Non à l’apologie de la prostitution sur France-Culture !

Lettre ouverte de Zéromacho à Sonia Kronlund, productrice de l’émission

« Les Pieds sur terre » sur France-Culture

Copie à Sandrine Treiner, directrice de France-Culture

à Sibyle Veil, PDG de Radio-France

et à la médiatrice de Radio-France

Le 3 février 2020, a été diffusée sur France-Culture une émission des « Pieds sur terre » au sujet du Vénusia, un bordel de Genève.

Une émission de plus dans cette série documentaire où la prostitution est systématiquement présentée comme un métier banal, et brandie en exemple d’une légalisation qui, chez nos voisins suisses ou allemands, a surtout profité aux proxénètes, promus au rang d’hommes d’affaires, et aux « clients » invités à se défouler en profitant de « forfaits tout compris » et de « happy hour ».

Nous nous étonnons que soient diffusées sans aucune mise en garde, sur une chaîne publique, de telles apologies de la prostitution. Ignorez-vous que les hommes payant, en Suisse ou en Allemagne, pour accéder au sexe de femmes mises à leur disposition, risquent une amende en France ?

N’avez-vous donc aucune conscience de la double domination, à la fois capitaliste et machiste, qui s’exerce dans les bordels ? Celle de l’argent et celle de ces hommes, les prostitueurs, auxquels on reconnaît le « droit » d’imposer un acte sexuel à une femme recrutée parmi les plus vulnérables, le plus souvent arrachée à son pays, à sa famille, par la misère et la précarité.

Subir des pénétrations à répétition, endurer les insultes, les humiliations, les agressions (toutes les enquêtes montrent que les « clients » sont les premiers auteurs des violences exercées contre les personnes prostituées), est-ce un travail ? Un travail comme un autre ? Si c’est un métier, allez-vous le proposer aux jeunes, filles et garçons, pour un stage ? Aux personnes au chômage ?

A l’heure du mouvement #metoo, de la dénonciation par les femmes du harcèlement et des violences masculines, pensez-vous que le « consentement » arraché au moyen d’un billet est l’expression du désir et du plaisir de ces femmes ?

En France, des années de débats et de réflexions ont permis de qualifier enfin la prostitution comme une violence contre les femmes. Depuis 2016, les personnes prostituées sont considérées comme des victimes à accompagner pour les aider à s’en sortir. Déjà 4 000 prostitueurs ont payé une amende ou assisté à un stage de sensibilisation, au même titre que les auteurs de violences conjugales. Vous ne pouvez pas l’ignorer.

Que des personnes enfermées dans cette voie sans issue qu’est la prostitution n’aient d’autre ressource que de la défendre ne devrait pas vous empêcher, en tant que journaliste, de prendre du recul. Comment pouvez-vous ignorer la parole des « survivantes » qui dénoncent de plus en plus, et dans le monde entier, les violences, les viols, le dégoût qu’elles ont subis dans ce ghetto dont elles ont eu tant de mal à s’extraire ? Survivantes qu’on n’entend jamais dans votre émission, et dont la parole est pourtant inséparable de la dénonciation de la domination sexuelle masculine.

Les émissions des « Pieds sur terre » ou le tapis rouge déroulé à Emma Becker sur France-Culture donnent de la prostitution une image branchée et « moderne », très loin de la réalité vécue.

La prostitution n’est pas un métier : c’est une violence.

Nous, membres de Zéromacho, réseau international d’hommes engagés contre le système prostitueur et pour l’égalité femmes-hommes, vous demandons d’adopter, au minimum, un regard plus critique sur une situation qui détruit des milliers de femmes et d’enfants chaque jour dans le monde.

https://zeromacho.wordpress.com/2020/02/17/action-75-13-fevrier-2020/

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