Le gouvernement écossais favorise des politiques qui vont faire du mal aux enfants ; avec d’autres féministes, j’ai bien l’intention de les contrer

Un article au sujet de cinq jeunes transgenre nous a permis de mieux voir les personnes derrière les gros titres. En effet, les enfants et les jeunes méritent mieux qu’être l’objet de politiques, d’accords entre adultes ou de débats sur ce qui est bon pour eux. Voilà pourquoi je m’oppose fermement au choix du gouvernement écossais d’adopter une série de mesures qui vont faire du mal aux enfants.

De grâce, regardons derrière les gros titres des journaux, et voyons les vraies personnes. Les femmes sont de vraies personnes. D’autres femmes, et moi-même, qui sommes de vraies personnes, nous opposons à la falsification de la réalité de ce que représente l’idéologie transgenre.

Je suis une femme de 64 ans qui a eu la plupart du temps une vie heureuse. Mais quand j’avais 9, 10, 11 ans, et un peu plus, j’étais très malheureuse de constater que, contre ma volonté, j’étais condamnée à être une femme.

Je ne me « sentais » pas femme. Je ne pouvais pas envisager l’idée de devenir une femme. Cela signifiait avoir des seins, des règles, un destin de femme mariée, de servitude et de bébés. Les attentes physiques et sociales du fait « d’être une femme » m’horrifiaient.

Ma mère faisait tous les travaux ménagers et mon père partait travailler. Les femmes devaient abandonner leur métier, les femmes étaient des servantes sans salaire. Les femmes devaient rendre tout le monde heureux. Elles devaient se friser les cheveux, porter des bas et garder les genoux serrés. Il n’était pas question que les femmes aient le droit d’aller dans la lune, de gagner des guerres, ou de devenir premier ministre. Quand j’avais neuf ans, on m’a offert un fer à repasser miniature, tandis que mon frère avait une boîte de chimiste. J’ai dû faire semblant d’être contente, une leçon d’humiliation que je ne suis pas près d’oublier.

J’étais toujours dans les premières de ma classe, mais on me disait que je ne pouvais aspirer à rien de mieux qu’un métier de secrétaire. Les filles ne couraient pas comme des folles dans les champs comme les garçons, les filles n’organisaient pas de jeux, n’étaient pas chefs de bande, et n’avaient pas les genoux cagneux. J’ai passé des heures à me demander comment empêcher mes seins de pousser, ou comment éviter les règles, ou comment faire pipi debout.

Si quelqu’un m’avait dit que j’étais peut-être un garçon, j’aurais sauté sur l’occasion. Cela aurait tout expliqué, pourquoi j’étais régulièrement punie pour avoir été maligne et autoritaire, pour ne pas vouloir porter des robes à frou-frou, embrasser des garçons, ou être une mariée et avoir des bébés.

Je me souviens aussi très distinctement que je rejetais sur ma mère la faute de mon état de fille. C’était une pensée magique puérile, ma mère m’avait « faite » femme, elle m’avait trahie. Si seulement je trouvais une formule magique, si seulement ça me libérait du sort qu’elle m’avait jeté. Mais on ne m’a pas offert la possibilité magique de devenir un garçon.

J’étais une fille, un être humain femelle. Cette réalité physique s’imposait. Les hommes commençaient à me regarder dans la rue et à faire des remarques sur mon corps. Je faisais des cauchemars à propos d’un avenir fait de soutien-gorge et de porte-jarretelles, de bas et de maquillage. J’ai toujours des bouffées de transpiration à l’idée de devenir une mariée.

A présent, je sais que beaucoup d’autres filles ressentaient la même chose. Je les ai rencontrées quand j’ai rencontré le féminisme. J’ai lu Simone de Beauvoir, Doris Lessing, Germaine Greer, la revue Spare Rib. Le féminisme était une rébellion glorieuse, il m’a libérée. Il n’y avait rien qui clochait chez moi, ni avec mon corps. C’était la société qu’il fallait changer. Je n’y suis pas encore arrivée, malgré toutes ces campagnes, mais je n’ai pas passé cinquante ans ou plus à me battre contre la réalité physique.

