadora.org/fr/8m-greve-feministe-internationale

Anglais: https://transformadora.org/en/8m-international-feminist-strike

Portugais: https://transformadora.org/sites/default/files/2020-03/8MPortugués.pdf

Italien: https://transformadora.org/sites/default/files/2020-03/8MItaliano_0.pdf

http://alter.quebec/message-de-la-confluence-feministe-vers-le-fsmet-en-soutien-a-la-greve-internationale-du-8-mars/

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