Journal des Éditions Syllepse n°46 : Janvier 2018

VIENT DE PARAÎTRE

Alternatives Sud

État des résistances dans le Sud

Toujours rebelle, l’Amérique latine ?

L’analyse pays par pays donne des clés pour répondre à cette question.

Pour comprendre aussi, avec une distance critique, les ressorts de la contestation, les logiques des mobilisations, le renouvellement des revendications.

Leurs formes oscillent entre singularités nationales et tendances continentales.

La couleur des pouvoirs – conservateurs ou progressistes – et l’orientation des politiques – libérales ou souverainistes – surdéterminent le ton des mouvements sociaux.

Face à la poussée « extractiviste » qui a boosté les économies nationales, de droite comme de gauche, en période d’enchérissement des matières premières, la protestation ne s’est pas unifiée.

Elle s’est manifestée tantôt pour la redistribution des gains, contre la pauvreté et les écarts sociaux ; tantôt pour le buen vivir (vivre bien) et le respect de l’environnement, contre l’accaparement des territoires et des ressources.

L’enjeu qui s’impose est de surmonter les principaux facteurs de division des « gauches sociales » latino-américaines, sur fond de crise du « socialisme du 21e siècle » et de retour des oligarchies à la tête de plusieurs États. Luttes contre l’ordre établi, mises en cause syndicales du néolibéralisme, voire du capitalisme, résistances indigènes au saccage des forêts, expressions citoyennes antiracistes, alternatives pratiques au modèle de développement dominant, affirmations féministes, dynamiques sociales et politiques émancipatrices, actions en faveur de la démocratisation des institutions et des sociétés…

Éditorial de Bernard Duterme : Amérique latine : des pouvoirs et des luttes, editorial-de-bernard-duterme-amerique-latine%E2%80%89-des-pouvoirs-et-des-luttes/

Uruguay : luttes sociales, fragmentations et crise progressiste, uruguay%E2%80%89-luttes-sociales-fragmentations-et-crise-progressiste/

Note de lecture : oppositions-a-la-domination-patriarcale-et-aux-effets-socio-environnementaux-de-la-dependance-et-de-la-division-internationale-du-travail/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_24_iprod_714-amerique-latine.html

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L’envers de Flins

Une féministe révolutionnaire à l’atelier

Fabienne Lauret

Le 3 mai 1972, Fabienne Lauret est embauchée à l’atelier couture de Renault-Flins. Issue de la génération de Mai 68, membre du groupe Révolution !, elle est une établie, comme on appelle ces jeunes militant·es qui entraient en usine pour changer le monde. Elle y restera plus de trente-six ans.

Loin des clichés habituels, elle nous raconte la condition ouvrière moderne, la souffrance au travail, l’exploitation quotidienne.

Féministe, elle est plus particulièrement sensible à la condition des ouvrières et au sexisme dont elles sont victimes, tant de la part de leurs collègues ouvriers que de la direction patronale. La bataille qu’elle mène avec détermination est longue, rude et exige une infinie patience.

Militante CFDT, puis déléguée syndicale, elle anime ses premières grèves. Indissociables de son parcours professionnel, ses activités syndicales nous plongent au cœur des fortes luttes sociales qui ont secoué l’usine de Flins.

Élue au comité d’entreprise, puis salariée de celui-ci, elle participe au développement d’une autre conception de cette institution sociale, qui heurte les conservatismes de la direction syndicale qui succède à la CFDT et qui utilise contre elle les méthodes patronales les plus éculées.

L’Envers de Flins, parcours de vie, parcours de lutte, est aussi le témoignage vivant et fort d’une féministe ouvrière qui n’a jamais renoncé à transformer le monde.

Préface d’Annick Coupé : preface-dannick-coupe-a-louvrage-de-fabienne-lauret-lenvers-de-flins-une-feministe-revolutionnaire-a-latelier/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_717-l-envers-de-flins.html

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Guide du Paris colonial et des banlieues

Rues, boulevards, avenues et places, sans oublier collèges, lycées, statues et monuments parisiens, sont autant de témoins de l’histoire et de la légende du colonialisme français.

Alors qu’aux États-Unis, poussées par les manifestant-es, les statues des généraux esclavagistes s’apprêtent à quitter les rues pour gagner les musées, ce guide invite à une flânerie bien particulière sur le bitume parisien.

Sur les quelque 5 000 artères et places parisiennes, elles sont plus de 200 à « parler colonial ». Qui se cachent derrière ces noms, pour la plupart inconnus de nos contemporains ? C’est ce que révèle ce livre, attentif au fait que ces rues ont été baptisées ainsi pour faire la leçon au peuple de Paris et lui inculquer une certaine mémoire historique.

On n’y retrouve pas uniquement les officiers ayant fait leurs classes « aux colonies ». Il y a aussi des « explorateurs » – souvent officiers de marine en « mission » –, des bâtisseurs, des ministres et des députés. On croise également des littérateurs, des savants, des industriels, des banquiers, des « aventuriers ».

