Pittsburgh : l’antisémitisme « blanc » n’a pas disparu

11 morts et 6 blessés dans une synagogue du fait d’un tueur WASP (White Anglo-Saxon Protestant), surgi du cœur de l’Amérique profonde, celle qui a voté Trump…

Depuis des années, nous vivions dans une illusion : comme l’extrême droite était devenue islamophobe, comme, selon l’adage, « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », elle aurait cessé d’être antisémite. Pour s’occuper des Arabes comme il convient à leurs yeux, Netanyahou faisait très bien le job. Pour les Dewinter, Wilders et autres Le Pen (fille), mieux valait mettre son antisémitisme en sourdine.

Dans la douce torpeur de l’Europe démocratique, on pouvait imaginer que le vieil antisémitisme avait disparu. L’Occident avait rapatrié les Juifs dans la « civilisation judéo-chrétienne », une fiction qui n’a jamais existé. On se persuadait que le seul danger qui menaçait les Juifs, ceux de la diaspora comme ceux d’Israël, venait du terrorisme islamique et, plus largement, de « l’islam ». Quelques crimes odieux (Toulouse, Hyper Cacher, musée juif de Bruxelles) accréditaient cette thèse.

Ouvrons les yeux. En Europe de l’Est, et notamment en Pologne et en Hongrie, les nouveaux nationalismes identitaires ne font pas le détail. Leur xénophobie vise indistinctement les nouveaux migrants et les seules minorités qu’ils ont jamais connues sur leur sol : les Juifs et les Tziganes. Le pas de deux entamé par Netanyahou avec le hongrois Orban et le polonais Kaczynski montre que, quand il s’agit de défendre le « privilège blanc » en Europe ou le « privilège juif » en Israël/Palestine, certains sionistes peuvent très bien s’entendre avec des antisémites.

L’attentat de Pittsburgh confirme que la lutte contre l’antisémitisme est une bataille permanente. Rien n’est jamais gagné. Outre Atlantique, Trump a libéré la parole des bas-fonds. Demain ce sera le Brésil. En Europe, la gangrène a gagné la Grèce (Aube dorée) et l’Italie commence à être contaminée.

Pour mener cette bataille, les Juifs ne peuvent pas se prêter à la manœuvre de politiciens qui, tels Manuel Valls en France ou Bart De Wever en Belgique, veulent les opposer à d’autres minorités particulièrement discriminées. Ils doivent se distancier avec éclat des néoconservateurs au pouvoir à Jérusalem qui pactisent ouvertement avec des dirigeants européens à la mémoire courte, voire franchement racistes. C’est avec ces autres minorités qu’il s’agit de faire bloc.

UPJB

https://upjb.be/actualite-pittsburgh-lantisemitisme-blanc-na-pas-disparu/?

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