La violence inouïe derrière les mots et les insultes sexistes

« Et face à ce qui prend parfois la matière d’un dilemme, notre capacité à culpabiliser, entretenue par notre société, est immense… Ces tensions forment le cœur d’un numéro de novembre qui apostrophe aussi le niveau politique, à qui nous déléguons une grande part de notre pouvoir d’agir »

Sabine Panet, dans son éditorial, Contradictions et concessions, parle du passage d’un engagement à une action collective, des tensions et des contradictions engendrées, des concessions faites, de la fabrique des inégalités, du refus de céder…

.

Dossier : A insultes sexistes, solutions féministes

« Mais si les mots se font instruments de domination, ils peuvent également être des outils de résistance à la dévalorisation des femmes »

Le continuum de la violence verbale, le poids des mots, la caisse de résonance joué par l’espace public numérique, les archétypes de « la femme », les clichés essentialistes, les termes injurieux, « salope », la place des femmes dans la société, l’imaginaire social et la disqualification… et l’art de manier l’injective plutôt que l’insulte, le retour au sens originel des mots (voir par exemple, Florence Montreynaud : Le roi des cons. Quand la langue française fait mal aux femmescertains-mots-donnent-du-pouvoir-dautres-en-otent/)

Dans son interview, Anaïs Bourdethttps://www.axellemag.be/rencontre-anais-bourdet/, aborde l’effet masse sur Internet, le harcèlement sexiste, la création d’affiche à partir des pires insultes sexistes, le retournement de la violence en quelque chose de positif, « Maintenant, dès que je reçois une insulte originale, qui sort du lot, je dis merci et j’en fais une affiche. C’est ma vengeance et ça me fait du bien. », ce qui rend les femmes visibles…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle :Brésil, l’appel de Ludimilla Teixeira, « Femmes unies contre Bolsonaro », bresil-manifeste-des-femmes-unies-contre-bolsonaro-sao-paulo/

  • Les « enfants né·es sans vie », la mise en concurrence avec le droit à l’avortement

  • Le sexisme dans l’espace public, « Par ce qu’elle concerne toutes les femmes, la lutte contre le sexisme dans l’espace public doit aussi être collective »

  • Le recyclage capitaliste et néolibéral d’un certain féminisme, le détournement des messages pour restructurer et renforcer l’oppression et les mécanismes d’exploitation des femmes  – « et des femmes entre elles » – « Au détriment d’une répartition plus égalitaire des tâches au sein du couple et du combat pour une prise en charge collective du soin aux autres » les retournements de clichés pour développer une nouvelle clientèle et des profits, la promotion de l’individu·e « libre et sans entraves, occupé à son propre développement personnel », l’ampleur du travail non rémunéré pris en charge par les femmes…

  • Sorcières d’hier et aujourd’hui, https://www.axellemag.be/mona-chollet-sorcieres/, un entretien avec Mona Chollet autour de son livre : Sorcières.La puissance invaincue des femmes (voir note de lecture : une-vie-a-soi-lautonomie-comme-condition-de-lemancipation/), le lien entre assignation à la beauté et assignation à une domesticité idéale, le pouvoir de vivre seul·e, les injonctions à la maternité et au foyer, les retournements de responsabilité et la « chasse aux sorcières » suite au mouvement #MeToo, des accusatrices trainées dans la boue, l’histoire des sorcières et la propagande misogyne, la peur de vieillir et les cosmétiques, « Ce sont des fioles, des flacons, la promesse d’une transformation »…

  • Rukmini Vaderapura Puttaswany, tisseuse de dignité, le secteur de l’habillement en Inde, le syndicat GLU dont le comité exécutif est exclusivement féminin, la solidarité international, le Fair Wear Foundation et les principes conducteurs inspirés de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de la Déclaration des droits humains, le « salaire vital »…

  • Eternelles coupables. La fonction sociale de la culpabilité, son apprentissage genré, ses effets ; la culpabilité féminine comme outil très efficace pour la répartition inégalitaire des tâches ; l’égalité et le champ des émotions…

  • Qui dit féline, dit félin. Quand Benoîte « retourne les situations comme des chaussettes », la cougar et le panthère…

  • La Barbe à Liège

  • L’histoire avec un grand Elles : Nellie Bly, pionnière du journalisme d’investigation.

  • et toujours de riches rubriques : culture et informations internationales.

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axell213, novembre 2018, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.