La haine, le refus de l’égalité et leurs manifestations violentes

« En 2017, 4,8 % de témoignages de LGBTphobies de plus, une seconde année de hausse, + 15 % d’agressions physiques : notre inquiétude est grande face à une homophobie et une transphobie qui ne cessent de progresser. Si les victimes sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à témoigner, les manifestations de lesbophobie, gayphobie, biphobie et transphobie se multiplient. 

Les dernières semaines ont ainsi été marquées par une recrudescence d’agressions LGBTphobes. Un couple de jeunes lesbiennes agressé et insulté dans un train de banlieue, entre Pontoise et Conflans-Sainte-Honorine ; un couple d’homosexuels injurié et menacé de mort dans un supermarché de Rueil-Malmaison ; des personnes trans frappées à Paris par une « brigade anti trav ». Chacun de ces faits nous rappelle la difficulté des personnes lesbiennes, gays, bi·e·s et trans à vivre librement leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre.

Comment aujourd’hui ne pas craindre de vivre et d’aimer dans une société où la différence est synonyme de moqueries, d’insultes, de coups et de violence ? Comment ne pas craindre de vivre dans une société dans laquelle les couples de femmes et d’hommes ne peuvent pas librement s’embrasser ? Comment ne pas craindre de vivre dans une société dans laquelle les personnes trans ne peuvent pas vivre librement leur identité de genre ?

Face à la haine anti-LGBT, SOS homophobie rappelle que toute forme de complaisance est coupable. Aucune tolérance n’est permise face à celles et ceux qui entretiennent la violence. Si SOS homophobie salue toutes les réactions et les initiatives prises par les pouvoirs publics au cours des derniers mois pour condamner et lutter contre l’homophobie et la transphobie, notre association déplore encore parfois des doutes et des hésitations, des paroles malheureuses et blessantes. Gardons à l’esprit que la lutte contre toutes les formes de discrimination exige une Union sacrée qui ne tolère aucun compromis.

Dans quelques mois, nous espérons que le Parlement votera l’extension de la procréation médicalement assistée PMA). La société française est prête et l’approuve majoritairement. Face aux LGBTphobies, la conquête des droits et libertés des personnes LGBT est essentielle. Elle offre aux personnes lesbiennes, gays, bi·e·s et trans une juste égalité qui, trop longtemps, a été niée. Elle les place sous la protection de lois nécessaires pour elles, eux et leurs familles. D’autres combats resteront à mener, notamment et dans les meilleurs délais la mise en œuvre réellement simplifiée du changement d’état civil pour les personnes trans.

Ensemble, menons nos combats et nos luttes contre les LGBTphobies, en faveur des personnes lesbiennes, gays, bi·e·s et trans, et, plus largement, pour la construction d’une société inclusive et ouverte à toutes et tous. » Joël Deumier président, Véronique Godet vice-Présidente

Un rapport sur les manifestations et les violences homophobes en 2017, des analyses et des descriptions, centrées sur la parole des principales et principaux intéressé-e-s…

Des définitions, la présomption que chacun·e serait hétérosexuel·le (hétéro-centrisme), le refus de l’égalité… Il est important de rappeler que « notre lutte passe aussi par la visibilité de la réalité des agressions homophobes, biphobes et transphobes aujourd’hui ».

Des témoignages, la naturalisation de constructions sociales, des agressions physiques, « Les hommes ont toujours les principales victimes des agressions », les femmes lesbiennes relativement « protégées » par leur invisibilité sociale, ceux qui veulent ramener les « déviant·es » dans le « droit chemin », des rejets, des insultes, des menaces, des diffamation, du harcèlement, des persécutions, des violences, des viols, le rejet y compris par des parent·es, les adolescentes mineures, l’agressivité révélatrice de la vision hétéro-normée de la famille, les enquêtes de santé publique et l’oubli de la santé des femmes lesbiennes, le déni de leur sexualité, la gynécologie centrée sur la grossesse et son contrôle, le refus de la police de prendre en compte les dimensions homophobes des comportements, les discriminations directes et indirectes, le rejet des personnes se considérant comme trans… « la non-légitimité institutionnelle de ce qu’est une personne ».

Dans les commerces et services, dans la famille et l’entourage proche… Les difficultés à parler avec ses proches, la négation de ce qui est ressenti et vécu, l’orientation sexuelle perçue comme « maladie », les violences par les protecteurs et protectrices légales, les « valeurs » contre l’égalité…

Internet, et les « réseaux de la colère », la haine déversée sous couvert de la « liberté d’expression », le sentiment d’insécurité permanente. Les attitudes de la police-gendarmerie-justice, les refus d’enregistrement de plaintes, le manque de formation…

Les lieux publics, « Sous les pavés, la haine », le sentiment d’humiliation publique s’ajoutant aux violences verbales et physiques, les volontés d’exclure…

Le mal de vivre, les pressions sociales, l’isolement et les regards des autres…

Le tout est permis dans les médias, la banalisation des insultes LGBTphobes, le prétexte de l’« humour ». Les milieux scolaires et universitaires. L’homophobie affirmée de certains courants politiques (par exemple Sens communlors de la dernière élection présidentielle), les avancées et les promesses non tenues des autres courants, les homophobes du gouvernement…

L’intolérance et le rejet des personnes LGBT par les hiérarchies religieuses, des discours les plus conservateurs au quelques tendances plus ouvertes, les « croyances » exclusives…

Le refus de la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes, les mythes de la « famille », le tri dans les donneurs et donneuses de sang, la formation déficiente des personnels de santé, la « clause de conscience » contre l’égalité des droits »…

Dans le sport, au travail, dans les relations de voisinage, à l’international…

Les auteurs et autrices soulignent en particulier « L’inadaptation de nos lois permet de dire qu’aujourd’hui la République ne protège pas tou·te·s les enfants de toutes es familles »…

Exiger que les droits de filiation soient les mêmes pour toustes les individu·es, marié·es ou non, est une chose. Soutenir la Gestation pour autrui en est une autre (la Gestation pour autrui est considéré par de nombreuses féministes comme une atteinte aux droits des femmes). Cela ne me semble pas relever ni du combat pour l’égalité des droits ni de la lutte contre l’homophobie.

