Jean-Pierre Azéma jugé pour diffamation suite à son rapport public sur le sort des malades mentaux sous le régime de Vichy

Communique de presse, 15 janvier 2018

L’historien Jean-Pierre Azéma sera jugé le 23 novembre 2018 à 13h30 par la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris pour diffamation et atteinte à l’honneur d’un individu suite à la plainte déposée par l’auteur Armand Ajzenberg. Des infractions commises dans un rapport public rédigé par Jean-Pierre Azéma et destiné à orienter une décision à prendre par un Président de la République à propos du sort tragique des malades mentaux sous le régime de Vichy.

Il s’agira également lors de ce procès de comprendre pourquoi les allégations mensongères de Jean-Pierre Azéma concernant la manière dont ont été abandonné les malades mentaux sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, et plus précisément la non- assistance à personnes en danger de mort par l’État collaborateur français d’alors, ont conduit à ce que jusque-là cela n’ait pas été reconnu par un Président de la République ni sanctionné par la justice.

Pour Jean-Pierre Azéma, dans son rapport, « l’État français et ses responsables ont été à la Libération délégitimés politiquement et condamnés judiciairement ». Ce qui est une pirouette qu’il utilise pour éluder la véritable question : y a-t-il eu non-assistance aux malades mentaux, ou non, de la part de l’État français de Vichy ? En effet, il faut rappeler que si celui-ci et ses responsables ont été à la Libération délégitimés politiquement et condamnés judiciairement, c’est seulement pour haute trahison et non entre autres pour avoir été complice de l’Allemagne nazie dans l’envoi vers les camps de la mort des juifs de France. Sinon pourquoi le Président Chirac aurait-il eu besoin de le dire avec tant de force en 1995 ? À la Libération, il a encore moins été question de non-assistance aux malades mentaux en danger de mort par l’État français d’alors, ce que Lucien Bonnafé, Armand Ajzenberg, et bien d’autres ont toujours dit.

Autre pirouette de Jean-Pierre Azéma et allégation mensongère à l’encontre d’Armand Ajzenberg et du livre L’abandon à la mort… de 76 000 fous par le régime de Vichy, L’Harmattan : « l n’apporte pas la preuve que le gouvernement de Vichy a rédigé puis diffusé une directive officialisant « l’hécatombe » des malades mentaux… ». Mensonge éhonté. Et pour cause, Armand Ajzenberg n’a jamais affirmé ce que Jean-Pierre Azéma lui impute. Le psychiatre et historien Michel Caire en témoigne dans l’analyse qu’il a faite de L’abandon à la mort… de 76 000 fous par le régime de Vichy, en 2012 : « L’une des questions reposée à l’occasion de cette publication est terminologique : « abandon à la mort » était déjà employé dans la pétition lancée en 2001 par Ajzenberg, Patrick Tort et autres : « Pour que douleur s’achève ». Ce terme se substituait à celui d’ « extermination douce » retenu par l’éditeur de la thèse de Max Lafont, qui connurent – le terme comme la thèse – un grand succès, et s’oppose aux « morts par inanition »et autres « hécatombe des fous » [« hécatombe par carence », avait proposé Bonnafé, carence alimentaire, relationnelle, des autorités, etc., formule qui a notre préférence].

Dans son ouvrage, A. Ajzenberg retient deux formules : l’ « abandon à la mort » (le « laissez-les mourir »), et la « non-assistance à personnes en danger de mort », précisant p.62 que cette non- assistance, « non seulement en connaissance de causes mais parfois encore souhaitée, semble avérée », idée reprise p.72.

Le mensonge de Jean-Pierre Azéma à l’encontre d’Armand Ajzenberg est même la raison principale pour laquelle il se retrouve sur le banc des prévenus. Pour cette raison, et bien d’autres, le bénéfice de la bonne foi ne pourra lui être accordé. Comme dans l’affaire Aubrac – Chauvy en 1998, cette méthodologie historique si particulière faisant fi de la recherche de la vérité ne pourra être validée. Comme encore dans l’affaire Faurisson – Ariane Chemin (juin 2017), on ne pourra retenir « l’exception de vérité » pour Jean-Pierre Azéma.

La non-assistance aux personnes en danger de mort (malades mentaux, vieillards des hospices, prisonniers) a conduit en France, pour cette raison, environ 200 000 êtres humains à la mort. 200 000 êtres humains morts de faim ? En effet, non seulement les fous mais encore ceux qui peuplaient alors, en masse, les prisons. Et ailleurs encore les vieillards des hospices qui, eux, n’eurent même pas droit aux suppléments accordés en décembre 1942. 200 000 morts donc, y compris ceux qui statistiquement devaient normalement mourir, mais morts avant que leur dernière heure ne soit véritablement arrivée. Et il faudrait admettre cela comme relevant de circonstances fâcheuses, verser une larme et ne pas mettre en cause le régime qui a produit ces morts, comme le soutient Jean-Pierre Azéma ?

Pour consulter le réquisitoire daté du 07/06/2017, ouvrir le fichier : 

Réquisitoire du 07.06.2017

Armand Ajzenberg

Partie civile

Stéphane Levildier, Isabelle Guttadauro Avocats à la Cour

Contacts presse :

Ajzenberg@aol.com –

slevildier@lgavocats.fr –

iguttadauro@lgavocats.fr

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