Introduction et table des matières du livre d’Olivier Coquelin : Irlande en révolutions

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

L’Irlande post-révolutionnaire : bref état des lieux

En ce début de 21e siècle, l’île d’Irlande présente toujours la singularité d’être scindée en deux entités distinctes que sont l’Irlande du Nord (pays constitutif du Royaume-Uni) et la République d’Irlande (État indépendant). Deux entités qui, depuis la partition effective de 1922, se sont également distinguées des autres démocraties d’Europe occidentale, via l’absence en leur sein de clivages politiques reposant essentiellement sur des questions socio-économiques avec, pour schématiser, un camp progressiste (situé à « gauche » de l’échiquier politique) et un camp conservateur (situé à « droite1 » de l’échiquier politique)2.

Ainsi en est-il de l’Irlande du Nord où chacune des deux principales forces antagoniques fonde sa raison d’être sur la défense d’un ordre défini en termes à la fois politique et ethnico-confessionnel. En clair, à chaque communauté ethnico-confessionnelle correspond une étiquette politique particulière : nationaliste pour des catholiques minoritaires, favorables au rattachement du territoire au reste de l’île ; unioniste pour des protestants majoritaires, favorables au maintien du territoire à l’intérieur du Royaume-Uni. Toutefois, force est d’admettre que cet antagonisme tend à s’estomper quelque peu depuis le milieu des années 1990 après avoir pourtant atteint son acmé pendant environ trente ans, sous la forme d’un conflit – plus connu comme les « Troubles » – qui marqua les esprits par son cortège de violences a priori inextinguibles. Affrontements intercommunautaires, grèves de la faim, actes de terrorisme à caractère sectaire ou anti-impérialiste, défrayèrent ainsi régulièrement la chronique tout au long de cette période tourmentée, avant que le pays n’entre dans une fragile ère de paix émaillée de soubresauts sporadiques.

Quant à l’État sud-irlandais – connu comme la République d’Irlande depuis 1949 –, jusqu’au boom économique des années 1990-2000, il était apparu sous les traits d’un pays idéologiquement conservateur que symbolisait certes une Église catholique quasi omnipotente – dont l’affaiblissement, qui accompagna la prospérité évoquée ci-dessus, se traduisit par de profonds changements sociétaux –, mais aussi un système politique bipartisan constitué de deux organisations d’origine nationaliste, le Cumann na nGaedheal/Fine Gael (Société des Gaëls/Famille des Gaëls) et le Fianna Fáil (Guerriers de la destinée), idéologiquement situées à droite ou au centre-droit de l’échiquier politique, suivant les époques. Né vers la fin de la Révolution de 1916-1923, ce système se forgea sur fond d’antagonismes à caractère essentiellement constitutionnel, entre partisans et adversaires du traité anglo-irlandais de 1921 qui entérina la division de l’île et la création d’un État semi-indépendant dans sa partie méridionale. Bien que la nature de ce clivage ait évolué au fil du temps, la loyauté électorale dont bénéficièrent depuis les deux principaux partis du pays ne devait un tant soit peu se démentir qu’aux élections législatives de 2011. Lesquelles virent la gauche incarnée par le Parti travailliste obtenir un score historique en se plaçant en deuxième- position avec 19,4 % des voix.

Le présent ouvrage se fixe donc pour objet : d’une part de comprendre d’une part, le processus par lequel l’Irlande contemporaine est parvenue à se démarquer des autres démocraties d’Europe occidentale par certains aspects ; et d’autre part, pourquoi, jusqu’à une période relativement récente, les deux entités de l’île n’ont jamais contenu en leur sein de forces politiques ou socio-économiques, idéologiquement progressistes, susceptibles de contraindre quelque peu l’exercice de pouvoirs établis sur une dialectique autre que socio-économique – encore qu’en Irlande du Nord, les principales organisations nationalistes, apparues ou réapparues dans les années 1960, appartenaient au camp progressiste sur des questions économiques et sociales néanmoins subordonnées à la problématique mentionnée plus haut. À cette fin, nous nous pencherons sur la genèse des courants politiques et sociaux dominants depuis la scission, laquelle fut le résultat entre autres d’une Révolution dont les principaux acteurs et leurs successeurs allaient par la suite tenir les rênes du pouvoir sud-irlandais. C’est pourquoi, du reste, l’unionisme ne fera pas l’objet d’une étude aussi approfondie que celle consacrée au nationalisme stricto sensu3, via une grille d’analyse s’appuyant sur le concept d’idéologie tel que défini à présent.