Mais aujourd’hui, les enfants ont accès à ce qui revient à échapper à cette réalité physique. On leur dit que « le genre » est une certitude intime qui supplante la réalité physique. La puberté va changer le corps de cet enfant que vous connaissez bien en quelque chose d’étrange. Alors, pourquoi ne pas penser que votre corps peut changer exactement comme vous voudriez qu’il change ? Pourquoi essayer de changer la société, si vous pouvez changer ce que vous êtes ?

Dire à des enfants qu’ils sont peut-être des garçons emprisonnés dans un corps de fille, ou vice-versa, et qu’ils pourraient, qu’ils devraient, même, « accomplir une transition » pour sortir de leur réalité physique revient à leur dire un mensonge. Cela consigne aussi les enfants en question à un avenir de déni, de colère, de chagrin lorsque les gens verront malgré tout en eux le sexe qu’ils ont réellement.

Lorsqu’on les renverra vers les vestiaires pour homme ou femme, ou les toilettes, en leur assignant le « mauvais » pronom. Quand des femmes leur demanderont de sortir des toilettes des filles. Quand des hommes les harcèleront dans les toilettes pour hommes. Quand les gens les prendront en pitié ou adopteront un ton condescendant, les éviteront ou les insulteront. Quand ils se rendront compte que les hormones qu’on les a encouragé à avaler dès l’âge de douze ans ou même avant ont des effets irréversibles. Quand ils comprendront qu’ils ne seront jamais complètement ni femme ni homme, et qu’ils n’auront jamais d’enfants.

Quand ils comprendront que les hormones sont une nécessité permanente s’ils veulent conserver ne serait-ce qu’un semblant de barbe maigrichonne, ou avoir des seins ou la peau douce. Quand ils verront que les hormones ont abîmé leurs os de façon permanente, ou causé d’autres problèmes médicaux. Quand ils se rendront compte qu’au lieu de cela ils auraient peut-être pu vivre pleinement leur vie d’adulte lesbienne ou gay…

Répéter qu’une femme trans est bien une femme, ou un homme trans bien un homme, n’en fera jamais une réalité. Supplier ou exiger d’être accepté pour ce qu’on croit être n’en fera jamais la vérité.

Je comprends très bien la confusion des enfants, leur détresse, leur sentiment d’être mal et d’avoir besoin d’être bien. Ce que je n’accepte pas, c’est que des adultes au gouvernement, dans les services de santé ou les services sociaux, permettent à des lobbyistes qui nient les réalités biologiques de dicter des politiques pour les enfants et les femmes.

La politique en vigueur dans les écoles primaires et secondaires, « soutenir les jeunes transgenre à l’école », a été rédigée par une organisation appelée « LGBT Youth and Trans Alliance » (Alliance de la Jeunesse LGBT et Trans). Le texte affirme être basé uniquement sur l’expérience de certaines personnes transgenre et d’autres qui sont restées anonymes. Des jeunes transgenre sont définis comme étant « ceux dont l’identité ou l’expression de genre diffère d’une manière ou d’une autre du sexe qui leur a été assigné à la naissance ». Le terme « jeunes » est utilisé pour désigner des enfants à partir de quatre ans.

Apparemment, on vient d’abolir l’enfance.

Les recommandations affirment que les enfants de tout âge devaient être encouragés à exprimer leur « identité de genre », quel que soit leur âge. On conseille aux enseignant·e·s de ne pas révéler d’information aux parents ou aux responsables sans la permission du jeune, et d’utiliser le nom que l’enfant demande qu’on utilise, et qu’on ne doit pas prévenir les parents sans la permission de l’enfant, et ce quel que soit l’âge ou la capacité ou les besoins de l’enfant en termes de santé mentale. Les enfants qui s’identifient comme étant le contraire de leur sexe d’origine doivent être autorisés à partager les toilettes, les vestiaires, et les dortoirs du sexe opposé.

