Tourner le dos à ce monde sans rêves, sans égalité, sans liberté

Simone de Beauvoir. Je rappelle la réédition du livre de Geneviève Fraisse : Le Privilège de Simone de Beauvoirune-historicite-susceptible-douvrir-le-chemin-de-la-liberation/

Ma lecture s’écartera quelques fois des propos de l’autrice pour essayer de poser des questions, dont le traitement en France me paraît souvent omis ou réduit aux seules politiques hexagonales, donc inadéquat en regard des possibles émancipateurs.

Rire, pleurer, cogiter, le nom d’une rue, le fantasme du nom d’une rue, une anecdote, révélatrice de ce que peut signifier le nom de Simone de Beauvoir en Iran, « De sorte que l’image de Simone de Beauvoir dans l’Iran d’hier et d’aujourd’hui nous invite à un voyage qui sera l’occasion d’examiner en profondeur les interrogations que l’islamisme pose, dans son développement multiforme en Orient et en Occident, à chacune d’entre nous, en tant que citoyen·nes du monde ». J’entends bien la question, mais qu’en est-il du développement multiforme des autres fondamentalismes religieux ? Quel(s) rapport(s) y-a-t-il entre islamisme et islam ? Quels rapports entre les croyances des personnes se considérant comme musulmanes et les actions des pouvoirs constitués (religieux et institutionnels) ? Que dit l’emploi d’un singulier où les déclinaisons plurielles seraient plus adéquates pour interroger les situations ? Peut-on être citoyen·ne du monde sans être en même temps et/ou de manière contradictoire citoyen·ne d’un pays, d’une nation, etc. (suivant des définitions que chacun e peut adopter) ? – la citoyenneté me semble toujours historique et incarnée (il ne faut cependant pas négliger l’idée plus abstraite de son appartenance au monde).

Reste aussi la nécessité de replacer les « réveils » religieux dans les procès de sécularisation qui traversent les sociétés et qui ne sont pas réductibles aux seuls effets de la marchandisation capitaliste.

Mais je reviens à l’Iran, à cette histoire récente, à ces aller-et-retours entre passé et présent, à la campagne « Un million de signatures pour l’abrogation de toutes les lois discriminatoires envers les femmes » de 2006, aux « enjeux de la diversité culturelle », à l’universalité – j’ajoute à construire car ce n’est jamais un donné – des droits humains (je reviendrai en fin de note sur l’universalisme)

La jeunesse en Iran de l’autrice, la découverte de l’expression « deuxième sexe », l’attrait et la fascination, « l’ampleur de la mésestime qui frappait les thèmes relatifs à la lutte les femmes pour l’accès à une individualité libre », l’oeuvre de Jean-Paul Sartre et son ombre faisant écran sur celle de Simone de Beauvoir.

Les années 70, la dictature du Chah, la gauche révolutionnaire et ses contradictions, « les codes et les règles qu’elle valorisait dans les domaines des relations femmes-hommes contredisaient en tout point son affirmation de l’égalité des sexes et ses revendications de libération des femmes, de leur émancipation de traditions millénaires inégalitaires ». Cette « contradiction » n’est pas nouvelle, voir les positions de l’« extreme-gauche » révolutionnaire contre l’éducation des femmes et leurs droits (par exemple, Sylvain Maréchal et plus tard Pierre-Joseph Proudhon ou des syndicalistes révolutionnaires contre le travail salarié des femmes) sans oublier Jean-Jacques Rousseau et son refus de la démocratie passé le seuil des maisons (Lire par exemple, la critique radicale – « Un ordre social libre ne peut être un ordre contractuel » – du contrat social de Carole Pateman : Le contrat sexuelle-contrat-sexuel-est-une-dimension-refoulee-de-la-theorie-du-contrat/), la perception du combat des femmes comme un élément de division, de mise en péril de processus révolutionnaire, ou le fantasme de l’étouffement de l’ardeur politique par les troubles induits par les désirs. Chahla Chafiq souligne à juste titre, « la proximité entre cette vision et la conception islamiste du corps des femmes comme lieu de péché, qui conduit à leur imposer le voile ». Elle discute de la réduction de l’« occident » à l’impérialisme, de l’émancipation et de liberté sexuelle à « la réification des femmes dans la marchandisation capitaliste », des amalgames autour de la « modernité ». En Iran comme ailleurs, le contrôle des corps des femmes reste bien un enjeu politique pour le groupe social des hommes. Les luttes des femmes sont ici réduites à des influences « extérieures », des perversions occidentalisées, des ruptures d’avec des traditions – sans s’interroger sur leurs inventions et leurs constructions – dans le déni de l’autonomie, de la réflexion, de l’action émancipatrice des femmes pour elles-mêmes.