Historiquement, ce vocable vit le jour en 1796 au sein du cercle de philosophes français répondant au nom d’« Idéologues ». Dans le sillage des Lumières, les Idéologues se donnaient pour objectif d’émanciper l’humanité de l’obscurantisme, au travers d’une « science des idées » – d’après l’étymologie du terme dont ils se revendiquaient – considérée alors comme « la science unique [dont] toutes les autres, sans exception, ne sont que [les] applications». Au fil du temps, toutefois, la notion d’idéologie devait connaître un certain nombre de glissements sémantiques pour désigner d’abord la doctrine libérale, républicaine et laïque associée aux Idéologues, puis, vers 1830, toute doctrine politique. Entre-temps, Napoléon Bonaparte lui avait assigné une connotation péjorative, qualifiant d’idéologie toute démarche intellectuelle engagée dans une recherche des causes premières, à ses yeux non seulement stérile mais en outre nuisible pour l’ordre établi car en décalage avec la réalité des faits, savamment maintenue sous le boisseau à des fins subversives. Cette acception péjorative, Marx et Engels la reprirent pour partie quelques décennies plus tard, via la métaphore de la camera obscura (chambre noire) selon laquelle certains intellectuels, par leurs discours fallacieux et déconnectés de la réalité, légitimaient l’ordre social établi et, partant, la division du travail inhérente au système capitaliste. L’idéologie se faisait ainsi le vecteur de la vision du monde des classes possédantes. Négative encore, apparut la conception de l’école de pensée dite de la « fin des idéologies » (regroupant des figures telles que Hannah Arendt, Karl Popper et Raymond Aron) née à l’issue de la Seconde Guerre mondiale sur fond de Guerre froide, conception qui fait toujours partiellement autorité aujourd’hui et qui assimile l’idéologie à une pensée dogmatique, intolérante et totalitaire (quelle soit communiste, fasciste ou nazie), incompatible avec l’esprit pragmatique d’une société ouverte, pluraliste et démocratique (quelle soit d’inspiration libérale, conservatrice ou social-démocrate). Quant aux marxistes du 20e siècle (au premier rang desquels, Lénine,Georg Lukács et Antonio Gramsci), se détachant quelque peu de leurs maîtres à penser en la matière, ils en vinrent à admettre le socialisme dans la catégorie des idéologies – ou tout au moins des contre-idéologies –, par opposition à celle dominante de la bourgeoisie. À nouveau synonyme de « doctrine », donc, ce à quoi s’ajoute l’apport théorique d’autres penseurs, tel Karl Mannheim reliant étroitement idéologie et utopie5, le concept fait de nos jours également référence à un ensemble d’idées, d’opinions ou de croyances à caractère philosophique, économique, religieuse, politique, etc. consubstantiel à un individu, à un groupe humain ou à un temps historique, chacun porteur d’une représentation particulière du monde d’un point de vue culturel et organisationnel, et s’interrogeant sur les moyens pratiques à mettre en œuvre pour édifier l’ordre idéal6.

