Briser le silence et retrouver l’estime de soi

« Insultes, harcèlement, violences conjugales, incestes, viols, féminicides… Chaque jour, partout dans le monde, des femmes sont victimes de violences parce qu’elles sont femmes ».

Dans son éditorial, « Pour elles et pour toutes les autres », Camille Wernaers parle des enfants, victimes souvent oubliés, « Les conséquences sur les plus petit·es, ce sont les mamans, elles-mêmes violentées, qui peuvent le mieux les expliquer », de ce que signifie aussi parler, « Raconter les violences qui s’exercent sur elles et sur leur famille, cela signifie les revivre et sentir remonter des souvenirs, dont elles se passeraient bien ».

Dossier : Violences conjugales : les enfants victimes oubliés

« l’engrenage des violences, l’instrumentation des enfants par l’agresseur pour violenter davantage les mères, les réponses inadéquates de la Justice… »

Les rédactrices abordent, entre autres, le droit de visite accordé au père violent, « un mari ou un compagnon violent n’est pas un bon père », la nécessité de briser le silence, la relation d’emprise, l’instrumentalisation de la relation aux enfants, le continuum de violences, la coupure avec les soutiens familiaux, le contrôle, les enfants et les femmes considérées comme un propriété, la coparentalité et la médiation, « Un danger pour les femmes victimes de violences qui se retrouvent ainsi face à leur agresseur », la fantasmatique « aliénation parentale »…

Je souligne l’entretien avec Gwénola Sueur (https://reseauiml.wordpress.com), la séparation et le risque accru de dangerosité, la non reconnaissance de violences par les tribunaux, la rhétorique masculiniste, le concept de contrôle coercitif, « Le concept de contrôle coercitif propose plutôt une compréhension des dynamiques qui permettent aux agresseurs d’établir et de maintenir le contrôle et le pouvoir sur leur conjointe ou leur ex-conjointe, la priver de liberté et la dépouiller de son estime d’elle-même »…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle : Un manifeste, « Nous, citoyennes et citoyens marocains, déclarons que nous sommes hors-la-loi. Nous violons des lois injustes, obsolètes, qui n’ont plus lieu d’être. Nous avons eu des relations sexuelles hors mariage. Nous avons subi, pratiqué ou été complices d’un avortement », nous-citoyennes-et-citoyens-marocains-declarons-que-nous-sommes-hors-la-loi/

  • La citation du mois : « Le regard masculin a été pendant très longtemps associé à un regard neutre, parce que l’immense majorité des films sont produits par des hommes qui regardent des femmes. Il faut dire que ce regard a une origine et un rapport avec la domination masculine. Nous, on propose un regard féminin hybride ».

  • Avortement légalisé dans l’Etat d’Oxaxaca (Mexique), « Celle légalisation est un signal fort dans ce pays d’Amérique latine qui a lui aussi connu des manifestations vertes, couleur symbolisant la lutte pour le droit à l’avortement dans cette région du monde »…

  • L’élargissement des titres-services à l’accueil de l’enfance, « Nous exigeons au contraire des politiques cohérentes et ambitieuses pour un accueil de qualité accessible à tous et à toutes, en Wallonie comme à Bruxelles ».

  • 30 ans après la chute du mur de Berlin, « Nous ne savions presque rien les unes des autres », une autre histoire et les relations entre groupes féministes de l’ouest et de l’est, le prix d’une réunification…

  • Une autre pratique du « balado » (expression québécoise pour podcast), prendre le micro et diffuser des thématiques féministes, Les couilles sur la table, Une Sacrée paires d’Ovaires, Quouïr, Miroir Miroir, Un podcast à soi, Achaïso Ambali…

  • Des Femmes migrantes « L’art pour réinventer le Globe », Ifrah Yusuf, Shuruq Mussran, Shilemeza, Françoise…

  • La féminité déjouée. « Un contenu digne d’un bric-à-brac, sans que personne n’ait jamais répondu précisément à la question : mais c’est quoi, féminin ? Ce flou est d’autant plus fort que la féminité varie dans l’histoire et selon les cultures, qu’elle s’impose aux femmes, mais que les femmes peuvent aussi la modeler à leurs (en)vies… », un modèle sans cesse reformulé, un modèle excluant…

  • Le collectif Les Cannelles, https://collectif-les-cannelles.be

  • L’histoire avec un grand Elles : Anna Coleman Ladd, réparatrice des gueules cassées.

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle 223, Novembre 2019, http://www.axellemag.be

Autres numéros : /revue/axelle/

Didier Epsztajn

Une réponse à “Briser le silence et retrouver l’estime de soi

  1. Le terme « les mamans » m’est insupportable, ce sont les femmes qui sont agresseés et non les mères. L’appelation de « maman » est complétement infantilisante.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.