Le retour de la journée de travail au coeur de la question sociale du XXIe siècle

« Le monde du travail connaît des transformations profondes. Au-delà de la nostalgie d’un passé excessivement idéalisé ou de la dénonciation d’un présent qui serait marqué par des formes d’exploitation d’une violence inédite, il importe d’en poser un diagnostic précis et nuancé ». Dans sa préface, preface-de-jean-michel-bonvin-au-livre-nicola-cianferoni-travailler-dans-la-grande-distribution-la-journee-de-travail-va-t-elle-redevenir-une-question-sociale/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Seismo, Jean-Michel Bonvin présente l’enquête de terrain de Nicola Cianferoni dans le secteur de la grande distribution. Il aborde, entre autres, l’intensification du travail, l’exigence accrue de disponibilité qui vient brouiller les frontières spatio-temporelles entre travail et non-travail, la déqualification du travail, la « norme temporelle néo-libérale », la consubstantialité des rapports sociaux, le point de vue situé, la figure du chercheur militant, « La norme temporelle néo-libérale n’est pas présentée comme une fatalité, au contraire elle résulte de rapports de force mouvants qui peuvent la remettre en question ou la renforcer », l’illusion de la prétention à la neutralité, la mise de la connaissance « au service d’un engagement citoyen en faveur d’un monde du travail plus juste et plus respectueux de la dignité des personnes », l’exigence de rigueur analytique…

« Au total, nous sommes en présence d’un travail triplement fécond qui apporte un éclairage original sur les enjeux du travail contemporain et la nécessité de repenser à nouveaux frais la question de la justice sociale dans ce contexte, qui suggère une méthodologie exigeante (inspirée des notions d’objectivité positionnelle et de consubstantialité des rapports sociaux) pour les saisir dans toute leur complexité et qui ne recule pas devant l’engagement citoyen tout en l’enracinant dans une démarche scientifique rigoureuse. »

Pour des raisons professionnelles, je connais le secteur de la grande distribution en France. Je préciserai certains termes en annexe. Je fournirai des compléments succincts sur le fonctionnement – en partie différent – de ce secteur en France. J’ai choisi de ne pas insérer ces « digressions » dans le texte car elles ne relèvent pas de la critique du travail remarquable ici présenté.

En introduction, Nicola Cianferoni présente sa longue enquête sur deux importantes enseignes de la grande distribution en Suisse ; les concepts utilisés dans l’ouvrage (journée de travail, valeur, plus-value, consubstantialité des rapports sociaux) ; les éléments tels que l’intensification, la disponibilité temporelle, la déqualification qui permettront de saisir les restructurations en cours et leurs enjeux sous l’angle du temps de travail.

L’auteur présente les controverses historiques sur le temps de travail, la nouvelle rhétorique sur l’anachronisme de la législation du travail, « La législation sur le travail constitue, d’après les promoteurs de cette rhétorique, une entrave à l’activité économique des entreprises, sans prendre en compte pour autant les nouvelles réalités sur les lieux de travail, dont l’aspect le plus visible est le brouillage croissant des frontières spatio-temporelles entre le travail et le hors travail », le rapport entre le journée de travail et la vie de travail dans l’économie politique (voir entre autres Pierre Naville).

Il revient sur la prolétarisation de la paysannerie et la généralisation du travail salarié, l’émergence du « temps de l’horloge », la journée de travail comme synonyme « de contrainte, de soumission et d’aliénation », la privation contrainte du travail (le temps du chômage), la journée de travail comme « enjeu dans l’organisation de la vie sociale », le quantum d’heures consacré à la production, les limites absolue et relative à la journée de travail, la forme « capitaliste » du surproduit social : la plus-value, « La plus-value est la forme du surproduit propre à une société capitaliste parce qu’elle repose sur le concept de valeur », l’interchangeabilité et la commensurabilité, le fétichisme de la marchandise…

Nicola Cianferoni rappelle que « la société est constitué par des groupes sociaux dont l’existence n’est pas une construction naturelle, mais sociale ». Il aborde les rapports sociaux de classe et de sexe, les rapports antagoniques « en raison des intérêts matériels et symboliques qui leur sont propres », la division sociale et sexuée, le travail salarié et le travail domestique, la diminution historique du temps de travail salarié et la généralisation de la « journée de 8 heures et de la semaine de 40 heures », la place de la famille, « Ce modèle familial qui émerge lors de la Revolution industrielle repose sur une stricte division sexuée du travail au sein du foyer, domestique. Il assure aux hommes les conditions matérielles permettant d’exercer leur domination sur les femmes autant par l’invisibilité du travail domestique féminin que par leur dépendance au salaire masculin », le brouillage des frontières entre travail et hors travail, le rôle de l’Etat en particulier dans l’affaiblissement du droit du travail et de la négociation collective, « il contribue aussi à redéfinir les conditions sociales par lesquelles l’extorsion d’une plus-value se réalise dans la société et prive les travailleuses et les travailleurs des moyens juridique à leur disposition pour lutter »…

L’auteur saisit enfin les restructurations de la grande distribution à travers trois phénomènes, l’intensification du travail (un rapport social et non un déterminisme technique), la disponibilité temporelle (« le resserrement des pores de la journée de travail », les horaires, l’articulation des temporalités dont la double journée de travail des femmes), la déqualification (« la diminution de la valeur sociale accordée au temps de travail »).