Tout en utilisant essentiellement cette dernière définition comme référent conceptuel, le présent ouvrage ne perdra pas de vue, par souci d’établir un bornage chronologique, les origines profondes du terme idéologie datant des idéologues des années 1790, eux-mêmes inspirés des philosophes des 17eet 18e siècles, à commencer par John Locke, également mentor de l’une des grandes figures de l’histoire politique de l’Irlande : William Molyneux. Et parce que l’œuvre maîtresse de Molyneux, The Case of Ireland Being Bound by Acts of Parliament in England,publiée en 1698, est bien souvent perçue comme la première expression revendicative et théorique du nationalisme irlandais moderne – en l’occurrence obéissant à la logique lockéenne du contrat entre gouvernants et gouvernés –, sera pris pour point de départ historique de notre réflexion, un siècle des Lumières partant pour d’aucuns de la Glorieuse révolution de 1688-16897. Sans oublier qu’au-delà du nationalisme, ce sont toutes les idéologies inhérentes à l’Irlande contemporaine que le siècle des Lumières vit germer. Celles-ci allaient ainsi éclore et s’épanouir tout au long de l’Union anglo-irlandaise de 1801-1922, pour devenir prégnantes au lendemain de la partition de l’île en deux entités distinctes.

En Irlande du Nord d’abord, où l’unionisme sut rallier à lui toutes les couches sociales des diverses communautés protestantes, dans un même combat contre l’« ennemi » nationaliste et catholique, aidé en cela par l’autonomie législative dont bénéficia le pays à partir de 1920 et qui lui permit de fortifier sa domination acquise dans les années 1880, avec la première crise du Home Rule (terme désignant le projet d’autonomie de l’Irlande au sein de l’ensemble britannique). Une fortification qui se manifesta au travers de lois discriminatoires – notamment au niveau des droits civiques – que les autorités britanniques s’abstinrent d’amender ou d’abroger, comme le lui permettait pourtant la législation de l’époque. À cela s’ajoutait une opposition nationaliste et catholique des plus intransigeantes qui, non sans influence cléricale, refusa d’intégrer le nouveau système, rejetant tout geste en ce sens du Premier ministre nord-irlandais James Craig. Lequel, tout en se faisant fort de pérenniser l’hégémonie protestante, leur avait néanmoins proposé, d’une part, d’occuper un quart des sièges du Parlement de Stormont (Belfast) et un tiers des postes dans la police, et d’autre part, de participer à l’élaboration d’un projet d’établissements scolaires non confessionnels. Résultat : jusqu’en 1965, le Nationalist Party (Parti nationaliste) boycotta les institutions politiques du pays (hormis de 1925 à 1932) considérées comme illégitimes et arbitraires, permettant ainsi aux unionistes de donner libre cours à des penchants sectaires.

En fait, face à pareil système discriminatoire, il fallut attendre les années 1960 pour voir la résistance s’affirmer et s’organiser véritablement. Or, si son versant pacifique et interconfessionnel, incarné dans la Northern Ireland Civil Rights Association (Association pour les droits civiques en Irlande du nord) ou NICRA, réussit à contraindre le gouvernement nord-irlandais à faire quelques concessions – telle l’adoption du suffrage universel pour les élections municipales –, il ne put en revanche éviter la résurgence de modes d’action violents dans les deux camps, à l’origine des « Troubles » évoqués plus haut. Lesquels eurent notamment pour conséquence la dissolution du Parlement de Belfast en 1972, plaçant dès lors le pays sous l’administration directe de Londres8.

Concernant l’État sud-irlandais cette fois, d’aucuns, tel le sociologue marxiste Kieran Allen, estiment que l’insuccès idéologico-politique de la gauche procéderait du refus de sa principale composante, le Parti travailliste, de s’inscrire dans une authentique perspective radicale ou révolutionnaire – dans tous les domaines – au regard des forces conservatrices dominantes9. Pourtant, comme le déclarait déjà en 1936 l’historienGeorge O’Brien : « Il est extraordinaire qu’avec cette longue tradition en Irlande de lutte syndicale en milieu urbain et de lutte agraire en milieu rural, le Parti travailliste soit à ce point insignifiant au sein de l’État libre10. » En effet, d’autant plus que la période allant de 1907 à 1923 – c’est-à-dire au cours de la quinzaine d’années précédant l’instauration effective de l’État libre d’Irlande – avait vu le syndicalisme irlandais affirmer un caractère particulièrement radical, grâce à l’apport doctrinal de JamesLarkin et James Connolly : en témoignent, entre autres, les grèves générales de Belfast en 1907 et de Dublin en 1913, ainsi que l’instauration de soviets entre 1918 et 1923. Néanmoins, après le départ deLarkin aux États-Unis en 1914 et l’exécution de Connolly en 1916, leurs épigones s’avérèrent plus rigoureusement révolutionnaires en paroles qu’en actes ; d’où l’orientation graduelle du prolétariat organisé vers la voie du réformisme et du légalisme. Il n’est donc pas surprenant que les divers conseils ouvriers, établis en plein combat indépendantiste (1919-1921) puis fratricide (1922-1923), ne reçurent à aucun moment le soutien déterminé d’une direction syndicale en phase accélérée de bureaucratisation.