Laissons-nous guider, par exemple, dans le 12e arrondissement. Le regard se porte inévitablement sur le bâtiment de la Cité de l’histoire de l’immigration, l’ancien Musée des colonies construit en 1931 pour l’Exposition coloniale qui fut l’occasion d’honorer les agents du colonialisme et d’humilier ses victimes.

Les alentours portent la marque de l’Empire colonial : rues et voies ont reçu le nom de ces « héros coloniaux » qui ont conquis à la pointe de l’épée des territoires immenses.

Les alentours de l’École militaire sont également un lieu de mémoire très particulier, très « imprégné » de la culture coloniale.

Dans le 16e, nous avons une avenue Bugeaud : Maréchal de France, gouverneur de l’Algérie, il pratique la terre brûlée et les « enfumades ». Il recommande d’incendier les villages, de détruire les récoltes et les troupeaux, « d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer ». Il faut, ordonne-t-il, « allez tous les ans leur brûler leurs récoltes », ou les « exterminer jusqu’au dernier ». S’ils se réfugient dans leurs cavernes, « fumez-les à outrance comme des renards ».

Un peu partout, dispersées dans la capitale, on traverse des rues et des avenues dont les noms qui, tout en ayant l’apparence de la neutralité d’un guide touristique, sont autant de points de la cartographie coloniale : rues de Constantine, de Kabylie, de Tahiti, du Tonkin, du Dahomey, de Pondichéry, de la Guadeloupe… Toutes célèbrent des conquêtes et des rapines coloniales que rappellent la nomenclature des rues de Paris.

Classés par arrondissement, les notices fournissent des éléments biographiques sur les personnages concernés, particulièrement sur leurs états de service dans les colonies. Des itinéraires de promenade sont proposés qui nous emmènent au travers des plaques bleues de nos rues en Guadeloupe et en Haïti, en Afrique, au Sahara, au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Nouvelle-Calédonie, en Indochine, à Tahiti, etc.

Un livre qui se veut un outil pour un mouvement de décolonisation des cartographies des villes et qui propose un voyage (presque) immobile dans la mémoire coloniale de Paris.

Are these the ten ‘most shameful’ street names in Paris?, are-these-the-ten-most-shameful-street-names-in-paris/

Should Paris get rid of its colonial names?, should-paris-get-rid-of-its-colonial-names/

200 rues parisiennes rendent hommage à la colonisation et c’est inadmissible, 200-rues-parisiennes-rendent-hommage-a-la-colonisation-et-cest-inadmissible/

French authors of « colonial Paris » guide hope to spark Rhodes Must Fall-style movement (suivi de la traduction en français), french-authors-of-colonial-paris-guide-hope-to-spark-rhodes-must-fall-style-movement-suivi-de-la-traduction-en-francais/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_719-guide-du-paris-colonial-et-des-banlieues.html

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Une parole juive contre le racisme

2e édition revue et augmentée

Des Juifs s’expriment contre le racisme.

Pas seulement contre l’antisémitisme. Contre toutes les formes du racisme !

Les Juifs sont encore parfois victimes de crimes de haine, mais les principales victimes des discriminations et agressions racistes aujourd’hui ne sont plus les Juifs. Dans notre société, négrophobie et bavures policières ont partie liée tandis que l’islamophobie inventive des autorités ouvre la porte aux discriminations et légitime les agressions.

Musulman·es, Noir·es, Asiatiques, réfugié·es, homosexuel·les… les formes du racisme changent, mais des procédés comparables d’exclusion sont à l’œuvre.

Il faut d’abord définir le racisme : sa prétention à être « scientifique » doit être anéantie : le racisme est une construction politique et sociale. Pour le comprendre, deux questions doivent être posées : « Le racisme, à quoi ça a servi ? » et « À quoi sert le racisme aujourd’hui ? »

Les auteur·es partent de l’histoire des Juifs dans l’Europe de la Shoah comme dans les pays arabes colonisés. C’est pour mettre cette histoire douloureuse au service des solidarités antiracistes d’aujourd’hui. C’est le sens des actions évoquées ici, comme le Manifeste des enfants cachés dans lequel des victimes des lois raciales vichystes rappellent que sans la solidarité active de délinquants solidaires, ils ne seraient pas en vie.

Il faut remonter plus loin dans l’histoire : le racisme d’État a produit la traite négrière, l’esclavage codifié dans le Code noir. Le colonialisme est à l’origine d’un siècle et demi de discriminations légales, dont l’apartheid sud-africain.

Les fondements du profond racisme qui imprègne la société française se trouvent incontestablement dans des institutions, des pratiques et des discours qui ont été élaborées dans le cadre de l’empire colonial français.

Ce livre est une petite pierre à ajouter à la construction d’une nouvel antiracisme politique et décolonial, dans la solidarité avec les mouvements autonomes des racisé·es.

Note de lecture (première édition), prendre-le-parti-de-luniversel-de-la-fraternite-de-laction-solidaire/

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_25_iprod_715-une-parole-juive-contre-le-racisme.html

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Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas

Andrea Dworkin

Une extraordinaire écrivaine féministe. Des textes poignants, la colère face aux meurtres, aux viols, à la pornographie, à l’anéantissement des femmes dans la sexualité masculine.