Personnellement je ne peux que saluer ce choix d’introduction, la place des rapports sociaux et de leur imbrication, la division sociale et sexuée du travail, le temps de travail. Car au delà d’une enquête particulière, il s’agit bien ici d’exploitation des travailleuses et des travailleurs.

Première partie. La réorganisation du travail

Nicola Cianferoni revient sur le développement des services (voir annexe 1), l’essor de la grande distribution, la diffusion des hypermarchés, le volume de marchandises et la vitesse d’écoulement comme facteurs déterminants du secteur (voir annexe 2), l’application des méthodes industrielles pour gérer les flux, la vente en libre service (voir annexe 3), les faibles taux de croissance actuels, la segmentation de la clientèle et sa fidélisation, les biens non-alimentaires, le hard-discount, l’automation de la logistique, le développement du commerce en ligne (voir annexe 1), l’extension des heures d’ouverture des magasins, « Ouvrir les magasins le dimanche c’est aider la classe ouvrière en tant que consommatrice et la brimer en tant que productrice » (Pierre Rolle cité par l’auteur, ce qui est bien conforme à l’idéologie néolibérale), les habitudes consommateurs et des consommatrices, l’extension des horaires d’ouverture, la diminution de la masse salariale…

L’auteur analyse l’emprise des logiques industrielles, la planification de la production (je souligne de nouveau l’usage adéquat du terme), les réactions à très court terme, la difficulté de la planification des ventes, la fixation des prix au niveau du groupe, les systèmes d’approvisionnement semi-automatique (voir annexe 1), l’attention porté au chiffre d’affaires de chaque rayon et de chaque produit, ce qui n’est pas rentable (voir annexe 1), la réduction des coûts et en particulier de la masse salariale, principal élément des frais d’exploitation (la grande distribution est une industrie de main-d’oeuvre), la diminution des emplois en magasins…

Nicola Cianferoni examine la réduction de la masse salariale comme enjeu des restructurations, la productivité apparente, l’établissement de budget de coûts, la flexibilité par le temps partiel et l’emploi d’étudiant·es, la polyvalence (voir annexe 1), les prêts de salarié·es entre magasins, les horaires et le temps de leur comptabilisation, les formes diverses d’ajustement des effectifs présents à la charge de travail, l’aggravation de la précarité « économique (faiblesse des rémunérations), organisationnelle (flexibilité des temps de travail), protectionnelle (faibles perspectives de carrière) »…

Dans un second chapitre, l’auteur va détailler cette flexibilité et sa géométrie variable, la division du travail, la combinaison des différents statuts du personnel, la hausse généralisée des rythmes de travail, le recours au personnel engagé seulement quelques heures par semaine, le cas des magasins spécifiques (magasins spécialisé),s la polyvalence (voir annexe 1) pour compenser des baisses d’emploi. Je souligne le terme employé, il s’agit bien de baisse d’emploi et de répartition flexible du travail…

Le troisième chapitre est consacré à la persistance du travail taylorisé à la caisse. Nicola Cianferoni rappelle que ce « département » contribue de manière déterminante à l’image du magazine, qu’il est appréhendé que sous l’angle des seuls coûts. Il examine, entre autres, la mise en tension du flux par la clientèle, la répétition des gestes mécaniques (« ressemblance avec une chaine de montage de l’usine fordiste »), les flux différenciés suivant les caisses, les contraintes « organisationnelles, psychosociales et biomécaniques » que subissent les caissières, l’apparition des troubles musculo-squelettiques (TMS), le suivi de la productivité permis par l’informatisation des caisses, le taux d’erreur, la « très grande précision dans le maniement de l’argent et un savoir-faire dans la gestion des mécontentements exprimés par la clientèle » (des qualifications des salarié·es non reconnues), l’impossibilité de quitter librement le poste de travail – y compris pour aller aux toilettes -, les pauses non comptabilisées en temps de travail, la pénibilité de la relation directe avec la clientèle, « La combinaison entre contraintes relevant de logiques industrielles et celles propres à la relation de service place les caissières au coeur des tensions que connait la grande distribution », les dimensions sexuée et misogyne des comportements de certains consommateurs, les évolutions des outils de travail et l’adaptation permanente exigée, la pénibilité d’autant plus élevée que « l’autonomie est très limitée en caisse », les menaces pour l’emploi par l’automatisation du travail des caissières, les changements du « régime temporel du travail »…