Quant à la question nationale, là aussi, les responsables du mouvement ouvrier adoptèrent une position de recul, il est vrai traditionnelle à cet égard. D’ailleurs, même l’œuvre de Larkin, tout imprégnée de concepts révolutionnaires qu’elle fût, s’appuyait pour l’essentiel sur la sphère économique11. De sorte que les syndicats irlandais regorgeaient d’hommes et de femmes qui, bien que patriotes convaincus, n’établissaient guère de liens entre l’émancipation sociale du prolétariat et la libération nationale du pays. C’est pourquoi ils s’étaient, jusque-là, toujours engagés dans les divers mouvements nationalistes à titre individuel, sans référence aucune à leur classe sociale ou à une quelconque idéologie.

Afin de résoudre cette contradiction, une voix avait refusé de se joindre aux différents apologistes de l’« économisme12 ». Ainsi, en son temps, James Connolly avait pris l’engagement de rendre le mouvement ouvrier conscient de son pouvoir et de son potentiel révolutionnaire tant en matière de lutte sociale qu’en matière de lutte politique. À travers l’Irish Citizen Army (Armée des citoyens irlandais) – milice ouvrière créée en 1913 lors de la grève générale de Dublin –, il s’était vainement évertué à mener le prolétariat à l’avant-garde de la joute pour l’indépendance, en vue d’édifier en Irlande une république des travailleurs. Mais, en se détournant du chemin tracé par Connolly jusqu’à la Rébellion de Pâques 1916 – que l’on peut à juste titre considérer comme le point de départ de la Révolution irlandaise –, en laissant les seuls séparatistes forger l’avenir politique de l’île de 1916 à 1923, les instances syndicales ne contribuèrent-elles pas à handicaper fortement la gauche dans sa quête du pouvoir au cours des décennies à venir ? Après tout, n’est-ce pas les acteurs principaux de cette tragédie historique et leurs héritiers qui ont, depuis 1922, gouverné en alternance l’État sud-irlandais ou, depuis les années 1960, constitué l’opposition la plus virulente au pouvoir unioniste d’Irlande du Nord ?

Cependant, le particularisme de l’Irlande ne saurait s’expliquer par la seule attitude des dirigeants syndicaux et travaillistes au cours d’une période donnée. En effet, tout au long de son histoire, l’île d’émeraude démontra à maintes reprises qu’elle était encline à la sédition et à la révolution, que ce fût dans le domaine politique ou socio-économique. Pays à dominante agricole, c’est avant tout dans les rangs d’une paysannerie organisée en sociétés secrètes – telles que les Whiteboys –, et propageant le feu sur certaines régions d’Irlande de façon sporadique, que s’illustra le mieux cette tradition. Pour aboutir à leurs fins, certains leaders nationalistes – révolutionnaires comme constitutionnels – s’efforcèrent donc d’exploiter d’une manière ou d’une autre les griefs et la violence consubstantiels aux milieux ruraux. Quelques figures – en particulier James Fintan Lalor et MichaelDavitt – assignèrent même le rôle moteur de la révolution, non seulement nationale mais aussi sociale, à la paysannerie (puis à l’ensemble des travailleurs pour ce qui est de Davitt). Or, la Révolution irlandaise de 1916-1923 ne déboucha en aucun cas sur des changements de fond en matière socio-économique, ou sur la création de contre-pouvoirs progressistes suffisamment puissants pour contrebalancer les tenants de l’ordre établi. Ce qui nous amène aussi à poser la question suivante : dans quelle mesure les nationalistes révolutionnaires (de Theobald Wolfe Tone à Éamon de Valera), ainsi que les nationalistes constitutionnels (de HenryGrattan à John Redmond), se faisaient-ils les partisans de desseins socio-économiques progressistes, dans la perspective d’une Irlande indépendante ou autonome ?

