Un geste désespéré ?

Non pas celui du jeune Anas K., 22 ans, s’immolant par le feu il y a quelques jours devant l’entrée du CROUS de la Madeleine à Lyon, pour dénoncer la précarité étudiante.

Non, mais celui, à vrai dire plus prémédité que désespéré, d’un Président de passage à la Gare St-Lazare à Paris, s’installant ostensiblement en travers des rails au vu et à la grande émotion de tous les usagers en partance.

Des cris, des larmes, des imprécations aussi, le désordre est total. À chaque ouverture de la porte des rares rames circulant encore, les voyageurs à bout de souffle se bousculent pour tenter d’embarquer.

« Pourquoi a-t-il fait cela ? » s’interrogent, perplexes et traumatisés par la violence de l’événement, les passagers errant encore sur les quais, en attente d’un hypothétique prochain train pour rentrer à la maison. Peut-être conscients d’être quelque peu pris en « otages » par la violence de la scène. Mais aucun d’entre eux ne se précipitant pour porter secours au désespéré.

À la RATP et à la SNCF, où ce type d’événement, le suicide en se jetant sur les rails, atteint plusieurs centaines de cas par an, la chose est prise très au sérieux, tant les conséquences sont graves pour les conducteurs qui ont en quelque sorte « vu la mort en face ». L’écrasement d’un Président ne peut laisser indifférent personne. La prévention, non pas de tels actes, une nouvelle élection y remédiera, leur imprévisibilité étant trop grande, mais celle de leurs conséquences psychologiques pour les conducteurs aux commandes au moment du drame, cette prévention reste une des préoccupations majeures de l’équipe du Pôle de soutien psychologique.

Sa responsable, Mme Brigitte Damiens, nous a confié : « On essaie surtout d’éviter que les conducteurs en fassent une histoire personnelle. Car, après tout, la chose concerne l’ensemble de la profession. Quelques fois, ils veulent prendre des nouvelles de la famille, avenue du faubourg Saint-Honoré, aller à l’enterrement. Il faut surtout empêcher cela, empêcher la culpabilité. On essaie de leur apprendre, certes à ne pas banaliser la chose, mais tout autant, à l’inverse, à ne pas verser dans l’excès de compassion. »

Nous avons interrogé Jean Giraudoux, directeur à la SNCF de l’IAPPS (Institut d’Accompagnement Psychologique Post-traumatique), et auteur pour sa direction d’un rapport percutant, La guerre du rail aura bien lieu. Il a bien voulu nous dire quelques mots quant aux raisons supposées du tragique événement, un président couché sur les rails au péril de son quinquennat.

Selon lui, tout Présidents qu’ils soient, de la SNCF ou d’ailleurs, ces personnalités suicidaires subissent de la part, non de leurs employeurs – ils sont auto-entrepreneurs – mais de leurs commanditaires d’énormes et incessantes pressions pour mener à bien les missions pour lesquelles ils ont été si justement « missionnés » par la Banque et l’Assurance.

Comme les vautours perchés à l’entrée des villes fantômes, les fonds de pension ont leur rond de serviette à l’Élysée, assiettes de prix bien garnies et couverts d’argent. Le plus vorace au monde, l’américain Black Rock conseille le président, explique la politique à suivre aux ministres et tire déjà profits sur la comète. Les retraites en France constituent pour lui un immense corps à dépecer en faisant glisser le système par répartition vers la capitalisation.

Black Rock est le plus gros fonds de gestion d’actifs au monde et détient environ 7 000 milliards d’euros de placements, soit près de trois fois le PIB français. Le fond tire la majorité de ses revenus en gérant l’épargne retraite privée de salariés du monde entier. Sa spécialité consiste à transformer l’épargne retraite aux quatre coins du monde en les négociant en bourse et en les plaçant sur les marchés financiers, à la nano-seconde près, à l’aide de son système d’intelligence artificielle Alladin.

Le PDG de Black Rock, Larry Fink et Emmanuel Macron à l’Élysée 10 Juillet 2019

Le régime à points n’est pour lui qu’une première étape dans ce projet : instiller dans le domaine de la Retraite, l’esprit de Capitalisation pour remplacer celui de la Répartition.

Et il convient de « faire le job », comme le dit l’expression populaire. La pression est telle qu’elle peut pousser certains Présidents à jouer leur va-tout, dans le style « ça passe ou ça casse », et ceci dans des conduites quasi suicidaires.

Jean Casanova, 12 décembre 2019

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.