Hier pour aujourd’hui. Quelques enregistrements des années 60 (2)

La musique et les disques survivent heureusement aux effacements organisés par les maisons de disques et les surfaces dites spécialisées.

Par simplification, les années 60. Certain-e-s musiciens-ne-s débordaient des cadres entravant leur liberté. D’autres approfondissaient des veines encore fécondes, d’autres encore créaient des passerelles entre les temps et les formes.

Restent aujourd’hui des disques nécessaires.Au hasard de ré-écoutes récentes.

Voir aussi : hier-pour-aujourdhui-quelques-enregistrements-des-annees-60/

Jimmy Giuffre en 1965

Deux concerts, deux ensembles.

En septembre, un trio : Jimmy Giuffre (clarinette et saxophone ténor), Richard Davis (contrebasse), Joe Chambers (batterie).

En mai, un quartet : Jimmy Giuffre (clarinette et saxophone ténor), Don Friedman (piano), Barre Philips (contrebasse), Joe Chambers (batterie).

Une musique d’aventure, un clarinettiste-saxophoniste entre classicisme et modernité, la magie de l’entre-deux.

Double Cd : The c 3 & 4, enregistré en mai et en septembre 1965, Elemental Music 2014

L’Art Ensemble avant l’Art Ensemble of Chicago

En solo, en trio, en quartet, en quintet…

Des thèmes repris en formations différentes, des versions qui ne sont pas simplement des prises alternatives.

Une musique marquée à la fois par le sourire et la recherche d’autres chemins.

Plus que des prémices, un fil retissant des rythmes au présent-futur. Et, déjà, la magie de ces projections sonores qui seront plus tard développées et enrichies.

Un beau détour proposé pour saisir des voies/voix en construction.

Dans des configurations variables :

Joseph Jarman : saxophone alto, saxophone soprano, clarinette, flute, cor, basson, harmonica, percussions

Roscoe Mitchell : saxophone alto, saxophone basse, saxophone soprano, clarinette, flute

Malachi Favors Maghostut: contrebasse, basse électrique, kazoo

Lester Bowie : cornet, trompette, cor, batterie, percussion, divers instruments

Charles Clark : contrebasse, Phillip Wilson : batterie,Robert Crowder : batterie, Thurman Barker : batterie

Coffret de 5 cd – The Art Ensemble 1967/68, Nessa 1993

L’alliance du vibraphone de Dave Pike et du piano de Bill Evans et d’une efficace rythmique, Herbie Lewis (contrebasse) et Walter Perkins (batterie). Il y a ici comme un mystère derrière une combinaison sonore pleine de couleurs.

Et la séduction résiste aux écoutes. Outre un « In a sentimental mood » de Duke Ellington,je signale aussi le « Besame Mucho » de Consuelo Velasquez comprenant un magnifique solo du batteur…

A (re)découvrir.

The Dave Pike Quartet : Pike’s Peak, enregistré en février 1962, réédition Epic : Sony Music 2016

Rencontre entre générations. Stan Getz (saxophone), Ron Carter (contrebasse), Grady Tate (batterie), Chick Corea (piano). Un quartet lumineux, des ondes musicales caressantes et colorées. J’ai un petit faible pour le « O Grande Amor » de Vinicius De Moreas – Antonio Carlos Jobim. Un petit joyau.

Cd Stan Getz : Sweet rain, enregistré en mars 1967, Verve 2008

Un quintet composé d’Andrew Hill (piano), Joe Farrel (saxophones soprano et ténor), Charles Tolliver (trompette), Victor Sproles (contrebasse) et Billy Higgins (batterie). Un disque aux titres volontairement un peu noirs, un peu abrupts mais animé plus particulièrement par le pianiste et le batteur, la chaleur éclatante du saxophoniste et les fulgurances du trompettiste.

Mon exemplaire remastérise au Japon permet de bénéficier d’une spatialisation des instruments remarquable. Le morceau faisant titre est proposé aussi en prise alternative. Un régal.

Cd Andrew Hill : Dance With Death, enregistré en octobre 1968, Blue Note

Black Dada Nihilismus

Un vent de folie s’est levé sur le jazz. Ici, Roswell Rudd (trombone), John Tchicai (saxophone alto), Lewis Worrell (contrebasse), Milford Graves (percussions) et Leroi Jones en récitant sur une pièce.

Le souffle d’une liberté qui bouleversa la musique, mais pas que la musique.

Cd The New York Art Quartetenregistré en novembre1964, Réédition ESP

Le saxophone ténor Warne Marsh mêlé ou complété par le saxophone alto de Gary Foster, la contrebasse de Dave Parlato et la batterie de John Tirabasso. Des improvisations fluides, des couleurs chaudes et les mondes de Lennie Tristano et Lee Konitz. Je souligne un pièce plus improvisée Touch and go et les quelques notes à deux saxophones autour de J. S. Bach

Cd Warne Marsh : ne plus ultra, enregistré en septembre et octobre 1969, Hat Hut 1990

Didier Epsztajn

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