L’autrice revient sur l’histoire de l’Iran au XXème siècle, le dévoilement obligatoire en 1936, le rappel que les femmes travaillant aux champs ne se voilaient que peu ou pas, les reformes royales mais le maintien du Code de la famille, de la polygamie et de la répudiation… La propagande religieuse autour de la « vertu », de la « pudeur », du « zèle pour l’honneur ». Des notions qui ne seraient applicables qu’aux femmes ! Des réformes royales « progressistes » dictées par en haut et un autoritarisme conservateur, des moyens aux mosquées et aux écoles religieuses, le coup d’Etat contre le gouvernement de Mohammad Mossadegh avec la participation active de la CIA et des services secrets britanniques, les zizags politiques du parti communiste Toudeh, la réhabilitation de « l’islamisme comme alternative anticoloniale », l’œuvre d’« intellectuels islamistes modernes » et ses conséquences sur le fanatisme.

Pour l’autrice il y a dans l’Iran des années 1960, un rejet de l’universalisme humaniste au profit de la théorisation d’un islamisme émancipateur. Elle souligne la place de Ali Chariati, ses attaques contre les visions fanatisées de l’islam et contre les « perspectives démocratiques séculières et laïques ». Je ne revient pas ici sur la différence entre sécularisation (déclin du « sacré » dans les rapports sociaux) et laïcité (qui ne concerne que les rapports entre l’Etat et les pouvoirs religieux, sous des formes par ailleurs très variables dues aux histoires et aux luttes concrètes pour se dégager des pouvoirs attribués aux églises ou aux corps religieux). Ce penseur s’élève contre l’autonomie des femmes et leur liberté sexuelle, en défense de la « Sainte famille » – entre autres, lieu d’extorsion du travail gratuit des femmes, dois-je le rappeler. Il prône le « choix » du voile contre « la colonisation occidentale », comme une sorte de bannière « de lutte anti-impérialiste », d’identité « authentique » a-historique décrétée par les hommes… Assez « curieusement » les vêtures ou les modes « occidentales » des hommes ne semblent pas poser de problèmes, ni d’ailleurs – plus largement pour les courants islamistes – l’adoption des règles de marché et de la concurrence non-faussée, les conditionnalités du FMI, l’extractivisme et bien d’autres éléments centraux dans le fonctionnement du capitalisme mondialisé…

Si peut être discutable « une identité islamique révolutionnaire et émancipatrice », celle-ci ne peut qu’être construite par l’activité propre des personnes et/ou des groupes sociaux, son imposition ne peut-être ni révolutionnaire ni émancipatrice.

L’autrice souligne aussi la mise au second rang des préoccupations révolutionnaires des incitations à la non-mixité et au port du voile, la relégation des rapports sociaux de sexe à une place secondaire, une ritournelle hélas bien répandue.

Le renversement du Chah, Rouhollah Khomeini Je souligne particulièrement, les pages sur la transformation des lieux en agoras, les revendications de « droits politiques, sociaux et culturels », l’affirmation de la notion de Hezbollah « parti de Dieu », la transformation de l’islam en idéologie d’Etat, l’insensibilité des oppositions non-islamiques aux questions de démocratie et de laïcité…

Chahla Chafiq analyse, entre autres, la représentation des femmes sans voile comme étant « nues », les mobilisations du 8 mars, les discours tenus et leurs évolutions, le Comité international du droit des femmes (CIDH), la sous-estimation des droits des femmes chez les « progressistes », la défense par certain·e du nouveau pouvoir, le principe de complémentarité des sexes paravant du refus de l’égalité entre les personnes, l’instrumentalisation de l’identité à des fins de pouvoir et de domination, la question des violences sexistes, la naturalisation de la différence des sexes, la sacralisation d’une hiérarchie sexuée et sexiste…

Elle nous invite à penser avec Simone de Beauvoir « la solidarité féministe » et à réfléchir sur cette Constitution donnant autorité au guide suprême religieux, l’utilisation de la terreur pour formater de « vrai·es musulman·es », les ruses de l’ordre établi « au nom de Dieu ». L’autrice décrit les évolutions de la situation des femmes, leur taux de réussite à l’université, leur part dans l’enseignement, la baisse du taux de fécondité et les « obstacles dressés par le système pour entraver l’accès des femmes à l’emploi », le phénomène du « mauvais voile », la cyber-dissidence, le creusement des inégalités, les discriminations entre musulman·es et non-musulman·es et au « sein de la communauté des croyant.es », la répression contre les derviches ou des aspirations mystiques, les interdits contre les minorités nationales, la transformation judiciaire des délits en péchés…

Il y a donc une certaine raison à revenir au « deuxième sexe », « La figure de la philosophe sert aussi parfois de médium pour dire à la fois la réalité du vécu et les rêves de l’amour », à la question du statut des femmes et aux rapports sociaux de sexe. Outre les points déjà évoqués, Chahla Chafiq aborde les interventions des religieux, la tutelle masculine, la recherche de l’amour libre, les « mariages blancs », la visibilité croissante des personnes homosexuelles… Elle nous invite à relire de manière critique Fatima Mernissi (En complément possible, Le monde n’est pas un harem. Paroles de femmes du Marocenergie-et-luttes-quotidiennes-de-femmes/ ou Sexe, idéologie, islamcontradictions-dans-les-institutionnalisations-des-rapports-sociaux-de-sexe/).

