Journal des Éditions Syllepse n°49 : mars 2018

VIENT DE PARAÎTRE

Manuel de grammaire non sexiste et inclusive

Le masculin de l’emporte plus !

Michaël Lessard, Suzanne Zaccour

« Un tabouret et mille femmes sont pris en photo. »

En français, le masculin l’emporte sur le féminin même ­lorsque des humaines côtoient des objets  !

Cette logique tordue n’est pas intrinsèque à la langue française. Elle est le fruit d’une lutte menée aux 17e et 18e ­siècles contre le féminin – et contre les femmes – par les « autorités » linguistiques.

En effet, dans le passé, on accordait une phrase selon le genre du mot le plus proche. Ainsi, des hommes et des femmes pouvaient se montrer généreuses.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisque le masculin, en tout temps, doit l’emporter. Le masculin a été décrété générique comme dans l’expression « droits de l’homme », caractéristique attribuée à la construction d’une langue, alors qu’en réalité l’usage en a été délibérément masculinisé.

Des mots comme autrice, professeuse, philosophesse et capitainesse ont été relégués aux oubliettes, car les femmes n’étaient pas aptes à exercer de telles fonctions, seuls les hommes le pouvaient, prétendait-on. On a donc décrété que ces mots devaient disparaître, effaçant ainsi de notre histoire les femmes qui osaient penser, créer et agir.

Depuis, on ne cesse d’inventer de nouveaux mots féminins, comme auteure et professeure, pour décrire la réalité telle qu’elle est au grand dam des cerbères des académies de la langue qui résistent à la féminisation de toutes leurs forces en déclin.

Comment écrire et parler de façon non sexiste ?

Ce manuel propose différentes façons de le faire, évaluant les avantages et les inconvénients de chacune d’elles. Il n’impose pas de règles grammaticales. Il est une invitation à apprendre, à désapprendre, à critiquer, à discuter et à oser se lancer à la recherche de la langue où les femmes ont toute leur place.

Note de lecture : les-hommes-et-les-femmes-sont-belles/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_716-manuel-de-grammaire-non-sexiste-et-inclusive.html

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Vie de Karl Marx

Franz Mehring

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Marx (1818-1883), la célèbre biographie écrite par Franz Mehring, et publiée en allemand en 1918, paraît dans une édition entièrement retraduite, enrichie d’un ample appareil critique et d’études complémentaires, ainsi que d’une biographie politique de son auteur.

Ce n’est qu’en 1983 que l’ouvrage a été traduit en français et publié pour la première fois. Mais la traduction, l’avant-propos de Jean Mortier portent l’empreinte du recyclage de Marx par l’idéologie stalinienne.

Cette première traduction française comportait 600 pages, la nouvelle, commentée et annotée par Gérard Bloch en occupe près de 1 600, réparties en 2 volumes dans un coffret.

Pas de quoi effrayer les lecteurs et les lectrices. En effet, la vivacité de l’œuvre de Franz Mehring est entretenue par Gérard Bloch qui nous fait découvrir de nouveaux paysages en éclairant ceux peints par Mehring.

Il partage avec Mehring la vaste connaissance du parcours de Marx et possède une vue plus complète des écrits de ce dernier, soit ceux publiés après 1918.

Il combine exactitude et érudition en donnant accès dans ses notes aux textes originaux de Marx auxquels Mehring ne fait qu’allusion.

Il accompagne avec pédagogie les lecteurs et les lectrices sur les tracés allant de Marx et Engels à Mehring et aux débats politiques de l’époque, dont plus d’un s’inscrivent dans les temps présents.

Coéditée par Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris), l’œuvre magistrale de Mehring est désormais disponible dans une édition française, complètement nouvelle et augmentée.

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_722-vie-de-karl-marx.html

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Payer pour réussir ?

Le marché du soutien scolaire

Erwan Lehoux

Les campagnes publicitaires des organismes privés de soutien scolaire fleurissent dans le métro parisien. Le soutien scolaire payant s’expose désormais au grand jour, lui qui, jusqu’alors demeurait discrètement annoncé sur les comptoirs ou les vitrines des commerces de proximité.

Cette question devient un problème public qui concerne l’école. Son développement semble exhiber les imperfections de l’école, notamment son incapacité à faire réussir tous les enfants.

Il n’est désormais plus possible d’ignorer que certaines familles mobilisent de plus en plus leur capital économique pour faire réussir leurs enfants à l’école.

Le recours au soutien scolaire payant est un facteur supplémentaire d’inégalité scolaire.

L’analyse de ces pratiques doit s’inscrire dans le cadre plus large des mutations que connaît l’éducation ces dernières années, à l’heure où le néolibéralisme conçoit l’éducation comme un marché des compétences et des titres scolaires, valorisables sur le marché de l’emploi.

Note de lecture : les-inegalites-en-matiere-dapprentissage-sont-avant-tout-des-construits-sociaux/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_728-payer-pour-reussir-.html

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Le salaire du blanc

La formation de la classe ouvrière américaine et la question raciale

David R. Roediger

Après les événements révélateurs de Charlottesville, un livre lumineux pour éclairer la capacité du racisme à façonner la vie politique des États-Unis.

Si, comme le soutient l’auteur, la jeune classe ouvrière américaine du 19e siècle a revendiqué une identité blanche, la blanchité, en réponse aux peurs générées par la discipline capitaliste, la résurgence du suprématisme blanc qui saisit les États-Unis d’aujourd’hui n’est-il pas le produit des peurs nées de la spirale infernale de la mondialisation, du déclassement et de l’immigration économique ?

Pour l’auteur, la force de cette idéologie raciale est d’attacher les Blancs pauvres au chariot du système d’exploitation. Quoi qu’il puisse leur arriver – déclassement social, chômage… –, ils ne perdront jamais un avantage : la blanchité.

Mais que signifie « être blanc », « quels avantages les Blancs tirent-ils de la blanchité » ? Sur les pas de Jean Genet, de Frantz Fanon ou d’Aimé Césaire, David R. Roediger mêle culture de masse, langage et politique, pour éclairer les voies spécifiques par lesquelles ce marqueur racial s’est socialement et historiquement construit. Le constat est cruel. Les travailleurs blancs ont cherché dans leur supériorité raciale une voie d’émancipation et ce sont ces tendances qui travaillent toujours la société américaine.

Le « salaire de la blanchité », à la fois système de privilèges réels et illusion dont s’approprient les Blancs pauvres, entretenu par les classes dominantes, continue de structurer la domination raciale et économique aux États-Unis.

L’auteur propose de reconceptualiser la notion de classe afin de prendre en compte la part de la race dans la conscience de classe.

Pour ce faire, l’étude de la construction de la blanchité démystifie la fiction de la race qui perdure jusqu’à aujourd’hui et éclaire les modes de domination qu’entretient le capitalisme.

Note de lecture : la-peur-de-legalite-politique-et-de-lamalgame-sexuel/ 

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_718-le-salaire-du-blanc.html

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion: Sofédis / Distribution: Sodis

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