Journal des Éditions Syllepse N°57 – 1er septembre 2018

LES LIVRES DE LA RENTRÉE

AFROFEM

Collection : « Nouvelles Questions Féministes »

MWASI, COLLECTIF AFROFÉMINISTE

« Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l’État au travers de l’école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).

Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être « sauvées » par qui que ce soit.

Femmes noires et afro-descendantes, nous désignons l’État français, le « féminisme » blanc dominant et le racisme d’État comme des ennemis politiques.

Notre seule préoccupation est d’être à la hauteur des idées, des pratiques et de l’héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l’impérialisme, l’hétéro-patriarcat et le capitalisme.

Nous avons choisi l’afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système, un système débarrassé du racisme, de la domination masculine et du capitalisme.

Nous faisons le choix de l’organisation politique autonome et de la libération comme horizon.

Ce livre est notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine. »

https://www.syllepse.net/afrofem-_r_37_i_737.html

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AZF/TOTAL, RESPONSABLE ET COUPABLE

Collection : « Le Présent Avenir »

Coordinateurs : Rémy Jean, Philippe Saunier

L’explosion d’AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, a été l’accident industriel le plus dramatique depuis l’après-guerre en France.

Ce livre a été écrit à la suite du jugement du 31 octobre 2017 de la cour d’appel de Paris qui a condamné l’entreprise et son directeur pour manquements à leurs obligations de sécurité, après seize ans de procédures et de manœuvres. Il revient sur les causes de l’explosion, expose la complète responsabilité de l’industriel et témoigne du long combat des victimes pour que cette responsabilité soit reconnue.

Quatorze acteur·trices de ce combat – militant·es associatif·ves, syndicalistes, avocat·es, représentant·es du personnel, chercheur·euses et expert·es en santé et sécurité au travail – prennent ici la parole. Ils·elles donnent à voir toutes les facettes de la stratégie du groupe Total pour masquer ce qu’il savait, échapper à la sanction et continuer à faire primer ses intérêts économiques sur les impératifs de sécurité. Ils mettent également en lumière le laisser-faire injustifiable des institutions publiques envers cette multinationale.

Un livre écrit pour que soient tirés les enseignements permettant de prendre les dispositions pour éviter qu’un autre AZF ne survienne et qui paraît à l’occasion du 17e anniversaire de la catastrophe.

https://www.syllepse.net/azf-total-responsable-et-coupable-_r_37_i_747.html

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LE PREMIER ÂGE DU CAPITALISME (1415-1763)

Tome 1: L’expansion européenne

Alain Bihr

Coédition Page 2 (Lausanne). Les tomes suivants paraîtront en 2019

La montée en puissance contemporaine des « pays émergents », au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des « dragons » sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan…), oblige à réinterroger voire à réviser l’histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l’Europe occidentale, au sein de cette dernière n’avait été qu’un accident dont les conséquences seraient en train de s’épuiser et une parenthèse en train de se refermer.

Cet ouvrage soutient que, si l’Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l’élément moteur et dirigeant, c’est à son emprise sur le restant du monde qu’elle l’a d’abord dû. Ce premier tome revient sur l’acte inaugural de ce processus : l’expansion dans laquelle elle s’est lancée en direction des continents américain, africain et asiatique à partir du 15e siècle et qui se poursuivra au cours des trois siècles suivants. Cet ouvrage décrit et analyse les deux formes fondamentales de cette expansion : commerciale et coloniale. Il en précise les principaux acteurs : les États et leurs agents, les compagnies commerciales, les diasporas marchandes, la foule des migrants anonymes, etc. Il en donne le résultat global : la constitution d’un premier monde centré sur l’Europe occidentale dans l’exacte mesure où c’est par elle et pour elle que les autres continents vont se trouver interconnectés et progressivement extravertis.

L’ouvrage s’attache à montrer qu’à travers les comptoirs commerciaux ouverts sur leurs côtes autant que par le biais des territoires occupés et colonisés dans leurs arrière-pays, des régions entières de ces continents ont commencé à être soumises à un processus d’exploitation et de domination. Ce processus opère par le biais du commerce forcé et déloyal, par l’échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l’esclavage de leurs populations.

Il explique ainsi comment les sociétés locales ont vu leurs propres circuits d’échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. De la sorte, elles furent subordonnées aux exigences de la dynamique de formation du capitalisme en Europe même.

Mais, loin de verser dans une sorte de misérabilisme à l’égard des pays et populations en proie à l’expansion européenne, l’ouvrage insiste au contraire sur la résistance qu’ils ont su lui opposer, en la tenant souvent en échec. Résistance cependant inégale, fonction de leur développement historique antérieur et des structures sociales toujours singulières auxquelles il avait abouti.