L’autrice expose les idées du féministe islamique réformateur (En complément possible, Islam & Laïcité : Existe-t-il un féminisme musulman ?ce-qui-lient-les-habitant·es-du-monde-entier-en-leur-humanite-commune/). Le caractère réformateur de celui-ci n’est pas en soi un problème. La volonté d’une lecture historicisée des textes de référence de la religion est un authentique travail politique pour celles et ceux concerné·es par les relations au prophète ou à dieu. Il peut aussi découler des conditions extrêmes dans lesquelles se forgent les oppositions. Ce travail fait en Malaisie, à conduit des  féministes islamiques à souligner que si l’islam est le fondement de la loi « tous les citoyens, quel que soient leur religion, sexe et expertise en matière de religion, ont le droit de participer au débat dans la mesure où les lois et les politiques les concernent directement ». En effet que dire d’une loi générale qui exclut (discrimine) une partie des citoyen·nes dans son fondement même. Au sens plein, si une religion devient celle de l’Etat alors toustes deviennent compétent·es pour en discuter. « Quand l’islam sert de base juridique et politique pour administrer la population et la vie privée des citoyens, le gouvernement ne peut empêcher aucun citoyen, quel que soit son ethnie, sons sexe, sa religion, d’intervenir dans les débats ». Se pose alors concrètement soit la démocratisation des décisions – dont les décisions religieuses – ou du cadre de l’énonciation du droit, soit la séparation entre les pouvoirs (laïcité) soit l’affirmation assumée du caractère discriminatoire de la loi…

Quoiqu’il en soit, il faut être sourd·es pour ne pas entendre les craquements, ces refus de la tutelle des mollahs et de cette utopie totalitaire religieuse, le déni de l’individualité des femmes au nom « de la complémentarité des sexes et de l’« équité » islamique », les espoirs de liberté et de la fin de cet écran derrière lequel se déroule la vie réelle… Les dirigeants de cette théocratie sont bien aidés par la politique d’embargo de Donald Trump. Ils défendent et défendront, comme tous les dominants, leurs privilèges en utilisant la force qui n’est en rien « islamique ».

Mais gageons que les manifestations récentes, des femmes ôtant leur foulard, aux slogans « De l’islam, tu as fait ton tremplin / Au peuple tu casses les reins » ou « Armes, tanks, tirs / Que le mollah se tire » sont, avec bien des éléments soulignés par l’autrice, des expressions d’espoir de la société iranienne, de l’espérance séculière en l’égalité et la liberté où les femmes prendront, non une place « complémentaire », mais bien toute leur place…

 En complément, je considère que la conception de l’universalisme qui se dégage des analyses de l’autrice, est inadéquat, car ne prenant pas en compte les « diverses formes d’être au monde, en les plaçant et pensant à égalité » (voir sur ce sujet, Tumultes : Pluriversalisme décolonialSous la direction de Zahra Ali et Sonia Dayan-Herzbrunpromouvoir-les-diverses-formes-detre-au-monde-pour-legalite-et-la-liberte/). Dit autrement, si l’idée d’une continuité d’aspiration humaine est bien un ferment émancipateur, un véritable universalisme ne peut être que concret et historique. Il est dommageable de plier les situations dans un seul modèle (dont la valorisation sans prendre en compte ses contradictions est problématique), même inspiré par l’égalité et la démocratie  (mais ni la démocratie, ni l’égalité ne sont un déjà-là)

Et si les imaginaires religieux ne se laissent ni enfermer ni réduire dans les religions, si les aspirations religieuses ne peuvent être analysées hors des rapports sociaux (en illustration possible, Maxime Rodinson : Islam & capitalismele-role-dune-religion-en-tant-quideologie-mobilisatrice-ou-non-ne-peut-etre-pense-independamment-des-rapports-sociaux-et-de-leurs-perceptions/; un autre point de vue est développé par Alain Brossat et Alain Naze dans : Quand Maxime Rodinson calait devant la spiritualité politique et réglait ses comptes avec Michel Foucault (et la philosophie en général)quand-maxime-rodinson-calait-devant-la-spiritualite-politique-et-reglait-ses-comptes-avec-michel-foucault-et-la-philosophie-en-general/), leur saisissement dans les mobilisations contre un ordre établi doit être précisément appréhendé. Cela permet de comprendre l’expression située d’aspirations à la dignité et l’égalité, et aussi, faut-il le souligner, les risques de captation ou de confiscation par des couches sociales aux intérêts bien privés. Il est illusoire de penser que les pouvoirs religieux s’intéressent principalement à la religion. Et l’inégalité est une cause et un effet des rapports sociaux de domination.

