Asservissement et libération

« Deux récits d’aujourd’hui. Le premier est celui de l’asservissement des femmes, ligotées à leur biologie. Des êtres à remettre dans le droit chemin – une route de béton, aux bas-cotés nettoyés au désherbant. L’autre histoire, celle des roses sauvages qui fissurent la chaussée, raconte la libération d’une femme : son explosion au pouvoir, ses combats rayonnants. Les deux contes se déroulent aux Etats-Unis. Entre les mêmes frontières, aux palissades dressées bien haut, flanquées de drapeaux qui claquent au vent »

Dans son éditorial, « Alabama versus Alexandria », Sabine Panet revient sur la loi votée en Alabama sur l’avortement et les 28 Etats étasuniens qui ont introduit plus de 300 nouvelles règles limitant l’avortement, « La plupart des hommes qui rédigent ces lois ne connaissent rien au corps des femmes, à part ce qu’ils en attendent » (AOC) (En complément possible, Sonia Éthier : Simone de Beauvoir avait raisonsimone-de-beauvoir-avait-raison/ ; Défendre l’avortement partout dans le mondedefendre-lavortement-partout-dans-le-monde/ ; Rencontrez le médecin de l’Alabama qui pourrait passer 99 ans en prison pour avoir pratiqué des avortements en vertu d’une nouvelle loirencontrez-le-medecin-de-lalabama-qui-pourrait-passer-99-ans-en-prison-pour-avoir-pratique-des-avortements-en-vertu-dune-nouvelle-loi/).

Versant plus émancipateur, Alexandria Ocasio-Cortez et son programme où figurent « l’assurance-maladie universelle, la gratuité des études supérieures publiques, la fin de la privatisation des prisons, le contrôle des armes à feu, l’introduction d’un taux de 70% sur les tranches de revenus supérieures à 10 millions de dollars pour financer une transition écologique radicale ».

.

Dossier : Le futur digital se joue-t-il sans les femmes

Quelques femmes explosent l’écran de verre du numérique, « dans la lignée de figures féminines inspirantes venues du passé, elles codent notre futur, envers et contre tous ».

La disproportion entre hommes et femmes dans tous les métiers liés au monde digital est flagrante, les femmes sont sous-représentées dans le monde numérique, les clichés dominent et les femmes sont découragées. Pourtant les femmes se sont inscrites dans l’histoire de l’informatique, Ada lovelace, Hedy Lamarr, Margaret Hamilton, etc. Une histoire effacée, « Quand l’informatique a pris de la valeur, les femmes ont dû quitter le terrain ». Les conséquences des biais sexistes ou racistes au sein des algorithmes dès leur conception auront des conséquences importantes, mais comme le souligne Flora Vincent : « les lignes de code sont plus faciles à changer que les mentalités ! ». (En complément possible, Francis Lagacé : Bêtise naturelle de l’intelligence artificiellebetise-naturelle-de-lintelligence-artificielle/ ou Joelle Palmieri : TIC, colonialité, patriarcat. Société mondialisée, occidentalisée, excessive, accélérée… quels impacts sur la pensée féministe ? Pistes africainescontre-linjonction-de-connexion-la-liberte-du-recit-et-la-construction-de-la-memoire/)

J’ai notamment été intéressé par l’entretien avec Diariata N’Diaye, « Le numérique ne peut pas être un outil supplémentaire d’oppression des femmes » . La slameuse propose des pistes de mobilisation autour d’applications et d’outils connectés.

 

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle : Espagne. Le parti qui hait les femmes, le rejet des lois votées pour avancer vers l’égalité « autant de coups portés à leur société idéale, structurée par la domination masculine », l’abandon de différentes mesures contre les violences envers les femmes (Vox rejoint ici l’église orthodoxe russe), un programme « tout à fait à l’image de l’Espagne franquiste : les femmes au foyer, les hommes au pouvoir, l’Eglise au milieu du village et les taureaux seront bien gardés »…

  • Pour une politique migratoire qui tienne compte des femmes !, l’établissement de routes légales et sures vers l’Europe, des procédures individualisées, la prise en compte des violences et des discriminations dont sont victimes les femmes, « Si les politique migratoires et les politiques de régularisation ne tiennent pas compte des femmes et des violences spécifiques subies, cela les maintiendra dans des situations qui perpétuent ces violences, et qui perpétuent aussi le déni de droits subi par les femmes dans leur pays d’origine »

  • Les femmes et le foot, des obstacles à franchir, le plaisir du jeu, la construction de modèle d’identification…

  • La justice de classe, cinq mois de prison pour quelques bouchées de pain…

  • Tatiana Mukanire, l’association mondiale des survivantes du viol, le viol comme arme de guerre, les viols collectifs et planifiés, la prise en charge globale des victimes, la honte et la responsabilité. Sans oublier le sabotage des USA sur une résolution de l’ONU contre les violences sexuelles comme arme de guerre et leur refus de l’inscription de la notion de « santé sexuelle et reproductive ». Le consentement clairement exprimé de pouvoirs publics aux violences sexuelles et aux viols…

  • Céline Tellier et les mobilisations climatiques, les questions énergétiques et environnementales et les nouvelles inégalités…

  • Les femmes artistes. « Portemanteaux, garde-robes ambulantes, accessoires ou affublées d’un tablier à motif de cœur, les femmes artistes ont de la peine, dans certains médias, à exister en dehors de leur statut de femme ». Et le sexisme dans l’industrie musicale…

  • Un entretien avec Pinar Selek, « il faut veiller à rester tout de même un peu acrobate, c’est-à-dire à être engagé dans plusieurs espaces de lutte à la fois, ou du moins à ne pas fermer ses portes aux autres luttes en pensant qu’elles seraient moins importantes ». (L’insolente. Dialogues avec Pinar Selekje-sais-quil-ne-faut-pas-eteindre-le-feu/). Le rayonnement chaleureux de celle qui habite « une maison sans territoire »…

  • L’histoire avec un grand Elles : La guerrière Viking, de chair et d’os

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales, dont un article sur l’impériale matrice au Japon, « Dans cette histoire ce sont les princes qui enferment les princesses dans les châteaux. Captives, elles rêvent de dragons », sur Caster Semenya une sportive qui aurait « trop d’hormones » (en complément possible, Anaïs Bohuon : le test de féminité dans les compétitions sportives. Une histoire classée X ?contre-la-fiction-du-naturel-larchipel-du-genre/), sur l’avocate Nasrin Sotoudeh (en complément possible, Nasrin Sotoudeh nous écrit de la prison d’Évinnasrin-sotoudeh-nous-ecrit-de-la-prison-devin/), « Un jour, la lumière de la justice brillera aussi sur notre pays »…

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axell220, Juin 2019, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.