On demande de conseiller aux parents de soutenir leur enfant en cas de décision de faire sa transition, et que les enseignants doivent corriger leurs éventuels préjugés. Si les parents ne sont pas d’accord, il est conseillé de considérer cela comme une maltraitance, et, pourquoi pas, de faire un rapport aux autorités locales.

Cette liste de recommandations doit, nous dit-on, être suivie de l’introduction obligatoire de l’éducation au transgenrisme dans le cursus scolaire. Ceci confirmera l’enseignement officiel de la croyance absolument non fondée que les hommes peuvent effectivement être des femmes et vice versa, pas selon leur biologie, mais selon leur propre certitude à ce sujet. Enseigner cela à l’école est un non-sens scientifique. Cela semble mettre l’idéologie transgenre sur le même plan que la croyance en dieu. Il n’y a aucune preuve, mais c’est la preuve de la vertu affirmant sa croyance.

La loi actuelle a récemment confirmé que les enfants de moins de seize ans sont présumés incapables de consentir à des relations sexuelles. Cela doit les protéger d’adultes prédateurs, des grossesses et de la parentalité précoces. Mais ce qui est présumé ici c’est que les enfants ont la capacité de prendre des décisions radicales au sujet de leur sexualité et de leur identité, avant même l’âge de douze ans. Les médicaments bloqueurs de puberté sont prescrits dans notre système de santé à des enfants qui sont trop jeunes pour en comprendre les effets et les risques. Ce n’est pas une promotion des droits des enfants C’est une trahison.

Aucune étude d’impact de cette approche sur les enfants n’a été menée par les agences qui promeuvent ces politiques. Craignent-ils l’impact désastreux que le résultat de ces études pourrait avoir sur la santé mentale des enfants, sur la compréhension qu’ils ont d’eux-mêmes, de la réalité, des relations entre enfants, et entre adultes et enfants ?

Tout débat et toute discussion ont été délibérément gelés. Questions et remises en cause sont rejetées comme étant « transphobes », impliquant que leur auteur est un malade ou un fanatique. Et si vous êtes fou ou fanatique, on doit bien sûr vous mettre à l’écart de professions comme l’enseignement, l’université, le travail social. La plupart des personnes ainsi attaquées sont des femmes. Réfléchissez à ce que cela signifie.

Des féministes de renom comme Germaine Greer et Julie Bindel ont été ostracisées et accusées de discrimination et de haine. Jenny Murray, de l’émission radio Woman’s Hour, a été écartée, dénoncée comme transphobe pour avoir demandé poliment comment les hommes pouvaient être des femmes. La recherche universitaire (faite par des femmes) qui pointe les dangers de la situation pour les femmes et les enfants a été supprimée, et la carrière de leurs auteurs menacée. Des gens, essentiellement des femmes, ont été dénoncés à leurs employeurs ou à la police pour « crime de haine », afin qu’on les fasse taire et qu’on les licencie.

Lorsque nous les femmes tentons de nous rencontrer pour discuter de ces questions, nous faisons l’objet d’intimidations, et sommes dénoncées à la police. Des réunions ont fait l’objet d’alertes à la bombe et de demandes d’annulation de location de salle. Et si les réunions ont quand même lieu, des gens masqués, vêtus de noir et hurlant des insultes se rassemblent à l’extérieur et cognent sur les portes pour perturber l’événement. Des discussions en ligne se sont arrêtées net à cause d’attaques contre les femmes qui posent des questions et qui sont qualifiées de « TERFs » (féministes radicales anti trans).

« Les personnes chargées de l’autorité en Écosse ont abdiqué leurs responsabilités en laissant cette situation se développer. Ils ont permis à l’invraisemblable de devenir une injonction nationale. »

S’exprimer sur le sujet est désormais un acte suicidaire, professionnellement et concrètement. En ce qui me concerne, je n’ai pas d’employeur, mais je suis bien consciente des dangers du dénigrement public, et de la complicité des autorités dans la persécution de quiconque remet en question ce qui est apparemment l’orthodoxie gouvernementale.