Chahla Chafiq : Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir

Editions iXe, Donnemarie-Dontilly 2018, 182 pages, 16 euros

Didier Epsztajn


En complément sur l’Iran :

Houshang Sepehr : Iran. Un tournant politique radicaliran-un-tournant-politique-radical/

On ne doit pas traîner dans la boue les manifestations pacifiques en Iran : déclaration de militant.es iranien.neson-ne-doit-pas-trainer-dans-la-boue-les-manifestations-pacifiques-en-iran-declaration-de-militant-es-iranien-nes/

Deux tribunes pour un soutien international à la révolte populaire en Irandeux-tribunes-pour-un-soutien-international-a-la-revolte-populaire-en-iran/

Yassamine Mather : Mobilisation des Iraniens face aux mollahs capitalistesmobilisation-des-iraniens-face-aux-mollahs-capitalistes/

Babak Kia : Iran. L’ensemble du régime en point de mirelensemble-du-regime-en-point-de-mire/

Babak Kia : La République Islamique d’Iran : Une dictature capitaliste, réactionnaire et corrompuela-republique-islamique-diran-une-dictature-capitaliste-reactionnaire-et-corrompue/

Djafar Azimzadeh Iran : de la prison d’Evin, Téhéraniran-de-la-prison-devin-teheran/

Rim Ben Fraj : Devant ou derrière la caméra, les femmes iraniennes crèvent l’écrandevant-ou-derriere-la-camera-les-femmes-iraniennes-crevent-lecran/

Pas de modération de la répression contre les syndicalistes en Iranpas-de-moderation-de-la-repression-contre-les-syndicalistes-en-iran/

Courrier intersyndical à l’occasion de la visite du représentant de la dictature iranienne…, courrier-intersyndical-a-loccasion-de-la-visite-du-representant-de-la-dictature-iranienne/

Behrooz Farahany Protestations ouvrières et répression d’Etat en Iranprotestations-ouvrieres-et-repression-detat-en-iran/

2 réponses à “Tourner le dos à ce monde sans rêves, sans égalité, sans liberté

  1. Monique-Elisabeth Perrot-Lanaud

    Bonjour,
    bravo pour votre site.
    Je n’ai pas trouvé « qui sommes-nous » ou « à propos ».
    Donc : qui êtes-vous ?
    Elisabeth Perrot-Lanaud

    • Sans l’avoir choisi, membre d’une génération marquée par les deux étoiles criminelles du nazisme et du stalinisme, lecteur curieux et errant du présent et du passé, autodidacte toujours au futur.
      Etudes secondaire dans un lycée dénommé Faidherbe en souvenir d’un criminel de guerre colonialiste, syndicaliste dans le secteur bancaire, expert auprès des comité d’entreprise (CE).
      Favorable aux métissages du rouge, du noir, du violet et du vert, mais détestant les alliages rouge-brun…
      Commet quelques fois, avec des complices, des coordinations ou des introductions d’ouvrages aux éditions Syllepse (La France des années 68, Otto Bauer : La question des nationalités, Guide du Paris colonial et des banlieues)
      cordialement
      Didier

      Trop souvent, la pensée émancipatrice fait l’impasse sur certains domaines, ânonne des évidences sans doutes, évite d’emprunter certains sentiers peu fréquentés ou perd la mémoire des réflexions antérieures. La vulgate marxiste, les réductions économistes ou sociologiques, les lectures sans espérance dominent trop souvent, pour que les lectrices et les lecteurs ne soient plus attentives ou soucieuses (graphie volontaire) de recherches iconoclastes, de démarches exploratrices, non abouties ou parsemées d’interrogations. Donner envie de lire, susciter la curiosité et le désir de mieux cerner les réalités, en pointant des éventuelles difficultés ou les disputes souhaitables. Privilégier l’ouverture et ne pas être un substitut à la lecture, évitement de l’appropriation directe, même partielle, de l’ouvrage. Prendre éventuellement position mais ne pas trancher les débats, essayer de présenter les divergences ou les problématiques mais ne pas figer les réponses, donner quelques fois, des appréciations sans dénier d’autres points de vue. Nous essayons de présenter, ici, certains ouvrages de manière « sympathique » en privilégiant des paroles d’auteur-e-s.

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