Eviter la myopie de l’histoire événementielle

Le titre de cette brève note est tiré de la préface de Gilbert Dagron. L’intérêt de l’ouvrage de Giusto Traina réside justement dans sa volonté de rompre avec une histoire qui projette sur le passé autant les frontières géographiques du présent que les découpages chronologiques qui figent les ruptures en évacuant toute notion de processus.

Il s’agit ici de montrer les permanences et les inflexions/modifications dans la situation de l’empire romain autour d’une année (428 !) sans événements marquants (« une année anonyme » comme la nomme joliment l’auteur) mais suffisamment proche de la fin « officielle » de l’empire (du moins dans sa partie occidentale) en 476 pour rendre le caractère factice du très vieux débat sur « la fin de l’empire romain : assassinat ou mort naturelle ? »

Appuyée sur une documentation considérable (80 pages de notes et de références bibliographiques !) mais d’une lecture agréable et tout à fait accessible au non-spécialiste, il se présente sous la forme d’un itinéraire s’intéressant particulièrement aux « marges » de l’empire (là où se manifestent les influences « extérieures ») mettant à mal les dichotomies rétrospectives du genre « romains versus barbares ».

Giusto Traina : 428. Une année ordinaire à la fin de l’empire romain

Les Belles Lettres, 2010, 25 euros

Dominique Gérardin

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