C’est une orthodoxie dont la plupart des gens en Écosse n’ont pas conscience. Une consultation récente sur la possibilité d’accepter le changement de sexe sur simple déclaration de l’intéressé, allant jusqu’au changement d’acte de naissance, a été menée si discrètement qu’elle n’a pas dépassé le cercle des personnes favorables à ces mesures, et a recueilli 66% d’opinions favorables. La plupart des gens n’ont jamais été informés de l’existence de cette consultation ni de ces propositions. De toute façon, une discussion ouverte sur ce sujet aurait été impossible, compte tenu du niveau élevé de menaces et de propos au vitriol.

Les personnes dépositaires de l’autorité en Écosse ont abdiqué leurs responsabilités en permettant à cette situation de se développer. Ils ont permis à l’invraisemblable de devenir une injonction nationale. Ils permettent à des enfants – ainsi qu’à des parents et des éducateurs – de se retrouver sans défense face aux diktats déraisonnables de gens qui ne rendent de comptes à personne et qui n’ont ni les qualifications ni les preuves pouvant soutenir leur autorité autoproclamée.

« Nous n’acceptons pas les affirmations sexistes selon lesquelles « ne pas se conformer à son genre » signifie que vous êtes obligatoirement « transgenre » ».

Qui a intérêt à ce qu’un nombre croissant d’enfants et de jeunes soient encouragés à prendre des croyances dangereuses et non prouvées pour la réalité ?

En Écosse, quelques adultes sans aucune qualification en biologie, psychologie, neurosciences ou développement de l’enfant ont réussi à se faire une place à la table de tous les décideurs pour affirmer et faire accepter l’idée que des enfants sont « nés transgenres ».

Des agences complaisantes et des adultes, peut-être par crainte, ambition, ignorance, pour de l’argent, ou peut-être par réelle conviction de faire pour le mieux (malgré une absence totale d’étude d’impact ou de preuves) les ont laissé dicter leur politique. Et il semble que la punition pour oser poser des questions ou exprimer un avis contraire doive se traduire en licenciements, diffamations et exclusions.

En conséquence, le Service écossais des Prisons a été persuadé d’accepter des délinquants sexuels tout à fait mâles d’un point de vue biologique, ainsi que des auteurs d’actes de violence, dans les prisons pour femmes, où ils sont autorisés à se doucher et à partager des espaces intimes avec des femmes. Des gardiennes de prison sont amenées à pratiquer sur ces personnes des fouilles au corps complètes et intimes. Ces politiques ont été mises en place sur les conseils des mêmes « experts » qui ont dicté les politiques concernant les enfants.

Pour ma part, et avec un nombre croissant de femmes, je n’obéirai pas à ces injonctions. Nous n’acceptons pas les affirmations sexistes selon lesquelles « ne pas se conformer à son genre » signifie que vous êtes obligatoirement « transgenre ». Nous n’acceptons pas qu’on nous qualifie de femmes « cis », de « TERFs » ou de « transphobes », ou de toute autre insulte qui nierait nos droits et la réalité physique de ce qu’est une femme. Nous ne pouvons pas accepter la promotion de ces doctrines dangereuses, pour nous-mêmes ou pour les enfants.

Maggie Mellon

Maggie Mellon, militante féministe et ancienne assistante sociale spécialisée dans la protection de l’enfance, déclare que le gouvernement écossais se prépare à adopter des mesures concernant les questions transgenre qui risquent d’être nocives pour les enfants, et elle affirme qu’un nombre croissant de femmes y sont opposées.

Article publié le 21 novembre 2018 sur le site COMMONSPACE

Traduction bénévole avec l’aimable autorisation de l’autrice.

https://tradfem.wordpress.com/2019/01/06/maggie-mellon-le-gouvernement-ecossais-favorise-des-politiques-qui-vont-faire-du-mal-aux-enfants-avec-dautres-feministes-jai-bien-lintention-de-les-contrer/

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