La première partie est composée de deux textes à orientation biographique. Dans la seconde, l’auteure aborde, entre autres, le travail de l’écriture, New York, le féminisme radical, Kate Millett, la pornographie, la misogynie, la critique du déterminisme biologique, le judaïsme, le pouvoir des hommes, le viol, la fétichisation des corps, les actes et la violence sexuelle, la colère de la survivante… La troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la « fierté lesbienne », à la nuit et aux dangers, aux actions « Reprendre la nuit », au racisme et au masculinisme, aux assassinats de femmes comme politique sexuelle, à la résistance face à la terreur et la torture, à la prostitution…

Les livres d’Andrea Dworkin, dont ce recueil offre une palette, restent d’actualité en ces temps de remise en cause des droits des femmes au nom de « traditions » ou du fantasme de l’égalité-déjà-là : « Souvenez-vous-en, mes sœurs, durant les temps obscurs qui s’annoncent. »

Son style, très novateur, mêle la radicalité des analyses féministes et la beauté de la langue : « J’ai utilisé l’écriture pour emmener le langage là où était la souffrance des femmes – et leur peur – et j’ai continué mes fouilles à la recherche de mots capables de porter le fardeau de dire l’indicible. »

L’intransigeance face aux violences contre les femmes et l’onde puissante des mots. Il ne s’agit donc ici ni d’analyses universitaires ni d’indignations désincarnées, mais bien d’une voix littéraire, nouvelle et forte, qui bouleverse notre compréhension de la domination masculine.

Préface de Christine Delphy à l’anthologie d’Andrea Dworkin, preface-de-christine-delphy-a-lanthologie-dandrea-dworkin-souvenez-vous-resistez-ne-cedez-pas/

Note de lecture : dans-son-coeur-elle-vit-le-deuil-de-celles-qui-nont-pas-survecu/

Présentation détaillée du livre : andrea-dworkin-une-anthologie-a-paraitre-en-co-edition-syllepse-et-remue-menage

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_22_iprod_711-souvenez-vous-resistez-ne-cedez-pas.html

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EN AVANT PREMIERE

Vie de Karl Marx

À l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Marx (1818-1883), la célèbre biographie écrite par Franz Mehring, et publiée en allemand en 1918, paraît dans une édition entièrement retraduite, enrichie d’un ample appareil critique et d’études complémentaires, ainsi que d’une biographie politique de son auteur.

Ce n’est qu’en 1983 que l’ouvrage a été traduit en français et publié pour la première fois. Mais la traduction, l’avant-propos de Jean Mortier portent l’empreinte du recyclage de Marx par l’idéologie stalinienne.

Cette première traduction française comportait 600 pages, la nouvelle, commentée et annotée par Gérard Bloch en occupe près de 1 600, réparties en 2 volumes dans un coffret.

Pas de quoi effrayer les lecteurs et les lectrices. En effet, la vivacité de l’œuvre de Franz Mehring est entretenue par Gérard Bloch qui nous fait découvrir de nouveaux paysages en éclairant ceux peints par Mehring.

Il partage avec Mehring la vaste connaissance du parcours de Marx et possède une vue plus complète des écrits de ce dernier, soit ceux publiés après 1918.

Il combine exactitude et érudition en donnant accès dans ses notes aux textes originaux de Marx auxquels Mehring ne fait qu’allusion.

Il accompagne avec pédagogie les lecteurs et les lectrices sur les tracés allant de Marx et Engels à Mehring et aux débats politiques de l’époque, dont plus d’un s’inscrivent dans les temps présents.

Coéditée par Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris), l’œuvre magistrale de Mehring est désormais disponible dans une édition française, complètement nouvelle et augmentée.

https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_21_iprod_722-vie-de-karl-marx.html

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Les rencontres de Syllepse

Mercredi 7 février à 18h30

Thomas Sankara présent !

À l’occasion de la parution du recueil des discours de Thomas Sankara

qu’il a rassemblé dans La Liberté contre le destin

Bruno Jaffré nous parlera de l’actualité du révolutionnaire burkinabè.

***

Mercredi 14 février à 18h30

Décoloniser les rues de Paris

À l’occasion de la parution du 

Guide du Paris colonial et et des banlieues

Rencontre débat avec les auteurs

Les rencontres de Syllepse
Le Maltais rouge
40 rue de Malte, Paris 11
e
(métro République/Oberkampf)

Les rencontres avec les auteur-es

L’Envers de Flins,
une féministe révolutionnaire à l’atelier

avec Fabienne Lauret

Samedi 10 février 2018
15h à 18h

Librairie La Nouvelle Réserve
5 Rue du Maréchal Foch
78520 Limay

***

Mardi 13 février 2018
à 18h

Librairie Le Pavé du canal
3 bis, quai Fernand Pouillon, halle Sud Canal
78180 Montigny-leBretonneux

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Bonne lecture après un détour chez votre libraire habituel

Editions Syllepse

69, rue des Rigoles – 75020 Paris


O1 44 62 08 89


Diffusion: Sofédis / Distribution: Sodis

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