Ils sont détestés. Et pourtant…

Selon l’agence américaine Bloomberg, la fortune des 13 Français les plus riches a augmenté de 23 milliards d’euros depuis Janvier 2018. Bernard Arnault, la plus grande fortune européenne, environ 65 milliards d’euros, entre même dans le top 5 des hommes les plus fortunés du monde.

Bloomberg News est une agence de presse spécialisée dans l’économie et la finance, fondée par Michael Bloomberg, ancien trader de la banque d’investissement américaine Salomon Brothers.

Et Mister Bloomberg n’est pas le seul à nous alerter. L’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques) a également fait ses calculs : à l’horizon 2019, les 2% les plus riches capteront 42% des gains à attendre des mesures fiscales en cours.

Le classement de l’agence américaine est sans appel : 23 milliards d’euros de progression depuis Janvier, deux fois plus que l’augmentation des grandes fortunes japonaises. Le Japon classé au second rang après la France. Podium et médaille d’or.

Fredonnerez-vous, vous aussi, avec Maurice Chevalier, Ça sent si bon la France ?

Probablement non ! Car voyez-vous, c’est l’objet de notre inquiétude, plus, de notre désapprobation, les riches, indispensables à la prospérité d’un pays, les riches en France sont détestés.

En France, les riches sont les bannis de l’opinion. Nicolas Sarkozy est tombé pour avoir été, paraît-il leur président. Où allait-t-on chercher cela ? On cherche maintenant à faire trébucher Emmanuel Macron en le désignant comme celui des ultra-riches. Du n’importe quoi ! Préférerait-on la médiocrité pour tous à l’excellence pour quelques-uns ?

Certes, il est des richesses mal acquises – violence, corruption, spoliation – aussi injustes que malfaisantes. Mais, celui qui s’est enrichi en proposant sur le marché marchandises et services librement acquis par le consommateur que nous sommes tous – certes ce n’est pas lui-même qui les produisit, mais ses employés auxquels il offre de surcroît un emploi et même salaire – cet enrichi est aussi un « premier de cordée ». Quand vous le clouez au pilori, c’est la dynamique de la société qui est remise en cause, la progression de la cordée, la pauvreté qui gagne et toutes les autres formes d’inégalité qui progressent, celles fondées sur une connivence malsaine, mafieuse par exemple.

Ce n’est pas de cela que vous voulez. Alors, ôtez l’envie de votre cœur et réfléchissez.

Même les malheureux idéologues qui font feu de tout bois contre les riches, des exploiteurs disaient-ils, même ces échevelés ont besoin d’eux. Sans le soutien financier de son ami Friedrich Engels, riche fils de famille de l’industrie du textile, Karl Marx n’aurait jamais écrit, ni Le Manifeste, ni Le Capital. 

Honoré de Balzac, dit-on, méprisait les riches par ce que « ils n’ont aucun sens de la grandeur et de la noblesse ». Eh bien non ! Plutôt que malmener sans cesse les riches il vaudrait mieux, nous ne disons pas les aimer, mais au moins, mieux les respecter. Si certains d’entre eux, nous le concédons, se montrent insuffisamment généreux, voire méprisants, oublieux du travail et de la misère des autres, beaucoup d’autres sont créateurs d’emplois, pourvoyeurs de salaires, généreux donateurs à l’État et aux Églises. Nous leur devons des musées, des fondations, des rêves aussi ; celui de peut-être les rejoindre un jour.

Ne serait-il pas préférable aujourd’hui de tempérer leur niveau d’imposition encore très excessif ; impôts fonciers, impôts sur la fortune immobilière ou sur les dividendes… Contraindre les riches l’exil fiscal, est-ce cela que nous voulons ?

La France a besoin de tous ses enfants et de tous ses talents pour prospérer. Encourageons les ! Gardons les près de nous ! Plus de riches, c’est plus d’épargne et plus de progrès ; plus de chantiers et plus d’emplois, comme l’indique la Théorie du Ruissellement de Milton Friedman.

La Théorie du Ruissellement pose que les revenus des plus riches sont toujours in fine réinjectés dans l’économie par le biais de leur consommation – équipements de yachts, achats de châteaux ou de montres Rolex, frais de domesticité – le tout contribuant ainsi directement ou indirectement à la création d’emplois de gens de maison et à l’activité économique générale. Les cours d’eau ne s’accumulent pas au sommet d’une montagne ; ils ruissellent vers les vallées environnantes, a expliqué Milton Friedman, le célèbre théoricien néolibéral.

Notre Président a bien perçu tout cela, lorsqu’il envisage, après l’ISF, de supprimer l’exit tax.

L’exit tax, « imposition des plus-values latentes lors du transfert par un contribuable de son domicile fiscal hors de France » est un dispositif de lutte contre l’évasion fiscale vers des pays à l’imposition plus clémente.

Au contraire, estime notre Président, cette taxe décourage l’installation en France de nombreuses entreprises étrangères et fait donc perdre plus d’argent à l’État qu’elle ne lui en fait gagner. Oui ! Supprimons cette taxe anti économique. Redonnons estime et affection à tous nos proscrits injustement détestés. Et reprenons confiance. « There’s no other choice » a rajouté le Président.

Monsieur le Président, nous vous approuvons et vous soutenons.

Jean Casanova, 25 mai 2018

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