Le coin du polar (Juin 2018)

Un grand amour rétrospectif

Conan Doyle avait décidé de se séparer de Holmes en le faisant mourir dans les bras de son ennemi intime le professeur Moriarty dans « Le dernier problème ». Il a été obligé, sous la pression populaire, de le faire revenir du royaume des morts. Le docteur Watson est très elliptique dans la recension de l’aventure. Annelle Wendeberg a décidé de combler les trous pour raconter cette histoire via sa détective privée, médecin, Anna Kronberg. La première rencontre Sherlock/Anna avait eu lieu dans « Le diable sur la Tamise ». « La dernière expérience » fait la part belle à la guerre bactériologique dans laquelle se lance Anna, séquestrée par Moriarty. Les relations avec son geôlier occupe une grande partie de cette aventure. Un peu fastidieux mais les zones d’ombre de l’enquête de Holmes disparaissent. Intéressante expérience.

Dépasser ses peurs et ses préjugés.

« Entre deux mondes » est un résumé de la vie de ces migrants obligés de quitter leur pays pour protéger leur vie, leur famille, la possibilité même d’un avenir. Après un périple aux embûches multiples, souvent par la Libye aux mains des cliques et des gangs, ils arrivent par l’Italie morts ou presque pas vivants pour se retrouver dans la rue, à Calais par exemple. Dans le pays de la « liberté, égalité, fraternité », il est possible de tuer sans être recherché par les forces de l’ordre, dans endroits de non-droit(s). Olivier Norek raconte cette inhumanité via la rencontre entre Adam et Bastien, deux flics, qui recherchent la femme et la fille d’Adam, amitié qui vient comme une antidote à la perte de soi et à la peur de l’Autre. Une enquête informée et nécessaire.

Les pays d’Europe du Nord à la fête.

« Made In Sweden » est le premier volet d’un diptyque relatant les exploits d’une famille auteur de braquages en Suède dans les années 1990 qui ont défrayé la chronique. Basée sur des faits réels, cette saga est surtout une plongée dans les profondeurs de cette société « où l’on vit le mieux » suivant des sondages récents. Anders Roslund est journaliste d’investigation et Stefan Thunberg, scénariste et membre de cette famille révoltée, cassée et cherchant une voie de survie. Des personnages souvent antipathiques avec le soupçon nécessaire d’humanité dans une société qui rejette les « derniers de cordée ». comment faire la différence entre passé et présent ?

« Les chiens de chasse » – Jorn Lier Horst, l’auteur a eu le prix du meilleur polar scandinave   est une visite de la Norvège version mise en cause d’un policier pour une enquête qui remonte dix-sept ans auparavant. William Wisting est devenu un flic respecté d’un seul coup suspecté par la police des polices d’avoir trafiqué les preuves. Scandale médiatique qui implique la fille du policier devenue journaliste. La recherche du scoop mêlée à la volonté de notoriété de l’avocat dans un environnement dont la corruption affleure transforment ces quatre jours en une sorte d’introspection du policier sur son métier et une interrogation sur le fonctionnement de cette société.

Annelle Wendeberg : La dernière expérience, traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux 10/18 Grands détectives

Olivier Norek : Entre deux mondes, Michel Lafon

Roslund & Thunberg : Made in Sweden, traduit par Frédéric Fourreau, actes noirs/Actes Sud 

Jorn Lier Horst : Les chiens de chasse, traduit par Hélène Hervieu, Série Noire/Gallimard.

Nicolas Béniès

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