Les petits arrangements avec la vérité…

Dans l’éditorial, sont évoqués le « cirque médiatique », la course à la provocation et la surenchère, la captation d’audience, la financiarisation du paysage médiatique, la circulation circulaire des polémiques et leurs répétitions, le formatage des émissions de télévision, la surreprésentation de certain·es dans les grands médias, la dépolitisation de la politique, la promotion des thèmes chers à l’extrême-droite… « Tant que cet ordre médiatique ne sera pas radicalement remis en cause et donc posé comme une question politique, on aura beau sortir tous les Zemmour qu’on voudra par la porte, d’autres reviendront instantanément par la fenêtre ».

 

Sommaire :

Le Zemmour Tour 2018

« Rencontres d’Aix » : au service des puissants

Reworld Media, contre le journalisme

Plateformes numériques et droits voisins

Fries, un privatiseur à la tête de l’AFP

L’Amérique latine en 2 minutes

La Palestine n’intéresse personne

France 24 ou Françafrique ?

McCain dans les médias français

Les mots médiatiques sont importants

« Questions directes », ou comment saboter le débat public

« Une si longue attente »

Eric Zemmour un polémiste de la droite-extrême, une sorte de « superstar » omniprésente dans le paysage médiatique, la promotion obscène – sous le nom de journalisme – de son dernier livre… « Mais lorsque le débat public et médiatique est à ce point accaparé par une personnalité et cadré selon les sujets et les questions qu’elle pose, la place accordée à d’autres auteurs, d’autres ouvrages, d’autres thématiques et d’autres points de vue en est réduite d’autant »…

En complément possible :

Gérard Noiriel : Éric Zemmour, le voleur d’histoireeric-zemmour-le-voleur-dhistoire/

 

« Rencontres économiques ». La pensée économique néolibérale n’a pas de frontière dans le paysage médiatique actuel… Comme la revue le souligne, « les pratiques piétinant toute déontologie journalistique, au profit du réseautage et de l’entre-soi, vont toujours bon train ». Des soi-disants débats et leur monopolisation par des factions de l’oligarchie, leur sabir et leurs marottes anti-démocratiques, des rencontres où les un·es et les autres s’alignent de manière inconditionnelle sur les poncifs de l’idéologie néolibérale, la valorisation de « bienfaits » de politique qui ne profitent qu’à certain·es et accroissent les inégalités, la servilité des présentateurs et présentatrices, la faillite d’un certain journalisme par l’abandon de son indépendance et du pluralisme nécessaire à la dispute démocratique, « la plupart des grands médias légitiment le libéralisme en situant exclusivement dans ce périmètre leur ligne économique »…

Je souligne l’article sur les plateformes numériques, les « droits voisins », la place de la publicité et l’inféodation aux annonceurs, les aides publiques aux industriels et financiers – les véritables assistés -, les questions du pluralisme et de la précarité…

L’AFP, une nouvelle direction, la répétition d’une mauvaise histoire d’appropriation par les technocrates, de catéchisme libéral et de privatisation…

Le découpage temporel et le journalisme à la minute. Un exemple donné, le traitement de la situation en Amérique du Sud en… deux minutes !, un dessous des cartes bien réducteur, l’absence de causes économico-sociales ou responsabilités politiques…

La désinvolture d’un certain journalisme dominant, l’assertion que certains sujets n’intéresseraient pas, la confusion entre des enjeux professionnels et les attentes des publics, l’exemple de la Palestine…

J’ai aussi été particulièrement été intéressé par l’article sur le traitement de l’histoire de John McCain, une canonisation dépolitisée, l’oubli bien volontaire de certaines de ses positions – une forme d’amnésie, les petits arrangements avec la vérité, l’euphémisation et « l’art du portrait médiatique, ou la dépolitisation en acte », la place disproportionnée des « éléments biographiques et personnels » ou un certain commérage autour de l’information-spectacle, les obsèques d’un homme ré-habillé – et blanchi de ses orientations et actes politiques – par les éditocrates…

Les mots, les abus de langage, la banalisation de crimes, les symétries inventées, les déformations et les désinformations, la novlangue déployée, le « chic et le choc », les travestissements du langage, les altérations de la pensée…

Monique Pinçon-Charlot prise au piège dans une parodie de débat…

Une nouvelle fois, l’œil et l’oreille de la critique sur des médias dominants. Nécessaire.

.

Médiacritique(s) N°29 – oct.- dec. 2018

Le magazine trimestriel de l’association Acrimed

32 pages, 4 euros

Didier Epsztajn

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