Communiqué USTKE suite au référendum du 4 novembre 2018

La consultation électorale du 4 novembre 2018 portant sur l’accession du Pays à sa pleine souveraineté et à l’Indépendance a rendu son verdict avec la victoire du NON. 53,7 contre 43,3.

Victoire plus serrée que prévue qui a mis sérieusement en doute la fiabilité des sondages qui prédisait un score plus large en faveur de l’option du NON, certains comme P. GOMES, député de Calédonie Ensemble, avait même avancé un 70 contre 30, mais victoire quand même au bout du compte. 

L’USTKE dans son XVIème Congrès tenu les 7 – 8 et 9 septembre dernier à Ko Wé Kara avait fait le choix de ne pas y aller à cette consultation suite à un vote démocratique où une très large majorité a choisi l’option de la « Non participation ».

C’est une décision qui a été mûrement réfléchie et qui s’est appuyée sur les rapports des 10 fédérations qui ont tour à tour défilé à la tribune pour étayer leurs arguments. S’y ajoute également concernant cette décision, le rapport du bureau confédéral intégré dans le bilan de la mandature.

Le fil rouge qui a guidé en permanence la réflexion des délégués et responsables USTKE, a été axé bien entendu sur le bilan social des Accords politiques et les résultats attendus au niveau du rééquilibrage, de l’accès des kanak aux postes à responsabilité, de la question du logement et des inégalités sociales en général.

« 1988 – 2018 : 30 Ans d’Accords et des inégalités toujours plus fortes »

Ce slogan avait déjà été au centre des discours de notre 1er Mai 2018. Il a de nouveau été choisi pour être le point de convergence des analyses et constats ayant présidé au choix de l’option de la « Non-participation » retenu par le XVIème Congrès.

A cette analyse sociale, vient bien entendu s’ajouter l’argumentaire politique avec la non-sincérité de la liste électorale spéciale appelée à se prononcer à ce scrutin d’autodétermination. Or, ce n’est un secret pour personne que cette liste a fait l’objet de divers rajouts et modifications lors des différents Comités des signataires depuis l’Accord de Nouméa de 1998, qui ont eu pour conséquence de minorer encore plus la représentation kanak et de préparer en amont les conditions de la victoire du NON.

Résultat des courses : pour un scrutin d’autodétermination, on recense plus de non-colonisé – 95 000 que de colonisés – 80 000.

Un point positif important est à relever : la forte participation de la jeunesse kanak qui s’est fortement mobilisée pour faire connaître son point de vue. Et qui s’est appropriée cette consultation comme un exutoire à sa colère, à force d’être marginalisée, discriminée et profondément ignorée dans son Pays.

L’ONU, instance internationale qui a suivi de près l’organisation et les modalités de déroulement de cette consultation a du pain sur la planche. Elle est beaucoup plus habituée à suivre des processus de décolonisation où le peuple autochtone, représentant les colonisés, est majoritairement représenté. Ce qui est somme toute logique puisque fidèle au principe du droit des peuples sous tutelle coloniale à disposer d’eux-mêmes.

Quelles perspectives au lendemain de la situation créée par la victoire du NON ?

L’USTKE à son XVème Congrès à Lifou en décembre 2015 a voté à l’unanimité une motion politique indiquant clairement et sans aucune ambiguïté la nécessité de faire converger l’ensemble des forces indépendantistes progressistes et nationalistes du Pays pour gagner la bataille du référendum de 2018. Cette résolution a été prise 3 ans avant l’échéance concernée ; on a eu le temps pour créer ces conditions visant à faire de l’Unité une exigence et une responsabilité pour faire gagner le OUI.

Mais force a été de constater que les tentatives conduisant à cette stratégie d’unité du mouvement indépendantiste n’ont pas été couronnées de succès et ont fait l’objet d’une fin de non-recevoir.

Ce qui tend à démontrer que la problématique liée à l’Unité du mouvement indépendantiste, a toujours constitué une priorité et un souhait permanent pour l’USTKE à partir du moment où elle se fait sur des bases claires et partagées. Ce qui nous semble tout à fait réalisable pour peu qu’on fasse un peu taire ses égos de part et d’autre et que le seul intérêt qui nous anime soit celui du Peuple kanak et des travailleurs de ce Pays. Pour construire enfin une société plus juste, solidaire et fraternelle, soucieuse du bien-être de sa population et enfin débarrassée de ces privilèges hérités de l’Histoire coloniale du Pays.

A Nouméa, le 13 novembre 2018

Pour le Bureau confédéral 

Le Président

André FOREST

http://ustke.org/actualites/actualite-politique/Communique-USTKE-suite-au-referendum-du-4-novembre-2018-at_1016.html

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