Apprendre à prendre soin de soi, pour les femmes, la tâche est ardue 

Dans son éditorial « Gloire à Gloria », Sabine Panet nous parle d’un livre de Gloria Steinem Sur ma route. Mémoires d’une icône féministe. « La route de Gloria est multiple : son enfance, heureuse, mais ballottée d’une ville à l’autre au gré des lubies paternelles ; l’éclosion de ses engagements et le lien qu’elle fera dès les années 1960 entre droits des femmes, droits des minorités et classes populaires ; la naissance de sa pratique du journalisme, un milieu où elle côtoie sexisme et racisme ; la genèse de ses innombrables combats politiques et de ses amitiés… ». Une de celles qui montrent la voie, des victoires possibles « grâce aux chemins que nous explorons ».

 

Dossier : Mères monoparentales, entre précarité sociale et financière

« Elles sont 83% à être à la tête des familles monoparentales, qui représentent environ 10% des familles belges ». Les autrices parlent de l’isolement social et émotionnel, du sentiment d’exclusion, des revenus et du bouclage des fins de mois, du non versement des contributions alimentaires, de précarité sociale et de précarité économique, des accompagnant·es et du qui décide, du basculement dans la précarité suite à la séparation, du plafond de revenus du parent créancier, de la responsabilité des deux parents…

 

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle : Les soudanaises en première ligne

  • Individualiser les droits en sécurité sociale : Oui, mais pas à n’importe quel prix ! Les autrices abordent, entre autres, le renforcement des droits individuels, la logique de couverture sociale individualisée, le revenu décent, la fin du statut de cohabitant·e…

  • Claudie Haigneré. Une femme dans l’espace. Et l’invisibilisation de tant de chercheuses et scientifiques…

  • USA. Les femmes dans l’enfer des opioïdes, une crise sanitaire nationale hors contrôle, une molécule extrêmement addictive, les soins plutôt que la criminalisation des toxicomanes et la prison, « Apprendre à prendre soin de soi, pour les femmes, la tâche est ardue » (en complément possible, Patrick Radden Keefe : Addiction sur ordonnance. La crise des antidouleursladdiction-une-garantie-pour-les-profits/)…

  • Au secours Shéhérazade ! Les clichés racistes, coloniaux et sexistes. L’imaginaire occidental de la femme voilée, les catégories de la pornographie, les regards masculins européens projetés sur des « femmes lointaines et exotiques », l’Orient des peintres et des littérateurs, « En effectuant le passage à l’Occident, Shéhérazade fut privée de son intelligence. Les Occidentaux n’avaient en effet retenu, dans Les Mille et une nuits,que l’aventure et l’amour »…

  • La socialisation des femmes, le mythe de l’intuition, la non reconnaissance des compétences acquises, « le relégation de leurs savoirs hors du champ du rationnel, même quand ces savoirs y puisent leurs sources »…

  • « Hou je bek en bef me », une femme musicienne Merol, les codes du rap, la crudité des paroles « sans les menaces de violence » des rappeurs hommes, l’indignation et toujours le double standard en matière de la liberté d’expression autour du sexe…

  • Une lecture de Coïts d’Andrea Dworkin, « Je parle de la baise hors des frontières qu’ont tracées les hommes », les rapports sexuels et les rapports de domination, le nombre incalculable de règles et de lois implicites et explicites d’un acte soi-disant naturel, l’appropriation des femmes, « Dérangeante dans sa radicalité, l’entreprise féministe pose la signification politique du coït, une question fondamentale pour la liberté des femmes » (En complément possible, ma lecture parue sous le titre : Pour défendre sa dignité, il faut d’abord en avoir unehttps://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/06/pour-defendre-sa-dignite-il-faut-dabord-en-avoir-une/)

  • L’histoire avec un grand Elles : Sayyida al-Hurra. De la pirate à la sultane.

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales, dont le réseau féministe Period ou cette église catholique qui à propos de la pédocriminalité n’accepte toujours pas « la faute des coupables ». Couvrir des crimes est au moins un délit.

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axell219, mai 2019, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn

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