Violence intrinsèque du mariage forcé et violences induites – dont les viols

« Le mariage forcé n’est pas l’apanage d’une culture particulière et aucune culture n’a le monopole du libre chois amoureux. Mais surtout, toute atteinte à cette liberté individuelle constitue une violence contre laquelle résistent des milliers de filles , de jeunes femmes, et aussi des hommes. Le refus du mariage forcé existe depuis des siècles tandis que le respect de la liberté d’aimer s’est imposé, au fur et à mesure des révoltes individuelles des femmes, à la fin du siècle dernier. L’universalité de la violence du mariage forcé et de la résistance des victimes est à la croisée de faits sociaux et culturels dont la complexité peut faire obstacle à la protection des victimes. Comment repérer un mariage forcé ? Quel est le cadre juridique de la lutte contre cette violence ? Comment accompagner les victimes, en particulier les jeunes femmes ? Ce guide propose des éléments de connaissance et de réflexion, ainsi que des pratiques expérimentées par divers acteurs et actrices de terrain qui accompagnent, depuis de longues années, les jeunes qui veulent faire valoir leurs droits face aux discriminations et aux violences intrinsèques au mariage forcé »

La brochure est divisée en trois parties :

  • Connaître et prévenir le mariage forcé

  • Recourir à la loi pour lutter contre le mariage forcé

  • Accompagner les personnes exposées à un mariage forcé

J’aborde principalement des éléments de l’introduction et de la première partie.

En introduction, les auteur·es expliquent les raisons de ce guide, « Le principal objectif de ce guide est d’aider à mieux repérer un mariage forcé et ses conséquences sur les victimes, de partager des savoirs en matière d’accompagnement juridique et social, ainsi que de présenter des bonnes pratiques et des pistes de solution construites en partenariat entre les pouvoirs publics et les associations pour apporter des réponses concrètes aux situations rencontrées sur le terrain. Ce guide rend également visibles les éléments qui font obstacle à l’action ou qui, au contraire, la facilitent. » et analysent les liens entre « libre choix amoureux » et « mariage forcé ».

Elles et ils discutent du consentement, de l’âge minimum pour le mariage civil, du « libre choix amoureux », de l’autonomie des individu·es, du contrôle de la sexualité des femmes, du retard du code civil, des expressions – crime passionnel, crime d’honneur – masquant les réalités des féminicides. Elles et ils soulignent que le mariage forcé « manifeste la volonté obsessionnelle de contrôler le corps et la sexualité des femmes » et se traduit par des viols. Violence intrinsèque du mariage forcé et violences induites. « Le mariage forcé, synonyme de viols répétés, prend ainsi racine dans le contrôle de la sexualité des femmes, tout particulièrement par la famille et la belle-famille. Violence à part entière, le mariage forcé va, de ce fait, à l’encontre de l’autonomie et de la liberté de la personne, y compris de sa liberté amoureuse et de son droit de choisir. ».

Ce n’est pas à la famille, au clan, à la communauté de « déterminer les choix conjugaux ou amoureux de leur(s) enfant(s) », ni pour préserver des intérêts familiaux, ni pour maintenir une « identité cultuelle ou culturelle » largement fantasmée, ni pour aucune autre raison… Dois-je souligner que les parent·es ne sont pas des propriétaires d’enfants mais devraient être des adultes bienveillants assurant les moyens de l’autonomie de ces futur·es citoyen·ne·s.

La première partie de la brochure traite de l’identification de situation de mariage forcé (mariage coutumier ou traditionnel, mariage sanction, mariage « thérapeutique », mariage lié à des crimes dit d’« honneur » – l’honneur des hommes déplacé entre les cuisses des femmes), de consentement libre et éclairé, du rappel que « céder n’est pas consentir », de violences et de viols, de l’asymétrie entre filles et garçons dans les mariages forcés, d’esclavage domestique, de dissimulation de viol ou d’inceste, de normes patriarcales, de contrôle de la sexualité des filles, etc.

Les auteur·es indiquent des signaux d’alerte et soulignent des stratégies de résistance déployées par certain·es…

Une brochure à faire connaître. Des moyens et des possibles assistances aux résistances à une forme de violence souvent passée sous silence ou culturalisée pour des autres racisé·es, la violence des familles contre les mineur·es, le refus de l’autonomie des êtres humains, le contrôle des sexualités au nom d’une conception liberticide et anti-égalitaire de l’« honneur », la couverture des viols et autres violences « conjugales »…

Adric – Voix de femmes : Lutter contre le mariage forcé

Soutenir le libre choix amoureux et l’autonomie des jeunes

Guide_Lutter_contre_le_mariage_forcé

Paris 2017, 104 pages

Didier Epsztajn

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