« N’oublie pas que tu fus étranger, accueille l’errant »

9782729119843,0-1397870« Aujourd’hui, en ce jour d’août de l’an 2000, je m’en vais sur la terre paternelle. Ce pays que je n’ai jamais vu. Destination Alger »

Un autre pays, son pays étranger. Hier en futur retardé, aujourd’hui en décalage. Déchirure des temps traversés par les souvenirs ou les présences, « Le processus du mental-cases-mémoire-altérée s’enraye »…

Les regards, « Des prunelles comme traversées par des clous de cristal », le soleil infatigable, la ségrégation spatiale, les lieux des hommes et ceux des femmes, le public et le privé, les taxis, les problèmes d’eau, les visages, les mots échangés, « Ecoutez les variations du mot « guerre ». », les boissons, un bourg : Malika…

Des lieux, les hommes entre eux, les flics de la religion et ceux du pouvoir, « Entre les hyènes et les vautours », une tombe à visiter, « J’irai sur la tombe du pater ou je n’ira pas », le théâtre, « Se laisser griser comme on le ferait d’un dernier baiser »…

Le pater, son ombre, « son ombre morbide d’exilé. L’ombre qui se trainait jusqu’à son bar-ghetto », les six années « de course après l’oubli », les interdits…

Nina, « Il viendra ce jour où j’irai là-bas ? Même si je ne sais pas si j’en reviendrai. Il viendra ce jour où je comprendrai ce qui nous a séparés. ». Un matin Nina fit ses adieux, « Un cocktail choc de sédatifs »…

Le poids des présences et des absences.

Guides et ouvertures d’espaces, Mahmoud puis Amina. Le rythme changeant des mots, les variations sur les instants, sur les espaces, « Ici les femmes entre elles sont souvent prodigues de paroles », les autres dialogues, les désirs…

« J’ai le mal du pays ? De quel pays ? », s’inventer une autre famille, revivre sa naissance, pleurer « comme un chien laissé seul dans une pièce et qui ne comprend pas », les larmes au bord des cils, une allumette brule entre les doigts…

Des déchirements, une violence diffuse, les quotidiens et les mille gestes, ici aujourd’hui et hier, « Mourir pour un ciel neuf, serait-ce rassembler serein-courage et blanc désespoir ?».

Malika, « Tu verras, tu vas l’aimer, l’Algérie », son pays étranger… 

Sandrine Charlemagne : Mon pays étranger

Editions de la Différence, Paris 2012, 254 pages, 18 euros

Didier Epsztajn

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