Afin de mieux aborder cette dernière problématique, nous procéderons, dans un premier temps, à une analyse idéologique des principaux mouvements politiques, porteurs d’une doctrine nationaliste prédominante en Irlande, depuis le siècle des Lumières – qui la vit germer – jusqu’à la partition effective de l’île en 1922. Compte tenu du contexte « colonial » de l’époque, il conviendra de bien séparer la sphère politique stricto sensu (révolution ou réforme ?) et ethnico-confessionnelle (exclusivisme ou irénisme ?) du domaine économique et social (conservatisme ou progressisme ?), de manière à distinguer les indépendantistes des autonomistes, les radicaux des modérés concernant la question nationale, d’une part, et l’organisation socio-économique du pays, d’autre part. Seuls adhérents, parmi les grandes figures du nationalisme irlandais, à une alternative des plus subversives dans les deux cas de figure, Lalor,Davitt et Connolly représentèrent du même coup un courant hétérodoxe, œuvrant en contrepoint de l’aile révolutionnaire du mouvement nationalisme irlandais. Tout en relatant son parcours, nous tenterons, dans un second temps, de comprendre pourquoi sa faible audience auprès du mouvement agraire, puis du mouvement ouvrier – c’est-à-dire des principaux mouvements sociaux qui feront également l’objet d’une analyse diachronique – constitua un écueil à l’émergence d’une gauche, capable d’infléchir l’idéologie irlandaise dans un sens plus progressiste, au lendemain de la division de l’île.

Olivier Coquelin : Irlande en révolutions

Entre nationalismes et conservatismes : une histoire politique et sociale (18e-20e siècles)

Editions Syllepse

https://www.syllepse.net/l-irlande-en-revolutions-_r_22_i_739.html

Paris 2018, 544 pages, 25 euros


Table des matières

Introduction : L’Irlande post-révolutionnaire : bref état des lieux

1re partie : Le Mouvement nationaliste et ses diverses expressions politiques

Chapitre 1

Aux origines du nationalisme irlandais moderne : du nationalisme « colonial » au nationalisme « autochtone » (1698-1798)

Vers l’Irlande des Lumières : des premiers peuplements aux plantations du 17e siècle

Prémices d’un nationalisme « colonial » : William Molyneux et Jonathan Swift (1698-1745)

Agitation patriotique et autonomie législative (1759-1791)

Naissance d’un nationalisme révolutionnaire : la Société des Irlandais unis (1791-1795)

L’alliance Irlandais unis-Defenders (1795-1798) et l’émergence de deux nationalismes antinomiques : l’unionisme et le nationalisme « autochtone »

Chapitre 2

Le nationalisme constitutionnel : autonomie, abrogation et fédération (1823-1918)

Daniel O’Connell et le mouvement pour l’abrogation de l’Union (1823-47)

Aux origines du mouvement pour le Home Rule : Isaac Butt et l’autonomie fédérale (1870-1879)

Le mouvement autonomiste de Charles Parnell : abrogation, obstruction et « nouveau départ » (1880-91)

John Redmond et la résurgence du fédéralisme (1891-1918)

Un nationalisme intermédiaire : le Sinn Féin d’Arthur Griffith (1905-1916)

Chapitre 3

Le nationalisme révolutionnaire : séparation, insurrection et abstention (1847-1922)

Le mouvement Jeune Irlande : nationalisme irénique, culturel et insurrectionnel (1842-1848)

Aux origines du républicanisme irlandais moderne : l’Irish Republican Brotherhood (1858-1916)

