Sanaz Ahmadi : Les prisonnières ont-elles des droits ?

Kajsa Ekis Ekman a écrit la semaine dernière un article à propos d’un Suédois, Kristoffer Johansson*, qui sera bientôt transféré de la prison pour hommes de classe 1 (sécurité maximum) à la prison de sécurité pour femmes de classe 2. Il n’y a pas de prison pour femmes de classe 1 en Suède. Devinez pourquoi… #peaktrans #féminisme radical #marxisme #swepol

Nous ne pouvons plus dorloter les émotions des hommes. Kristoffer Johansson a violé une femme, Vatchareeya Bangsuan. Il a étalé son sperme sur sa victime, puis l’a assassinée et débitée en morceaux. Il a ensuite feint de s’inquiéter de sa disparition et s’est joint à l’équipe de recherche de son cadavre. Le massacre de Vatchareeya Bangsuan fait partie de la terreur infligée par les hommes aux femmes.

Le meurtre de Vatchareeya illustre une terreur avec laquelle les femmes grandissent et qui est normalisée par les institutions sociales. Ce n’est pas un hasard s’il était un homme et qu’elle était une femme. Et le fait que les émotions de Kristoffer aient aujourd’hui priorité sur la vie de femmes est une conséquence naturelle du patriarcat institutionnalisé.

Le fait que la vie de Vatchareeya en tant que femme de couleur ne valait tellement rien que la peine de Kristoffer ait été réduite de moitié et le chef de meurtre réduit à celui d’homicide involontaire n’était pas un crachat suffisamment gros jeté au visage des femmes. Maintenant, des femmes qu’il n’avait pas encore atteintes se feront également cracher dessus.

Un homme si perturbé sur le plan psychosexuel qu’il aime massacrer sexuellement des femmes aime aussi porter la peau des femmes. C’est ce qui se passe dans la tête de Kristoffer quand il porte son costume féminin : il porte la peau des femmes, une forme d’autogynéphilie.

Il n’est pas étrange qu’un homme aussi perturbé sur le plan psychosexuel soit fatigué d’être entouré d’autres hommes. Il n’est pas étrange qu’il préfère être entouré de femmes sur lesquelles il a un avantage patriarcal et qu’il aime sexuellement torturer, terroriser et tuer.

Quiconque est assez naïf pour penser que Kristoffer est menacé par les hommes parce qu’il éprouve quelque indéfinissable « sentiment d’être femme » devrait se demander pourquoi c’est la responsabilité des femmes de résoudre les problèmes des hommes ? Les hommes peuvent résoudre leurs problèmes entre eux.

Les femmes n’ont pas le pouvoir de résoudre les problèmes des hommes et nous ne devrions avoir aucun intérêt à le faire. Si les hommes menacent d’autres hommes, c’est le problème des hommes. Les hommes sont pleinement capables de résoudre leurs problèmes et n’ont pas besoin des femmes pour se sauver d’eux-mêmes.

Les femmes n’existent pas au bénéfice des hommes. Les femmes n’existent pas en tant qu’étreinte chaleureuse ou en tant que centre de réhabilitation pour les hommes qui ont connu des expériences difficiles.

Les femmes incarcérées ont le plus souvent subi des traumatismes sexuels depuis leur enfance. Elles ont été soumises à la pire terreur patriarcale de la part de leurs pères, de leurs frères, puis d’hommes qui prétendaient les aimer.

L’envoi de Kristoffer dans une prison pour femmes est pour lui l’ultime confirmation psychosexuelle. Pour les détenues, c’est la continuation de la même terreur qu’elles ont endurée toute leur vie. Et maintenant, elles ne peuvent même plus s’enfuir.

Je n’ai même pas mentionné le fait qu’aucun traitement médical n’est nécessaire pour que Kristoffer change de sexe légal. Il peut le faire parce que la Femme n’est plus une réalité biologique et matérielle. La Femme est maintenant un sentiment qu’éprouve un homme.

La huitième règle de la misogynie se lit comme suit : « Les hommes sont ce que les hommes disent être, et les femmes sont ce que les hommes disent qu’elles sont. »

Kajsa Ekis Ekman ne peut pas s’opposer seule à la misogynie de l’idéologie trans. Sœurs suédoises, vous devez vous joindre à nous et élever la voix. Les hommes savent qu’ils ne peuvent pas diviser les féministes, alors ils ont décidé de se nommer femmes pour nous diviser de l’intérieur.

Sanaz Ahmadi (Suède)

Transcrit et traduit du fil Twitter de l’autrice : https://twitter.com/kirakiradoll

(* NDT : On trouvera quelques informations en anglais sur ce forum : https://bit.ly/2QSGQMl)

https://tradfem.wordpress.com/2018/09/25/les-prisonnieres-ont-elles-des-droits/

De Kajsa Ekis Ekman :

Extrait de l’ouvrage : L’être et la marchandise. Prostitution, maternité de substitution et dissociation de soiextrait-de-louvrage-de-kajsa-ekis-ekman-letre-et-la-marchandise-prostitution-maternite-de-substitution-et-dissociation-de-soi/

Note de lecture : la-transgression-fetichiste-des-frontieres-se-differencie-de-la-dissolution-revolutionnaire-des-memes-frontieres/

« La puta y la virgen representan a dos industrias en el mercado », kajsa-ekis-ekman-la-puta-y-la-virgen-representan-a-dos-industrias-en-el-mercado/

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