C’est pourquoi l’ouvrage consacre également une grande attention à l’état de chacune des sociétés que les Européens vont aborder au cours de leur expansion. Il fournit de la sorte un panorama du monde à l’aube de cette dernière.

En dernier lieu, cette analyse de l’expansion européenne tente d’expliquer les divergences qui vont surgir entre les États européens quant au calendrier selon lequel ils vont se lancer dans cette aventure et les formes qu’ils vont y privilégier. Elle se penche également sur les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises.

Enfin elle souligne les bénéfices fort inégaux que les divers États européens vont retirer de leur expansion outre-mer, dont la pleine explication est cependant renvoyée aux deux tomes suivants de l’ouvrage.

https://www.syllepse.net/le-premier-age-du-capitalisme-1415-1763–_r_21_i_732.html

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KURDISTAN

Écologie, jinéologî, syndicalisme

Solidaires International, n°12

Une revue de l’Union syndicale Solidaires

La situation en Turquie et en Syrie est devenue une situation de guerre totale. Le pouvoir syrien d’une part, et le pouvoir turc d’autre part, s’illustrent particulièrement en la matière. Ils sont en effet responsables de massacres de grande ampleur et de crimes de guerre sur les populations de cette région du monde. Les Kurdes sont particulièrement touché·es depuis des années par des politiques de discrimination et de répression, et le pouvoir turc s’acharne avec une violence extrême contre ces populations.

Leur lutte de libération a pris un nouvel envol dans la période ouverte par la révolution syrienne et sa transformation en conflit militaire. L’expérimentation sociale et politique qui s’est réalisée dans les zones libérées est ici présentée. La transformation du processus révolutionnaire syrien en un conflit armé pose des questions multiples pour lesquelles une solution ne peut être trouvée que par l’ensemble des populations présentes sur ce même territoire.

L’ouvrage ne prétend pas donner une vision exhaustive des points de vue des différentes forces en présence dans le conflit syrien. Le choix éditorial a été de donner la parole à certaines composantes du mouvement kurde à qui, en général, est laissé peu d’espace pour s’exprimer. Il sera ainsi abordé la question des bases du système politique que le mouvement tente de développer en plusieurs endroits du Kurdistan, dans des environnements différents. Au sein de celui-ci, les mouvements d’émancipation des femmes jouent un rôle important. Les luttes des Kurdes contre l’État turc seront vues à travers le prisme syndical, et dans le contexte des purges ayant suivi la tentative de coup d’État de 2016. Enfin, des exemples de solidarités sont présentés, qui invitent à réfléchir sur les pratiques de soutien aux peuples en lutte pour leur autodétermination.

Nous ne savons pas comment la guerre actuelle va évoluer, ni sur quelles configurations politiques elle va déboucher. En revanche nous savons que les populations civiles continuent d’être menacées et touchées durement que ce soit par le pouvoir d’Assad ou celui d’Erdogan, avec la complicité active ou lointaine d’autres puissances régionales ou occidentales. La présente publication, à travers l’information qu’elle permet de divulguer, se veut aussi une modeste contribution à la nécessaire solidarité…

https://www.syllepse.net/kurdistan-_r_37_i_751.html

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UNE VRAIE ALTERNATIVE À L’ENFERMEMENT DES MINEUR·ES : LA LIBERTÉ

Institut de recherches de la FSU

Évelyne Bechtold-Rognon, Nathalie Caron, Michelle Olivier, Sonia Ollivier, Anaïs Vrain (coord.)

Le nombre d’adolescent·es emprisonné·es dans le cadre de la détention provisoire n’a jamais atteint le niveau d’aujourd’hui et il marque une évolution historique.

La banalisation de l’enfermement depuis plusieurs années et l’annonce de la création de vingt nouveaux centres éducatifs fermés pour compléter les cinquante-deux structures déjà en fonctionnement doivent réactiver le débat sur les choix éducatifs et judiciaires d’une institution chargée de protéger l’enfance en danger. Plus largement, il s’agit dans ce livre de questionner l’accélération des politiques sécuritaires et les orientations générales à l’égard de la jeunesse la plus en difficulté.

Toutes les études montrent pourtant que l’enfermement socialise dans un milieu criminogène, où la scolarisation, les soins, la vie familiale, la citoyenneté sont entravés et qu’il produit des effets contraires à ceux qu’il prétend obtenir.

C’est pour alimenter ce débat que ce livre éclaire les mécanismes à l’œuvre dans les lieux et situations d’enfermement, leurs effets spécifiques sur des adolescent·es et les implications sur le travail éducatif effectué avec ces jeunes.