Le Sinn Féinet l’IRA dans la Révolution de 1916-1923 : résistance passive, guérilla et unité nationale

2partie : Parcours et desseins des mouvements agraire et ouvrier

Chapitre  4

Le mouvement agraire : entre réformes et révolutions sociales (1761-1922)

Les sociétés secrètes : terrorisme, réformisme et sectarisme (années 1760 – années 1840)

James Fintan Lalor et Michael Davitt : pour une révolution nationale et agraire (1846-1906)

Le mouvement agraire après Davitt : redistribution, syndicalisation et coopération

Chapitre 5

Le mouvement ouvrier : entre réformes et révolutions sociales (1779-1922)

Des syndicats de métiers au « nouveau syndicalisme » de James Larkin : parcours et évolution du mouvement ouvrier irlandais (1770-1914)

James Connolly : pour une république socialiste des travailleurs (1896-1916)

Le mouvement ouvrier dans la Révolution irlandaise de 1916-1923 : neutralisme, réformisme et militantisme syndical

Conclusion : L’hégémonie conservatrice sur l’idéologie irlandaise


1. Compte tenu du caractère on ne peut plus hétérogène du clivage droite-gauche, nous nous contenterons ici de définitions pour le moins schématiques. Ainsi, au regard de nos critères occidentaux imprégnés de judéo-christianisme, la droite tend à militer pour le maintien d’un ordre naturel fondé sur la hiérarchie, l’autorité et la tradition, la gauche pour divers changements plus ou moins radicaux, porteurs de valeurs telles que l’égalité, le progrès et la justice sociale.

2. Encore que, pour ce qui est du cas précis de l’Irlande du Nord, il serait également pertinent d’effectuer une étude comparative avec les autres régions d’Europe occidentale – tel le Pays basque – où les clivages diffèrent de ceux des territoires plus étendus dont ils dépendent.

3. Bien que les deux pays soient étroitement imbriqués d’un point de vue historique, les caractéristiques idéologiques de l’État sud-irlandais ne puisent pas entièrement aux mêmes sources que celles de l’Irlande du Nord, lesquelles pourraient donc constituer la matière d’un ouvrage à part entière.

4. Antoine-Louis Destutt de Tracy, Mémoire sur la faculté de penser, Paris, Fayard, 1992, p. 37-38.

5. Karl Mannheim, Idéologie et utopie, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2006.

6. Sur l’évolution du concept d’idéologie, voir notamment Andrew Vincent, Modern Political Ideologies, Oxford, Blackwell, 1995, p. 1-20.

7. John Marshall, John Locke : Toleration and Early Enlightenment Culture,Cambridge, Cambridge University Press, 2006.

8. Alexandra Slaby, Histoire de l’Irlande, de 1912 à nos jours, Paris, Tallandier, 2016, p. 363-365, p. 372-380 ; Diarmaid Ferriter, The Transformation of Ireland, 1900-2000, Londres, Profile Books, 2004, p. 284-286 ; Jonathan Tongue, Northern Ireland  : Conflict and Change,Londres/New York, Routledge, 2013, p. 26-27.

9. Kieran Allen, Fianna Fail and Irish Labour : From 1926 to the Present, Londres, Pluto Press, 1997.

10. George O’Brien, The Four Green Fields,Dublin, The Talbot Press, 1936, p. 100. Précisons ici que, sauf mention contraire, toutes les citations issues de publications en langue anglaise sont traduites en français par l’auteur du présent ouvrage.

11. Encore qu’une étude de l’historien Emmet O’Connor, spécialiste du mouvement ouvrier irlandais, tend à nuancer cette assertion largement répandue. Voir, par exemple, Emmet O’Connor, « Red Jim was a green man », Irish Democrat,mars-avril 2002,  www.irishdemocrat.co.uk/features/larkin/.

12. Le concept d’économisme fait ici référence à la primauté donnée aux luttes sur le lieu de travail visant le pouvoir économique ou l’amélioration des conditions d’existence, aux dépens du combat pour l’accession au pouvoir politique.

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