Jazz et Italie

Pour bien commencer l’année.

Sarah Lancman avait défrayé la chronique avec un premier album. « Intermezzo », un titre adapté au deuxième album qu’elle signe, est une rencontre avec le pianiste Giovanni Mirabassi pour un répertoire issu des chansons italiennes, arrangées par le pianiste. Elle réussit, avec cette voix qui feule, miaule, à envahir l’espace à force de douceur apparente. Elle diffuse une sensualité ironique avec laquelle elle sait jouer. La voix déclenche des souvenirs habités par ces airs connus pour la plupart. Les émotions affluent par la grâce de la séduction inhérente à la personnalité de Sarah Lancman.

Le pianiste, tout en mettant en valeur la voix qui erre entre les mots, sait faire montre, dans ses soli, de sa connaissance du jazz et de sa capacité à créer de nouveaux refrains. Il s’approprie tous ces thèmes pour les faire siens. Pour certains d’entre eux, le saxophoniste Olivier Bogé ajoute sa propre lecture pour contester celle de la vocaliste et donner plus de sel au duo et faire redécouvrir la voix.

Pour rêver d’autres mondes, Sarah sait susciter notre imagination. Ne ratez pas ce rendez-vous.

Mirabassi/Lancman : Intermezzo, Jazz Eleven.


Mélange d’influences

Les pianistes d’aujourd’hui sont soumis à des vents d’influence qui soufflent follement. Difficile de les ignorer. Tempêtes, orages que sont Bill Evans et Keith Jarrett en particulier ou les compositeurs français, Debussy, Ravel liés au jazz par toutes les fibres de leur musique.

Transcender ces ouragans pour composer sa propre voie c’est le défi de toustes les musicien-ne-s. Gaëtan Nicot a voulu le relever en construisant un quartet pour décrire ses émotions, dresser un portrait de Paris, se servir d’un orage prenant la forme d’une « rhapsodie » – titre de cet album -, des rêves habités par la musique, forger un imaginaire qui sait se servir des souvenirs comme une chanson de Barbara.

Pierrick Menuau, saxophone, Arnaud Lechantre, batterie et Sébastien Boisseau, contrebasse savent converser avec le pianiste pour amener les touches nécessaires à la construction de thèmes qui se veulent autant de contes de notre temps. Un quartet qui fait penser à celui de Wayne Shorter sans se refuser quelques incursions du côté de Dewey Redman ou même de Albert Ayler.

Une musique réjouissante et mélancolique contre le monde tel qu’il ne va pas. A découvrir.

Gaëtan Nicot Quartet : Rhapsodie, Tinker Label distribué par Socadisc

Nicolas Béniès

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