Iran : Communiqué du Comité de soutien à Fariba, en grève de la faim et de la soif

Nous avons appris par les réseaux sociaux que Fariba Adelkhah, directrice de recherche à SciencesPo-Paris, est entrée en grève de la faim illimitée, de concert avec une autre universitaire, australienne, emprisonnée à Evin (Téhéran), Kylie Moore-Gilbert, le 24 décembre :

https://www.iranhumanrights.org/2019/12/imprisoned-french-australian-academics-call-for-christmas-eve-hunger-strike-iran/

Nos deux collègues exigent justice pour elles-mêmes, mais aussi au nom de tous et toutes les universitaires persécutés de manière arbitraire en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient. Selon les sources internes à la prison d’Evin citées par le Center for Human Rights in Iran, elles demandent également leur transfert dans le quartier des prisonniers de droit commun de la prison – elles sont actuellement détenues depuis 7 mois, pour Fariba Adelkhah, 15 mois pour Kylie Moore-Gilbert, dans le quartier des Gardiens de la Révolution où elles sont soumises à des « tortures psychologiques » et à de « nombreuses violations de leurs droits humains fondamentaux », selon leurs propres termes.

Nous pouvons confirmer, d’une autre source, sûre et directe, que Fariba Adelkhah est bien entrée en grève de la faim ce 24 décembre.

Celle-ci s’est vue signifier divers chefs accusations : d’espionnage, de désinformation, de propagande contre le régime, et autres contre-vérités dénuées non seulement de tout fondement, mais aussi de toute crédibilité. Il semblerait que Roland Marchal, chercheur CNRS à SciencesPo-Paris, arrêté en même temps que Fariba Adelkhah et lui aussi détenu à la prison d’Evin, soit également sur le point d’être formellement inculpé, vraisemblablement sur la même base erratique.

Nous rappelons que nos deux collègues n’ont jamais eu d’autres activités que scientifiques et qu’ils ont toujours mené leurs recherches en toute indépendance et en toute intégrité. C’est bien de cela dont ils sont accusés. Leur itinéraire personnel est une incarnation de la liberté de la science, qu’ils payent aujourd’hui de leur liberté personnelle.

Nous exigeons leur libération immédiate, ainsi que de celle de tous les universitaires, iraniens et étrangers, détenus arbitrairement en Iran – ils sont hélas nombreux. Nous récusons par avance toute instrumentalisation politique de leur détention, et de leur libération. Nos collègues sont des prisonniers scientifiques, et c’est à ce titre qu’ils doivent recouvrer leur libération.

Nous accordons évidemment une attention particulière à l’intégrité physique de Fariba Adelkhah et de Kylie Moore-Gilbert qui sont entrées en grève de la faim illimitée et dont la vie est désormais en danger. Le gouvernement de la République islamique d’Iran en est responsable, tout comme de la détention arbitraire dont elles font l’objet de la part de l’une de ses branches armées qui engage l’Etat iranien lui-même.

Nous demandons à chacun d’interpeller nos élus, nos institutions, nos entreprises, et de solliciter leur soutien à la cause de nos collègues pour que la liberté leur soit rendue.

25.12.19

http://www.siawi.org/spip.php?article21396

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