Nous existons ! Nous pensons ! Nous sommes des sujets politiques !

Dans son édito « Des voix et des voies », Sabine Panet parle de la démocratie représentative, des citoyen·nes, des non-représenté·es, « L’émanation du peule ne peut pas se contenter de représenter infiniment une minorité de la population, masculine, âgée, aisée, éduquée, blanche de peau, belge d’origine… », d’histoire isolée et d’autres histoires qui nous ressemblent, de non re-production entre nous des oppressions qui nous révoltent, de tressage « non pas d’alliances mais des « complicités » politiques, un mot savoureux, petit pas vers le sabotage »…

Dossier : Une femme, une voix

Les droits civiques et politiques, la « représentation » politique, sans participation des femmes il n’y a pas d’égalité politique, ce qui entrave les femmes (effacement, discriminations, violences, précarité, inégalités, injustices, etc.) et ce qui les habitent de l’intérieur (la solidarité, l’égalité, la justice). Une femme, une voix, mille chemins…

Sommaire :

Carte blanche à Hafida Bachir : une démocratie en trompe-l’œil

Les rencontres

Les féministes / Josée Boscolo et Roxanne Chinikar : « C’est renforçant de voir que nos destins sont liés »

Les bras ouverts / Béatrice Denis et Sotieta Ngo : « L’engagement citoyen est très politique »

Les justicières / Sahra Datoussaid : « On fera le droit et la justice nous-mêmes »

La sorcière ex-banquière / Aline Fares : « C’est à nous de nous emparer du sujet de la finance »

Celles qui ouvrent la voix / Achaïso Ambali et Mireille Mbayoko : « Nous avons aussi, femmes noires, une façon de voir les choses »

Celles qui déracinent les injustices / Latifa Elmcabeni : « Justice doit être faite » / Giorgia Scalmani : « Pour s’engager, il faut rêver »

La porteuse d’histoires / Johanna de Tessières : « J’ai besoin de savoir ce qui se passe »

La guérillera / Eva Maria Jimenez Lamas : « L’indignation est un moteur dans ma vie »

Les têtes dans l’air / Élodie Mertz et Delphine Morel : « C’est la force du groupe qui donne envie d’agir »

Les contrebandières de la culture / Priscilla Adade et Laetitia Bica : « Nous sommes là où on ne nous attend pas »

Votez pour le thème du hors-série estival !

Droit à l’avortement : l’impossible repos des guerrières

L’autre conquête de l’espace

Féministes à roulettes

Dora dorës, « main à main »

Grèves de femmes

Aller plus loin sur le web

Saboter, pour ne plus subir

Lesbiennes sous le nazisme : raconter l’histoire des victimes invisibles

S’outiller pour participer, des idées à piocher

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 Hafida Bachir aborde, entre autres, la montée des inégalités et de la précarité, l’invisibilité d’une grande partie du travail des femmes, les murs qui leur font face, les effets de l’austérité, les discours décomplexés qui divisent et hiérarchisent, « Comment ce contexte social et politique impacte-t-il la participation des femmes à titre individuel et à titre collectif ? »

L’autrice interroge : « Participer, mais pour quoi faire ? », démocratie représentative, démocratie participative, participation gadget ou de micro-trottoir, participation citoyenne et instrumentalisation…

C’est bien la question du pouvoir effectif qui est posé, de l’intervention en public, des décisions politiques, des pratiques démocratiques, « Il n’est en effet pas facile de placer son activité, sa parole, son opinion sous le regard d’autrui, d’autoriser son évaluation ». Or l’approche des débats et du pouvoir est aujourd’hui pensée « par et pour les hommes ». Comment favoriser l’appropriation et l’investissement des femmes dans ces espaces ? Comment les transformer pour que cette appropriation et cet investissement soit possible ?

