Un pyromane planétaire

(Université de Yale – New Haven – Connecticut 06520 – États-Unis – 9 Décembre 2017)

Donald Trump, contrairement à ce qu’indiquent de nombreux commentateurs, n’a pas reconnu Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël. On reconnaît quelque chose qui existe. Or, en réalité, comme en droit international et en géopolitique tout court, Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël.

C’est de la part de Donald Trump une décision lourde de conséquences. Elle pourrait à nouveau embraser tout le Moyen-Orient et peut-être plus. Intifada ou est-il fada ? Les deux à la fois, mon capitaine ! Car, nous en sommes persuadés, cette éructation est aussi le symptôme de sa part, plus encore que de lacunes en géo-histoire, la chose était avérée depuis fort longtemps, le symptôme d’une grave perturbation de l’état mental.

Nous y reviendrons avec l’aide d’un spécialiste psychiatre qui a longuement étudié ce cas difficile. Mais tout d’abord, Jérusalem.

La position de la communauté internationale et les textes juridiques de l’ONU n’ont pas varié depuis 70 ans, lors de la création, le 29 Novembre 1947, de l’État d’Israël : Jérusalem était placé sous un régime d’administration internationale destiné entre autres à préserver les droits plus que millénaires des trois monothéismes sur ce qu’il est convenu d’appeler, c’est une convention et nous nous y plions, les Lieux Saints.

La première guerre israélo-arabe de 1948 consécutive au refus des États arabes de la région de reconnaître l’existence de l’État d’Israël, trancha la chose différemment : la partie ouest de la ville, Jérusalem-Ouest fut conquise militairement par Israël qui décidait vouloir en faire sa capitale ; la moitié orientale où se situent les fameux Lieux Saints (la Basilique du Saint-Sépulcre, le Mur des Lamentations et la Mosquée Al-Aqsa) bascula sous la tutelle jordanienne. La communauté internationale persista à ne reconnaître aucun caractère de capitale à la ville. C’est Tel-Aviv qui fut officiellement désignée comme capitale. Elle est le siège depuis 70 ans des ambassades auprès Israël des pays du monde entier.

En Juin 1967, à l’issue de la Guerre des Six-Jours et de sa victoire contre les pays arabes, Égypte, Syrie et Jordanie, Israël s’empara non seulement du Sinaï, de la Cisjordanie et de Gaza, mais également de Jérusalem-Est.

Annexion et occupation non conformes au droit international et condamnées le 22 Novembre 1967 par la résolution 242 des Nations-Unies.

Cette dernière enjoignait à Israël l’obligation de la restitution de tous les « Territoires Occupés », y compris Jérusalem-Est. Les ambassades du monde entier demeuraient à Tel-Aviv.

Depuis les accords d’Oslo de 1993, l’espoir se faisait jour que, dans la perspective du fameux « deux peuples, deux états » avec la reconnaissance d’un État Palestinien, Jérusalem puisse devenir la capitale des deux états enfin en paix.

Après l’assassinat, en 1995, de Yitzhak Rabin par un étudiant israélien d’extrême droite, le processus d’Oslo fut progressivement détricoté par tous les gouvernements israéliens, qu’ils soient travaillistes ou du Likoud, de Shimon Pérès à Benjamin Nétanyahou. Par l’arme insidieuse et perverse du processus de colonisation de la Cisjordanie. Nous en sommes là aujourd’hui. Pour conclure, Jérusalem capitale ? Décision nulle et non avenue, illégale et non conforme aux droit international et à la Charte des Nations unies.

Revenons maintenant, non à nos moutons mais à notre autre préoccupation, la santé mentale du dirigeant de la première puissance militaire mondiale, dont il est dit que lors d’un briefing récent avec des experts en relations internationales, il aurait questionné avec insistance : « Pourquoi avons-nous des armes nucléaires si l’on ne peut pas s’en servir ? »

Nous sommes aujourd’hui à New Haven (Connecticut), à l’Université de Yale pour y rencontrer le Dr Bandy Lee, neuropsychiatre à l’Université de Yale et auteure d’un ouvrage maintenant largement connu aux États-Unis, A dangerous case. Psychiatrists and mental health assess a President (Un cas dangereux. Psychiatres et experts en santé mentale jugent un Président).

Bandy Lee y a analysé les discours et agissements du cas Donald. Elle a bien voulu répondre à nos questions.

Bonjour Bandy Lee. Nous venons de prendre connaissance de votre ouvrage. Son contenu n’est pas sans gravement nous inquiéter. Quel est le problème, à votre avis, concernant ce patient particulier ? Le facétieux milliardaire aurait-il une face cachée ?

Mes confrères et moi-même avons étudié son discours et son comportement sur la longue période, déjà antérieure à son élection. Les troubles sont nombreux et évidents.

Agressivité verbale, passé d’abus sexuels, exhortation à la violence et surtout attirance permanente, maladive pour la violence, la violence comme ressort de l’autorité. Je rajouterai la grande imprudence, l’impulsivité, la paranoïa et le besoin irrépressible, en français, pardonnez-moi, vous dites de « plastronner ».

Cela fait effectivement beaucoup. Nous percevons évidemment à la lecture de votre ouvrage tous les dangers potentiels d’une telle situation.

C’est inéluctable, de tels comportements ont toujours déclenché des guerres. Je crains que rien ne puisse venir l’inhiber dans l’éventualité où il se sentirait « obligé » de détruire le monde. Son absence de lucidité et de sang-froid dans le traitement du périlleux problème nord-coréen en est l’illustration éclatante. Plus il se considère sous pression, plus cela attise chez lui des pulsions destructrices.

Nous sommes là bien loin, vous concernant vous et vos confrères, de l’obligation au sacro-saint secret médical. Existe-t-il pour vous médecins un devoir moral d’alerte de l’opinion et des autorités ?

Notre devoir est d’avertir lorsqu’il y a danger. À l’heure où nous en sommes, de toute urgence, nous recommandons une prise en charge médicale et un bilan complet de santé mentale.

Jean Casanova

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.