Comme je l’ai ailleurs indiqué, je reste aussi dubitatif sur la prédominance de la descendance « génétique », l’importance prise pour certain-e-s, hétéro et homo, pour la conservation des gamètes. La valorisation de « son » sang, de « son » sperme ou de « son » ovule au détriment des liens sociaux toujours à construire, ne me semble pas participer de l’émancipation.

Il me semble aussi discutable de prôner le maintien de la délégation partagé de l’autorité parental (DPAP) « malgré une séparation houleuse ». Cela implique-t-il aussi les séparations suites à des violences ?

Replacer les rapports sociaux de sexualité – pris au sens le plus large – dans les rapports sociaux, et en particulier dans les rapports sociaux de sexe, reste une nécessité. Les homosexuels masculins – comme membres du groupe social des hommes – participent et bénéficient aussi de la domination des femmes.

L’insupportable à vivre et à revivre, la non estime de soi, la peur comme ombre permanente, les interrogations, ces proches soit-disant aimant-e-s, l’invisibilité, ces petites remarques et questions au quotidien qui minent la vie… Des tristes témoignages des différentes formes d’homophobie, les marques prégnantes de l’« idée de nature », de la croyance en « la différence des sexes », de la contrainte à l’« hétérosexualité »…

L’homophobie et le sexisme (comme par ailleurs le racisme) exprime la rage de celles et ceux qui sont effrayé-e-s par le possible bouleversement des rapports sociaux dans une société qui ne leur offre qu’un refuge dans des traditions fantasmées et inventées (voir sur ce sujet, Andrea Dworkin : Les femmes de droitece-qui-parait-le-plus-noir-cest-ce-qui-est-eclaire-par-lespoir-le-plus-vif-texte-integral/)

Face aux relents réactionnaires, et aux conditions socio-politiques qui les favorisent, il convient d’assumer les possibles émancipateurs en termes d’égalité et de liberté, de rendre effectives les promesses d’une radicale modification des rapports sociaux, de permettre le développement d’expériences sociales collectives – dans des cadres auto-organisés -, de tracer des pistes crédibles et majoritaires – y compris en termes législatif ou institutionnel -, de rupture avec l’ordre/désordre existant…

Une brochure à acheter ou à télécharger sur le site :

https://www.sos-homophobie.org/rapport-annuel-2018

A faire connaître. Nous sommes toustes concerné-e-s.


En complément possible :

Sos homophobie : Rapport sur l’homophobie 2017

Lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie, homophobie-ordinaire-refus-de-legalite-des-droits-violences-verbales-et-physiques/

Pas d’égalité des droits sans lutte contre les LGBTphobiepas-degalite-des-droits-sans-lutte-contre-les-lgbtphobies/

Nouvelles Questions féministes : Homophobiederriere-la-fausse-neutralite-du-mot-ne-pas-oublier-lhetero-sexisme/

CGT : Gagner l’égalité des droits des LGBT dans le monde du travail.. Guide d’action syndicale, ne-plus-sous-estimer-limportance-des-actes-lgbtphobes-verbaux-et-comportementaux/

Line Chamberland : Gais et lesbiennes en milieu de travail. Rapport de synthèse de recherchedes-chums-et-des-blondes/

Gwen Fauchois : Le quinquennat du qui perd gagne. L’homophobie valeur de rassemblementle-quinquennat-du-qui-perd-gagne-lhomophobie-valeur-de-rassemblement/

Jean Batou : Orlando : un massacre homophobe et raciste,orlando-un-massacre-homophobe-et-raciste/

Jacques Fortin : ORLANDO : penser mondial, penser l’homophobie, penser solidarité, orlando-penser-mondial-penser-lhomophobie-penser-solidarite/

Cy Jung : Plus que jamais, Pride !plus-que-jamais-pride/

Fiertés lgbt contre la haine et les conservatismesfiertes-lgbt-contre-la-haine-et-les-conservatismes/

Luiza Toscane : « Être homophobe n’est pas révolutionnaire » – Les luttes LGBTIQ dans l’orbite du processus révolutionnaire arabe :

Première partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-partie-1/

Seconde partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-seconde-partie/

Troisième partie : etre-homophobe-nest-pas-revolutionnaire-les-luttes-lgbtiq-dans-lorbite-du-processus-revolutionnaire-arabe-troisieme-partie/

Amandine Miguel –Arnaud Gauthieret Robert Simon : La France, pays des droits de l’« Homme », un modèle pour les droits des femmes ?la-france-pays-des-droits-de-l-homme-un-modele-pour-les-droits-des-femmes/

Nicolas Tristan : Lutter contre l’homophobie, c’est lutter contre l’impérialismelutter-contre-lhomophobie-cest-lutter-contre-limperialisme/


Sos homophobie : Rapport sur l’homophobie 2018

Lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie

Paris 2018, 170 pages, 10 euros

Didier Epsztajn

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