Les femmes et la planète avant le profit

ax 183 couvEdito : Fortes et fières, contre la violence

Qu’est-ce que la violence ? Malheureusement beaucoup d’entre nous peuvent répondre, du moins partiellement, à cette question. La violence, c’est l’emploi de la force, physique ou psychologique, pour contraindre et pour dominer. Elle prend de multiples formes : elle peut être, selon la perspective, séparément et tout à la fois politique, économique, psychologique, arbitraire, destructrice, légitime ou illégitime, elle peut même être juste, comme dans le cas des mouvements de libération par exemple, dont le féminisme fait partie. La violence est constitutive, sinon de notre humanité, du moins de notre vie commune – j’ose croire que ce n’est pas une fatalité. Mais toutes les violences évidemment ne se valent pas. Certaines violences sont plus violentes que d’autres. En particulier lorsqu’elles sont portées par l’ensemble d’un système social aussi enraciné et brutal que le patriarcat.

Le 25 novembre, c’est la Journée internationale de lutte contre les violences envers les femmes : l’occasion de rappeler que les femmes, parce qu’elles sont femmes, subissent toute une série de violences, depuis le sexisme ordinaire qui les emprisonne dans certaines fonctions (reproductrices, nourricières, sexuelles) jusqu’aux actes et aux assassinats féminicides, c’est-à-dire dirigés contre les femmes en tant que membres de ce groupe dominé que nous formons, politiquement, sur la planète. On peut imaginer ces violences comme faisant partie d’un « continuum », la déclinaison infinie d’une violence initiale, fondatrice, qui est de considérer que les femmes sont du fait de leur sexe subordonnées aux hommes, à leur service.

Je ne parle pas des histoires individuelles – qui gagnent pourtant toutes à être décryptées sous le prisme de la violence machiste, systémique – mais bien de notre histoire collective, de l’histoire qui nous unit jusqu’à présent, celle de nos quotidiens et celle de nos inlassables résistances. Nos rébellions, dont vous trouverez des témoignages tout au long de ce numéro. Du Burkina Faso aux États-Unis, du Maroc au Rajasthan, en passant bien sûr par notre Belgique, les femmes pratiquent avec courage et créativité – attention aux oreilles – la « dépatriarcalisation » : elles se débarrassent, déterminées, de cette glu patriarcale qui nous colle aux basques, et elles nous inspirent.

Attention : ceci n’est pas un appel aux armes.

Quoique.

Nous sommes fortes et nous sommes fières.

Nous ne nous laissons pas faire.

Sabine Panet

Dossier : Justice climatique pour les femmes

« Les personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes, en payent le prix fort, tandis que les entreprises multinationales, pourtant responsables du réchauffement et de l’exploitation irraisonnée des ressources planétaires, continuent leurs activités dévastatrices en toute impunité ».

Les auteures soulignent la nécessité de prendre en compte la situation des femmes dans les politiques de transition énergétique, parlent d’injustice et de justice climatique, de prix de l’alimentation, d’accès à l’eau, exacerbation des inégalités, de précarité énergétique et d’énergie pour toutes et tous…

En complément possible :

L’appel mondial des femmes pour la justice climatique :

http://womenclimatejustice.org/wp-content/uploads/2015/10/WGCCJ_French_RD1.pdf

Position d’associations françaises sur Femmes, genre et justice climatique :

position-dassociations-francaises-sur-femmes-genre-et-justice-climatique/

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2015/09/26/position-dassociations-francaises-sur-femmes-genre-et-justice-climatique/

Attac – 350.org : Crime climatique STOP ! L’appel de la société civile, lorsque-vous-etes-au-bord-dun-precipice-ce-nest-pas-la-poursuite-de-la-marche-en-avant-qui-permet-de-sen-sortir/

Attac : le climat est notre affaire, la-sobriete-contre-lausterite/

Noémie Klein : Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique, sur-le-livre-de-noemie-klein-tout-peut-changer-capitalisme-et-changement-climatique/

Sandrine Feydel, Christophe Bonneuil : Prédation. Nature, le nouvel eldorado de la finance, lensemble-de-la-planete-devient-une-marchandise-et-un-marche-financier/

Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz : L’événement anthropocène.  La Terre, l’histoire et nous, Politiser l’histoire longue de l’Anthropocène, penser ensemble cet âge dans lequel l’humanité est devenue une force géologique majeure

ATTAC : La nature n’a pas de prix. Les méprises de l’économie verte, note de lecture, Reconnaître la dette sociale et la dette écologique, irréductibles à la dette économique et financière

Alberto Acosta : Le buen vivir – Pour imaginer d’autres mondes : construire-collectivement-une-autre-facon-de-vivre/

De nombreux articles de la revue Alternatives Sud : category/revue/alternative-sud-revue/ et la rubrique Ecologie : coup-de-coeurs/ecologie/

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • La retraite des « sorcières », au Burkina Faso, des morts inexpliquées sont attribuées aux « mangeuses d’âme », des centres accueillent ces femmes accusées et bannies de la société.

  • Perturbateurs endocriniens : « c’est l’opacité la plus totale », problèmes de santé publique et industries contre la démocratie.

  • Cybersexisme : un nouveau fléau 2.0, une violence touchant particulièrement les jeunes, une expression de la violence patriarcale, « Le caractère sexiste de la cyber-violence se traduit par la réduction permanente à leur sexualité et à leurs corps – les injonctions habituelles de notre société machiste ».

  • Maghreb, la galère des mères célibataires, « Pour les femmes du Maghreb, avoir un enfant hors mariage est inadmissible et souvent illégal », 30 000 accouchements de mères célibataires par an au Maroc, « les mères célibataires qui souhaitent faire reconnaître leur nouveau-né devant la justice peuvent être condamnées pour prostitution ou adultère ». Les mères sont incriminées et les pères déresponsabilisés… Tabous sociaux et religieux… Heureusement des associations soutiennent les femmes qui ont un enfant hors mariage.

    (En complément possible : Nouvelles Questions Féminismes : Féminismes au Maghreb : faire-emerger-lindividu-femme-en-tant-que-citoyenne-a-part-entiere/)

  • Le matrimoine, l’héritage culturel des femmes. L’auteure souligne que les femmes sont généralement « les grandes oubliées des livres d’histoire », sont invisibilisées dans le domaine de la culture, « Conteuses, danseuses, musiciennes, poétesses, autrices, peintres et bien d’autres étaient réunies afin de faire connaître et reconnaître notre matrimoine ». L’héritage commun universel ne peut être réduit au « patrimoine »…

  • Tampons : la coupe est pleine, taxation comme des produits ne relevant pas de première nécessité, risques toxiques, l’auteure présente des alternatives…

  • La Marche Mondiale des Femmes au Québec

  • et toujours de riches rubriques : informations internationales et culture

Un journal de nos amies belges à faire connaître

axelle 183, novembre 2015, http://www.axellemag.be/fr/

Didier Epsztajn

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