L’autrice parle de la créativité des femmes, d’histoires et de vécus, de sortie de l’horizon confiné d’aujourd’hui, d’un autre monde « possible, ici et maintenant », de mouvements d’éducation permanente et d’inventions, de savoirs collectifs alternatifs, de solidarités à construire, d’identifier « comme objet de lutte les injustices et les oppressions, même quand personnellement on le les subit pas », d’imbrication des rapports de domination, de dépassement des frontières tracées autour de soi, « C’est pourquoi nos luttes féministes ne peuvent pas rester compartimentées à la seule contestation du patriarcat : elles doivent impérativement et simultanément s’attaquer, avec toutes celles qui en sont victimes, aux injustices produites par le racisme et par le capitalisme ».

 Quelques autres éléments choisis subjectivement, parmi les autres textes du dossier. Le féminisme comme soulagement, comme mise en mot et en lutte, comme pensée de « nos désirs et nos plaisirs », les actes politiques des citoyen·nes ouvrant leur porte « pour héberger des personnes étrangères en situation irrégulière », les réflexions sur le droit « comme outil d’émancipation social puissant pour les femmes », la légitimation de la parole « non experte » et la politisation des sujets de banque et finance ou de la dette, l’infériorisation des femmes noires, l’afro-féminisme, l’inscription du colonialisme dans les livres d’histoires et les noms de rues, se rendre compte que ce qu’on vit comme femme n’est pas un problème individuel…

Une porteuse d’histoires, une photographe, le viol comme arme de guerre, « Il s’agit de séquestrer des femmes, de bousiller leurs organes sexuels, de les faire violer par leurs proches devant tout le monde et parfois d’ouvrir leur ventre et d’en sortir les bébés pour les découper ». Il ne suffit pas de représenter des victimes mais bien de souligner les responsabilités, dont celle des fabricants et vendeurs d’armes.

L’indignation comme moteur de vie, la chaine d’inégalité à tous les niveaux, la force du groupe qui donne envie d’agir, l’humilité et l’empathie, les assignations en lien à la couleur de peau (en complément possible, Noire n’est pas mon métier. Stéréotypes, racisme et diversité : 16 actrices témoignentles-refus-de-la-boite-a-cliches/), le droit à l’avortement, « la lutte pour la légalisation de l’IVG est une lutte politique », la conquête et la féminisation de l’espace public, le genre des aménagements et des lieux, la non reconnaissances des diplômes et des qualifications des femmes, les mots de l’exil…

Je souligne notamment les articles sur les Grèves de femmes, « Une grève de femmes, c’est un arrêt du travail rémunéré, mais aussi de la consommation, du travail domestique et du soin aux autres » et sur « Saboter, pour ne pas subir », le choix de mode d’action politique hors la loi, « l’opportunité de s’organiser en dehors de toute institution, de tout contrôle, de fomenter son intervention en dehors du système même », la désobéissance civile, les pratiques non reconnues ou illégales, les dénonciations légitimes dans un Etat de droit injuste…

Les invisibles de l’histoire, les lesbiennes sous le nazisme, les camps de concentration de Ravensbrück et d’Uckermark.

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle : Prétoria, un jugement, un collectif Black radical feminists, une activiste Zulaikha Patel, l’incrimination des victimes, l’argument du consentement, « Le viol n’est jamais de la faute de la victime »…

  • Sud-Soudan, guerre civile, les femmes monnaie d’échange, exil et reconstruction, « cette terre est une extension de moi-même »

  • La contraception. Où sont les hommes ? Le symbole de la virilité et les clichés, « ce n’est pas d’une caractéristique biologique immuable mais d’une visions naturalisante qui, ici, freine l’égalité, dédouane les hommes et pèse au final sur les femmes »

  • Mégère, mé(na)gère, les raisons de la colère…

  • L’histoire avec un grand Elles : Emily Davison, le vote des femmes, au prix de sa vie

  • et toujours de riches rubriques : informations internationales et culture.

 

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

AxellHors-Série : Une femme, une voix

La participation démocratique des femmes

Janvier-février 2019, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn

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