Sequedingue

« Le nombre de femmes incarcérées en France s’élevait au 1er février 2019 à 3 169 personnes, soit près de 4% de la population pénale. Je porte une attention toute particulière à la situation des femmes emprisonnées et je suis souvent amenée à rappeler qu’elles subissent une forme de « double peine ». »

Dans sa préface, Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, rappelle que les femmes ne bénéficient pas, en prison des mêmes droits que les hommes, « L’inégalité des droits entre les femmes et les hommes trouve en détention une application criante ». Elle souligne les paroles des femmes détenues, « On retrouve dans cet ouvrage leur réalité, où se mêlent de l’ennui, des tensions, des peurs, de l’infantilisation, des petites et grandes humiliations, mais aussi de l’humanité, des rires et de la solidarité entre ces femmes », l’empreinte de la prison sur les corps…

La bibliothèque du quartier femmes de la prison de Sequedin, Marianne Mas aborde, entre autres, des trop plein de colère, des histoires et des secrets, « Ce secret est peut-être un des seuls territoires intimes qu’il leur reste », le travail en prison, les détenues « classée » (les travailleuses et les travailleurs en prison ne bénéficient pas de législation sociale du travail), une auxiliaire de bibliothèque, « la greffière des sans-crayons », la place de la bouffe, la cantine et les fournisseurs privés de la prison, les surveillantes et les surnoms, les mouvements et la chorégraphie interne à la détention, les lectures d’histoire comme des cailloux semés, les fouilles à corps, les traitements des « indigentes », les prix plus élevés des produits en prison, les « doudous », les humiliations, le mitard, les libérations et les retours, le « compte-tours » des détenues dans la cour de promenade, les bébés et la nursery du quartier des femmes, les verdicts, « Un verdict, c’est enfin un calendrier du temps qui viens », l’apprentissage de la lecture, les « coups d’énervement » et leur prix, les permissions de sortie, l’accès au téléphone, le droit de voter, le soin de soi, « une lutte pour rester visible dans ce qu’il reste du regard des autres »…

En annexe, l’autrice rappelle quelques textes internationaux et nationaux et leurs applications pour le moins lacunaires…

L’autre face de notre monde pour des femmes qui sont rendues invisibles.

Les conditions de détention et la détention elle-même de ces femmes relèvent-elles de ce qui est nommée justice ?

Marianne Mas : Lire délivre

Atelier lecture en prison de femmes

Editions Erès, Toulouse 2019, 142 pages, 9,50 euros

Didier Epsztajn

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