Atteintes aux droits fondamentaux des travailleur.euse.s

La course au sponsoring de Nike et Adidas, l’association des grandes marques du sport avec les grandes équipes « sportives » ou des célébrités du secteur et plus récemment du show-business, les millions de dollars et les juteux profits distribués aux actionnaires… et des travailleurs et travailleuses dont les salaires sont inférieur au « salaire vital »….

« En Indonésie, au Cambodge, au Vietnam, où ces marques s’approvisionnent désormais en majorité, les cas de non-respect des droits fondamentaux du travail sont plus fréquents et les salaires moyens des ouvriers sont inférieurs de 45% à 65% au salaire vital, donc largement insuffisants pour leur permettre de couvrir les besoins essentiels de leurs familles. »

Sur-exploitation aujourd’hui et nouveaux modèles d’usines automatisées demain.

« La contradiction apparente entre la création de valeur en aval et la situation précaire des ouvriers dans les usines de confection s’explique par le modèle économique et financier mis en oeuvre par les équipementiers Nike et Adidas »

Les auteur·es de cette brochure présentent le modèle économique des équipementiers, le contrôle/réduction des coûts, les stratégies de minimisation fiscale.

D’un coté, des versements millionnaires à des joueurs de football et de l’autre, des salaires ne permettant pas de vivre décemment. « Comme le montre cette étude, il ne s’agit pas d’une question de moyens financiers – puisque Nike et Adidas génèrent assez d’argent pour pouvoir payer des salaires vitaux dans leurs chaînes d’approvisionnement – mais d’un problème de priorité. »

Un marché florissant dopé par les campagnes publicitaires, l’invasion sponsorisée des images, le marketing omniprésent pour donner à rêver et à consommer… Le croisement entre le monde du sport, de la compétition – la figure libérale du dépassement permanent de soi (directement ou par personnalités interposées) -, de la mode et de ses projections narcissiques…

Et derrière les images, des systèmes de gestion « à distance » de l’ensemble de leurs chaines de fournisseurs complexes et ramifiés, le lean management, la construction inversée des coûts (prix au public, marge souhaitée, coût de production maximum), l’optimisation du nombre de minutes passées par les travailleurs et les travailleuses.

Derrière la « réussite » économique et les dividendes aux actionnaires, les prix affichés peu conformes aux coûts réels (les salaires des travailleurs et travailleuses représentent 2,5% du prix de vente), les bénéfices supérieurs au coûts de production, le non-respect des règles de l’OIT – « Ces non-conformités concernent en particulier le non-paiement d’heures supplémentaires, de congés légaux, de la sécurité sociale ainsi que le non-respect de la liberté syndicale, de la durée maximale de travail, du nombre d’heures supplémentaires imposées, des règles de sécurité en cas d’incendie, des procédures d’entreposage et d’utilisation des substances chimiques et dangereuses, et de l’usage des équipements de protection » -, sans oublier les « coûts cachés » des impacts négatifs sur l’environnement et l’évasion fiscale…

« Cependant, cette étude montre que la valeur générée en aval par Nike et Adidas est loin de redescendre jusqu’aux travailleur.euse.s qui confectionnent leurs produits. De plus en plus situés dans des pays aux risques sociaux élevés et aux salaires minimum bien inférieurs au salaire vital, ils demeurent confrontés à des violations permanentes de leurs droits fondamentaux au travail. Les audits sociaux déployés par ces équipementiers pour identifier les plus graves de ces violations sont inefficaces à prévenir les atteintes car ils ne conduisent en aucun cas à une révision du modèle économique qui les génère : une priorité donnée à la rémunération des actionnaires et la poursuite de la recherche de moindres coûts de production, au premier rang desquels les salaires des ouvriers. »

Que l’on partage ou non les propositions du collectif Ethique sur l’étiquette, il faut faire connaître leurs analyses et leurs préconisations, dont – « Publier chaque année, dans une optique de transparence, les rémunérations mensuelles effectives des travailleurs des usines qui les fournissent – salaire moyen et écart entre la plus faible et la plus haute rémunération, en identifiant les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, afin de permettre une information claire et étayée des syndicats et des organisations de la société civile, et un débat fondé sur la question. »

Et ne pas oublier que non seulement l’achat de ces produits est fortement incité par la publicité, que leurs « rêves » sont frelatés et peu émancipateurs, qu’une chaussure ne fait pas un·e être humain, que derrière des produits il y a l’exploitation de salarié·es et les fraudes au droit social et fiscal…

Collectif Ethique sur l’étiquette : Anti-jeu. Les sponsors laissent (encore) les travailleurs sur la touche

Juin 2018, 36 pages

https://lebasic.com/anti-jeu-les-sponsors-laissent-encore-les-travailleurs-sur-la-touche/

Didier Epsztajn

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