L’auteur parle ensuite des restructurations permanentes des rayons, du travail de manutention, de l’horizon temporel limité très court des articles, des vérifications humaines des commandes semi-automatisées, des soulèvements de poids et des gestes répétitifs, de la réduction des stocks, d’intensité du travail, « cadence et rythme sur le plan quantitatif, manière d’exécuter les tâches sur le plan qualitatif », de la réduction des temps considérés comme improductifs, des attitudes et des comportements, « L’intensification peut donc exercer une pression sur les salarié·e·s diminuant le temps de réflexion nécessaire à penser les bonnes postures et à les adopter pour prévenir tout accident ou l’apparition des TMS » ; de la réduction des marges de manoeuvre dans les rayons spécialisés, de l’industrialisation du traitement de la viande, du déclin des métiers qualifiés, de la dimension centrale du conseils, de l’interférence des appels téléphoniques, de l’agressivité des consommateurs et consommatrices…

Dans le dernier chapitre de cette première partie, l’auteur aborde la question des tensions, de l’absentéisme et sa dimension sexué, « les plus touchées sont les femmes engagées à temps partiel dans la ligne de caisses, leur taux d’absence étant le double par rapport à celui des hommes », du repli sur soi, les conflits interpersonnels, les conséquences du travail en sous-effectifs, l’affaiblissement des liens de solidarité, les relations avec les organisations syndicales, la gestion des conflits, le refoulement de la conflictualité dans la relation de travail…

Il convient de comprendre pourquoi dans le contexte de restructuration permanente et de domination de l’idéologie néolibérale les tensions ne débouchent pas sur « des conflits de travail » collectif mais sur des réponses individualisées et des « résistances silencieuses ».

Deuxième partie. La division sociale et sexuée du travail.

Nicola Cianferoni analyse les différentes catégories de personnel. Il commence par les cadres « entièrement dévoués à l’entreprise », leurs journées de travail, le fait de pallier personnellement aux défaillances liées au fonctionnement, l’envahissement du travail dans la vie privée, le non-enregistrement du temps de travail « à l’avantage de l’employeur », le niveau des rémunérations, la sous-représentation des femmes dans les postes de responsabilité, le rôle « de la disponibilité temporelle dans la mise à l’écart des femmes », la division sexuée conçue pour « permettre à l’homme de se consacrer exclusivement à sa carrière », l’univers masculin dans lequel les femmes doivent se plier, « Cette division sexuée du travail est présentée comme s’il s’agissait d’un libre choix dans le couple dans la plus totale abstraction des rapports sociaux de sexe »…

L’auteur poursuit avec les chef·fe·s d’équipe « entre le marteau et l’enclume », le « choix » de travailler plus longtemps, la durée contractuelle du travail dépassée « si les circonstances l’exigent », les heures supplémentaires, les conséquences de l’extension des heures d’ouverture des magasins, la non-récupération de toutes les heures supplémentaires, la disponibilité « exigée » et la durée effective du temps de travail, « Le dépassement de l’horaire contractuel est présenté chaque fois comme un choix personnel pris dans la plus totale abstraction des facteurs extérieurs à l’individu »…

Des salarié·es sous tension permanente, des rapports différenciés aux temporalités, le temps et les moyens de transport, ce qu’impliquent les longues journées de travail, « les longues journées de travail sont vécues comme un facteur de pénibilité », l’insuffisance de prévisibilité sur le planning horaire, l’annualisation du temps de travail, la pénibilité et le manque de temps…

J’ai particulièrement été intéressé par le chapitre « Des femmes confrontées à une émancipation inachevée », l’analyse de la situation spécifique des femmes, les facteurs d’inégalité non-prises en compte par la législation, le temps partiel, l’inscription de la hausse du taux d’activité salariée dans la division sexuée du travail, les « arbitrages » au sein des couples, la double journée de travail, le travail déqualifié et le travail domestique, la charge mentale, l’insuffisance du temps de repos, la « conciliation » pour les hommes, « ils ne mentionnent jamais le travail domestique mais seulement des éventuels loisirs auxquels ils ont été contraintes de renoncer »…

Un chapitre est consacré aux jeunes, au rôle du travail des étudiant·es dans la régulation des magasins, leurs horaires atypiques, la flexibilité, le travail sur appel. L’auteur aborde aussi les apprenti·es, la formation duale.