La mise en perspective historique des modalités de prise en charge pénale des enfants, les constats des professionnel·les et des études sociologiques de terrain permettent d’éclairer l’articulation difficile – voire impossible – entre impératifs pénitentiaires et action éducative.

À travers ce miroir tendu à l’institution judiciaire, ce livre tente d’ouvrir des perspectives susceptibles de répondre à l’enjeu d’éducation de la jeunesse et de promouvoir des outils qui libèrent.

https://www.syllepse.net/une-vraie-alternative-a-l-enfermement-des-mineur-es-la-liberte-_r_37_i_749.html

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TROTSKY N’EST PAS COUPABLE

Contre-interrogatoire (1937)

COMMISSION DEWEY

Coédition Page 2 (Lausanne)

En août  1936, le monde stupéfait découvre les premiers procès de Moscou. Accusés des pires crimes, certains des principaux dirigeants de la révolution d’Octobre seront exécutés. Pourtant, le principal coupable, celui qui a tout organisé, selon le procureur Vychinski, est absent, chassé d’URSS quelques années plus tôt et privé de sa citoyenneté soviétique. Léon Trotsky, le fondateur de l’Armée rouge, est en exil au Mexique.

Il aurait été, tour à tour et depuis longtemps, un agent de la Gestapo, du Mikado japonais et de l’état-major militaire français. Il aurait été l’organisateur de sabotages et d’assassinats en URSS.

Une commission internationale conduite par le philosophe américain John Dewey va mener une contre-enquête. Elle recueille des témoignages et vérifie la solidité des accusations. En avril 1937, elle se rend à Coyoacán où réside Trotsky pour l’interroger. Le vieux militant bolchevique répond aux questions et revient sur l’histoire de la Révolution russe et son funeste destin, sur sa vie depuis ses premiers engagements politiques, sa rencontre avec Lénine et le déroulement de la révolution d’Octobre.

Il nous livre aussi son témoignage et ses analyses sur la dégénérescence bureaucratique de l’URSS. Il détaille le fonctionnement de l’appareil policier de Staline et le déroulement des procès Moscou. Sous le feu des questions de la commission, il met en pièces les accusations et démontre les invraisemblances des faits allégués.

Trois ans avant son assassinat par un agent de Staline, il nous propose sa part de vérité. Dans ces pages du contre-interrogatoire de la commission, Trotsky nous livre le témoignage vivant d’un acteur de premier plan du déroulement tumultueux de l’Histoire de la première partie du 20e siècle.

Publié en 1938, ce document est resté inédit en français.

https://www.syllepse.net/trotsky-n-est-pas-coupable-_r_21_i_706.html

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LA DOMINATION TOURISTIQUE

Alternatives Sud

Bernard Duterme

« Fait social total », le marché touristique international s’apparente aussi à un rapport de domination. 

Il met en présence – asymétrique – opérateurs, visiteurs et visités. Les premiers se concurrencent ou se conglomèrent, les deuxièmes s’imitent ou se distinguent, les derniers se précipitent ou se retirent.

Si la croissance continue du secteur repose sur sa massification et sa diversification, le droit à la mobilité récréative – 1,4 milliard de séjours à l’étranger en 2018 – reste un privilège, dont la démocratisation réelle déborderait les capacités d’absorption écologique du globe.

Pour l’heure, moins d’un humain sur quinze est en position politique, culturelle et économique de visiter les quatorze restants. 

Migrations d’agrément et de désagrément se croisent aux frontières, béantes pour les uns, grillagées pour les autres, des régions émettrices et réceptrices.

La mise en tourisme d’une destination induit des recompositions socio-économiques, culturelles et territoriales. 

Participent-elles d’une amélioration ou d’une dégradation des conditions de vie des populations locales ? 

Le bilan est problématique : les coûts et bénéfices engendrés par les flux de vacanciers se répartissent injustement. Et tendent à creuser les écarts.

L’Organisation mondiale du tourisme et quantité d’acteurs conscients des dégâts plaident pour l’adoption de pratiques éthiques et durables. Laissant indemnes toutefois les mécanismes mêmes de l’intrusion : dérégulation, libéralisation et marchandisation des lieux et des comportements, au service de la « touristification » du monde.

Une critique transversale de la domination touristique (tourisme de masse, écotourisme, tourisme solidaire, tourisme et droits des femmes…), ainsi que des focus régionaux (Inde, Maroc, Népal­, Mexique, Indonésie, Haïti…) par des analystes du Sud (économistes, sociologues, anthropologues, « touristologues » d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine).

https://www.syllepse.net/la-domination-touristique-_r_24_i_733.html

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion : Sofédis / Distribution : Sodis

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