Vulcanologie

Mieux prévoir quand un volcan s’éveillera. C’est là aujourd’hui l’objet d’un débat et de nombreuses controverses entre scientifiques vulcanologues.

La chose n’est pas nouvelle, tant les effets destructeurs des éruptions volcaniques ont toujours laissé de terribles marques dans l’histoire des sociétés humaines, celle du Vésuve, en 79 après J.-C., ensevelissant les 30 000 habitants de Pompéi et de sa campagne environnante.

Le vulcanologue, s’il est d’abord instruit dans le domaine de la science géologique, de la physique, du magnétisme et de la chimie, le vulcanologue, vous allez le découvrir, est aussi un historien.

Pour prévoir une éruption et désigner son imminence, en un lieu donné, il lui faut tout d’abord étudier les éruptions antérieures en ce même lieu, en estimer l’ampleur, et surtout les dater à travers les derniers siècles. Et pour cette zone si particulière de l’isthme européen, au tellurisme et à la sismicité bien souvent surprenante, comprise entre la Mer du Nord et la Méditerranée, la France, il est aisé d’y repérer les dates mémorables de 1789, 1830, 1848 et 1871, et, plus proches de nous, certains d’entre vous les ayant même vécues, celles de 1936 et de 1968.

Attention, contrairement aux grandes crues de la Seine qui inondent Paris à intervalles réguliers, à peu près tous les 100 ans, on parle de crues centennales – centennale, tous les 100 ans, comme quinquennale, périodicité d’une catastrophe qui se produit tous les cinq ans, nous en sortons tout juste – les éruptions volcaniques ne se reproduisent pas en France à échéance régulière, par exemple cinquantennale.

(Vous ne confondrez pas cinquantennal – qui se produit tous les 50 ans – d’avec cinquantenaire, qui signifie la date anniversaire de 50 ans d’un événement ou de la naissance ou de la mort d’un personnage célèbre, ni décidément d’avec quinquagénaire, ce que sont nombre d’entre vous.)

Les éruptions volcaniques n’ont pas de caractère obligatoirement cinquantennal, mais, allez savoir, les vulcanologues, après 1968, redoutent quelque chose pour 2018. Sachez de toute façon qu’il est aujourd’hui encore impossible de prévoir avec certitude la date d’une éruption. Certains signes sont classiquement des signes d’alerte, dans les jours ou les heures qui précèdent l’événement : fumerolles, légères secousses sismiques, disparition des oiseaux qui, peut-être dotés d’un sens particulier, anticipent bien souvent avec justesse le grand chamboulement. Ne parle-t-on pas d’oiseaux de mauvais augure ?

(Dans l’Antiquité, les augures étaient des prêtres qui disaient la volonté des dieux en observant l’évolution du ciel ou le vol des oiseaux. Aujourd’hui et par extension, certains considèrent qu’il est de mauvais augure de voir un chat noir passer devant eux sous une échelle. Mais ceci est une autre affaire.)

Les vulcanologues, toujours attentifs et en scientifiques multidisciplinaires, utilisent de nombreuses techniques issues de champs divers, la sismologie, l’étude des champs magnétiques, l’analyse thermique et chimique des gaz issus du cône volcanique, ainsi que l’étude des sondages portant sur la conflictualité sociale, tous éléments propres à la mesure de la montée du magma dans la chambre magmatique.

Gardiens de prison, pompiers et policiers, personnels hospitaliers et des EHPAD, retraités, étudiants, fonctionnaires, agriculteurs… tous les mouvements en cours rencontrent un écho positif dans l’opinion et près de deux Français sur trois, 64%, pensent que ces mouvements, encore non coordonnés, pourraient bien déboucher sur un mouvement de contestation sociale généralisée, une sorte d’éruption.

Les moins jeunes d’entre vous ont peut-être encore en mémoire les propos du journaliste Pierre Viansson-Ponté, dans les colonnes du quotidien Le Monde en date du 15 Mars 1968, propos passés depuis à la postérité : « Quand la France s’ennuie… ».

Ses confrères d’aujourd’hui cherchent bien cependant, tous les soirs au JT, à rompre cet ennui et à nous distraire : obsèques de Johnny, procès de djihadistes à Bruxelles ou à Paris, montée des eaux de la Seine mouillant la culotte du zouave du pont de l’Alma, exercices de canotage au bord de la Marne, polémiques sur les mimiques, feintes ou sincères, du mari d’Alexia, palinodies corses… Rien n’y fait ! Les Français s’ennuient toujours et encore.

Un an plus tard après les propos de Pierre Viansson-Ponté, en Avril 1969, l’éruption de Mai 1968 avait été telle que la statue du commandeur, un général d’1,93m, statue qui semblait inébranlable, la statue vacillait et était remisée à Colombey-les-Deux-Églises.

Pourquoi dès lors – nous le souhaitons ne signifie pas que c’est obligatoirement exclu – serait-il aujourd’hui si hasardeux d’entrevoir de nouvelles éruptions et de rêver à un sort similaire pour la statue d’un nain passant pour Jupiter ?

Après le Vésuve et Les Derniers Jours de Pompéi, tournera-t-on Les Derniers Jours de Macronéi ?

Jean Casanova

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