Dans le dernier chapitre de cette partie, l’auteur aborde les mécanismes de la négociation collective, les politiques patronales et la crise du syndicalisme, la répression anti-syndicales, la quête de légitimité des représentations du personnel, l’« indifférence des salarié·e·s à l’égard de la négociation collective », l’individualisation croissante des relations de travail…

En conclusion, Nicola Cianferoni rappelle que « le travail dans toutes ses dimensions est une question politique et démocratique », la place de la sociologie du travail, les impacts de la réduction du temps de travail, « La journée de travail représente donc une question social majeure entre le XIXe siècle et le début du XXe siècle », que la réduction du temps de travail a un impact majeur sur les modalités d’extorsion de la plus-value

Il revient sur l’intensification du travail dans le secteur étudié relève des logiques du temps de l’industrie, les normes temporelles néolibérales, la disponibilité temporelle exigée des salarié·es, les procès de déqualification, le décalage entre « loi, discours et pratiques », le transfert de responsabilité sur chaque travailleuse et travailleur, l’approche théorique de la « consubstantialité des rapports sociaux »…

Nicola Cianferoni : Travailler dans la grande distribution. La journée de travail va-t-elle redevenir une question sociale ?

Seismo, Zurich et Genève 2019, https://www.seismoverlag.ch

ISBN 978-2-88351-090-6 (print)

ISBN 978-2-88351-723-1 (OA, PDF)

Didier Epsztajn


Pour connaître le contenu du livre, vous avez la possibilité d’écouter l’entretien donné en direct à la Radio Télévision Suisse (RTS) dans « Tribu » le 19.9.2019 (25 min). Le podcast est disponible sur le site internet de l’émission.


Les annexes ci-dessous n’ont pas vocation à détailler les procès internes de la grande distribution, juste à donner quelques indications sur des points de langage, sur le décalage entre l’activité perçue et l’activité réelle. Mes remarques sont faites à partir du secteur en France.

Annexe 1 :

* Le commerce de grande distribution est une industrie de services. Plus précisément, la nature même de la notion de commerce est discutable. Le commerce peut être défini par l’achat et la vente de marchandise en l’état. Si les centrales d’achats des groupes de distribution pilotent bien cette activité, il n’en est pas de même des sociétés de magasins qui le plus souvent n’assurent que la mise en rayon et l’encaissement des achats. Les salarié·es de ces structures sont donc essentiellement des productrices/producteurs de services.

* Commerce en ligne. J’utilise le terme de magasin virtuel versus magasin physique. Si les modèles économique et industriel sont différents, c’est aujourd’hui le modèle des magasins virtuels qui guide la stratégie des groupes « mixtes ».

* Approvisionnement. L’essentiel des marchandises est « poussée », ce n’est pas le magasin qui décide. Les choix marketing et logistique dominent.

* Rentabilité. Le terme est employé par l’auteur et par de multiples personnes. Dans le contexte évoqué, il reste inexact. Il faut parler de profitabilité, la profitabilité des opérations, soit un rapport entre un résultat et le chiffre d’affaire. Le sens de rentabilité est autre, il concerne un rapport entre des capitaux engagés et un résultat. Dans le grande distribution la profitabilité est d’un niveau relativement faible, mais ce n’est pas le cas de la rentabilité, car les capitaux engagés sont limités – une partie de ces moyens financiers découle des délais de paiement des fournisseurs. Le mot profit semble être associé aux voleurs, d’où l’usage immodéré mais erroné du terme rentabilité.

* Polyvalence. Il serait plus juste de parler de poly-activité. La polyvalence relève plutôt de la reconnaissance de plusieurs savoir-faire, compétences ou qualifications. Ce qui n’est pas le cas de la poly-activité qui nie (ou naturalise) ces qualifications.

Annexe 2 :

* Les résultats (produits) de la grande distribution résultent de la combinaison de deux éléments, la marge commerciale (auquel il convient d’ajouter les marges arrières) appliquée aux produits et les placements des excédents de trésorerie liés aux décalages de paiement. Ces sociétés encaissent en effet le produit des ventes avant de payer leurs fournisseurs (à 30, 60 voire 90 jours pour les produits courant).

* Aujourd’hui, la grande distribution spécialisée (biens non-alimentaires) tente de faire porter les stocks aux fournisseurs se transformant ainsi en pures sociétés de services.

* Dans les sociétés de distribution par internet, le modèle de prestataires de service – contre commissions – tend à prédominer à celui des activités marchandes avec gestion des stocks.

Annexe 3 :

* Le libre service implique le travail gratuit des client·es (en complément possible, Patrick Rozenblatt : Razzia sur le travail (Critique sur l’invalorisation du travail au 21e siècle)analyses-des-rapports-de-travail-non-reduits-aux-rapports-a-lemploi/)

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