Nous sommes la rage vivante de ce monde mourant

Quatre nouvelles et quelques poèmes entre désastre environnemental et thématiques d’anticipation. Le souffle des ruines et le soleil de l’espérance.

Les croyances au fil du progrès et les catastrophes, « J’eus droit à l’ennui, au silence, à la lenteur et à des informations de plus en plus fractionnées sur le monde. Je guettais les allées et venues des villageois derrière la fenêtre de mon bureau de cette maison d’où j’écris ces lignes, j’échangeais rarement avec eux et, d’ailleurs, ceux que je croisais encore étaient de plus en plus taiseux », la campagne désolée, les escargots, « J’essaie de l’écouter, l’escargot qui glisse le long d’une feuille, l’escargot qui donne sa leçon de vie. Avancer à sa façon. Chacun. Garder son rythme. C’est donc ça. J’écoute le temps et le silence »…

Denis, lâché par « ses derniers adultes référents », la construction sociale de l’inaptitude, les ordres et la chasse, la chasse à l’homme, les interdits des tuteurs et tutrices, la loi des bandes, les tirages au sort, les réfugié·es, les ressources énergétiques réservées « à la sécurité et à la maintenance d’internet », les subsides de la misère confisqués par les salauds, la marchandise et le gibier, l’autre Niko…

« Impression de sortir du sommeil, c’est un état floconneux, très étendu, sans corps, sans corps propre, sans corps à moi, c’est ça me dis-je ». Isaac Asimov, le corps, l’immobilité imposée, un silence « que nul clapotis ne trouble », le masque qui pue, les câbles reliant nos cranes chauves à des dispositifs techniques, les oiseaux et leurs becs qui claquent, « Je suis certainement dans un rêve, dans le virtuel, dans le virtuel oui, je ferme les yeux, je ne sais rien de rien, je ne veux plus rien savoir et je sombre avant d’être submergé par un vol noir implacable… »

Jean-Pierre Andrevon, un monolithe, les lois de la thermodynamique, des animaux, les projections dans le futur et dans le passé, « Tiens, ça irait mieux comme ça ? », la guerre et la loi, le dormeur du val, il n’y a plus de temps à perdre…

« combien / ont-ils rêvé / avant nous / d’une vallée riante / au bout du chemin ? »

Nashtir Togitichi : Heureux les escargots

PREM’edit 2019, 86 pages, 14 euros

Didier Epsztajn

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