Qui veut (encore) célébrer le “père de l’impérialisme français” ?

Depuis la fin du XIXe siècle, Lille et le reste de la France célèbrent perpétuellement la mémoire du général Louis Faidherbe. Des rues et des lycées portent son nom. Des statues triomphales se dressent en son hommage au cœur de nos villes (zoomer sur la carte).

Il y a là, pourtant, un scandale insupportable. Car Faidherbe était un colonialiste forcené. Il a massacré des milliers d’Africains au XIXe siècle. Il fut l’acteur clé de la conquête du Sénégal. Il défendit toute sa vie les théories racistes les plus abjectes.

Si l’on considère que la colonisation est un crime contre l’humanité, il faut alors se rendre à l’évidence : celui que nos villes honorent quotidiennement est un criminel de haut rang.

Voir : Questions & réponses (à ceux qui veulent garder Faidherbe)

Certes, officiellement, ce n’est pas l’« œuvre coloniale » de Faidherbe que célèbrent ces rues et ces statues : ce sont ses « exploits » lors de la guerre franco-prussienne de 1870. À la tête de l’armée du Nord, c’est lui, nous dit-on, qui permit à la région d’échapper à l’ennemi. Une infime « victoire », au milieu d’une débâcle généralisée, qui vaut encore aujourd’hui à Faidherbe d’être porté en triomphe par les patriotes de tous bords.

Mais, deux cents ans après la naissance de Faidherbe, qui vit le jour à Lille en 1818, et quarante ans après le « jumelage » entre les municipalités de Lille et de Saint-Louis du Sénégal, scellé en 1978, il est temps de connaître les autres facettes de ce douteux personnage, que certains décrivent comme le « père de l’impérialisme français[i]».

Honorer un criminel ?

À l’occasion d’une exposition d’art contemporain organisée à Lille à l’été 2017, un panneau brossait, au pied de la statue équestre qui jouxte la place de la République, ce portrait lapidaire de notre « héros » régional : « Louis Faidherbe fut un grand militaire. Il a apporté, au long de ses voyages, de nombreuses connaissances sur la culture des peuples et des territoires africains. » On verra dans les pages qui suivent ce que cette présentation irénique a de scandaleux.

Voir : Contestation des symboles colonialistes : un mouvement planétaire

Les générations actuelles et futures doivent connaître l’histoire de l’assassin Faidherbe et de tous ceux qui, comme lui, massacrèrent au nom de la « civilisation » (et des « races supérieures »). La célébration consensuelle de ces criminels est une insulte aux peuples qu’ils ont martyrisés et un crachat quotidien au visage de leurs descendant.e.s.

Faidherbe doit tomber !

https://faidherbedoittomber.org/


[i]  C’est le cas par exemple du général Maurice Faivre dans un texte publié en janvier 2011 sur le site « Études coloniales ».

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