Claudie Weill

Une mauvaise nouvelle vient d’arriver, celle du décès de Claudie Weill. Chercheuse, historienne du mouvement ouvrier.

Née pendant l’Occupation, enfant cachée (1) au Chambon sur Lignon pour échapper à l’extermination, son engagement s’était porté sur des thèmes qui nous sont chers : internationalisme, question nationale, migrations, Rosa Luxemburg.

Elle avait été de l’aventure de la revue Autogestionpuis des comités de rédaction de L’Homme et la société et de Matériaux pour l’histoire de notre tempségalement impliquée dans le Groupe de recherche sur les mouvements étudiants (Germe) et le réseau sur l’histoire des migrations étudiantes.

Nous avions publié Les Cosmopolites : Socialisme et judéité en Russieen 2004 (2), réédité grâce à elle, avec une préface inédite, le livre d’Otto Bauer (3), La Question des nationalités,et elle était en train de réviser l’édition française deFriedrich Engels et les « peuples sans histoire » de Roman Rosdolsky (4). Elle avait accepté de mettre en œuvre une réédition enrichie de L’Internationale et l’autre : les relations inter-ethniques dans la 2einternationale qu’elle avait publié en 1987).

Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre, c’est de faire vivre et faire connaître son œuvre.


(1) Manifeste des enfants cachés : « Sans la solidarité de délinquants, nous ne serions pas là »sans-la-solidarite-de-delinquants-nous-ne-serions-pas-la/

(2) Comment les socialistes juifs russophones de l’empire russe – sociaux-démocrates (bolcheviks et mencheviks), socialistes révolutionnaires – ont-ils négocié leur judéité ? Cette interrogation permet d’apporter des éléments de réponse à la lancinante question de savoir qui est Juif et de faire la part, en particulier, des attitudes diverses face à l’assignation identitaire, à l’identité imposée par autrui.

En l’absence de citoyenneté, en effet, les Juifs de l’empire russe n’ont pas pu devenir des citoyens de confession juive. Ils ont été cantonnés dans la catégorie extensible des « allogènes»  servant à désigner tous les non-Russes, non-orthodoxes.

Dans un système d’ancien régime, les Juifs étaient considérés comme une nationalité, voire comme une nation pré-moderne, comme ils ont pu l’être dans la France d’avant la Révolution.

https://www.syllepse.net/les-cosmopolites-_r_76_i_219.html

(3) introduction-de-claudie-weill-a-la-reedition-de-louvrage-dotto-bauer-la-question-des-nationalites/

(4) https://www.syllepse.net/friedrich-engels-et-les-peuples-sans-histoire–_r_21_i_734.html

 

 

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