AFTERMATH d’Andrea Dworkin

Image AFTERMATHThe Waterworks Company

An anglophone theatre for Montreal’s Sud-Ouest

Un théâtre anglophone pour le Sud-Ouest de Montréal

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AFTERMATH d’Andrea Dworkin :

Le « message jeté à la mer » posthume d’une icône du féminisme en première mondiale à Montréal

Montréal, le 24 août 2015 – La compagnie Waterworks, troupe de théâtre du Sud-Ouest de Montréal, présentera la première mondiale de la pièce « Aftermath » d’Andrea Dworkin (éditée pour la scène par Adam Thorburn), du 17 au 27 septembre, au Centre culturel Georges-Vanier de la Petite-Bourgogne. Cette production met en vedette l’actrice montréalaise Helena Levitt, et est mise en scène par Tracey Houston et Rob Langford.

En 1999, l’écrivaine et militante féministe Andrea Dworkin fut droguée et violée dans sa chambre d’hôtel à Paris. L’année suivante, elle décida de déclarer publiquement cette agression. En réponse, elle ne rencontra que de l’incrédulité. Le refrain, si connu des personnes ayant survécu au viol, retentit des alliés de même que de ses ennemis : avait-elle perdu la tête ? Pourquoi avait-elle pris tant de temps pour en parler ? Si elle ne s’en rappelait pas, comment savoir que l’événement avait réellement eu lieu ? Était-ce un coup publicitaire désespéré d’une personnalité publique dépassée ? Au cours de ses dernières années, son profil public ne s’est jamais remis de ce contrecoup.

Mais dans les premières semaines après cette agression, bien avant qu’elle ne se confie publiquement, Dworkin s’est vidé le coeur dans une nouvelle. Un dialogue entre le désespoir et la volonté de survivre, cette nouvelle est restée sur son ordinateur sans être vue, méconnue même de ses amis les plus proches, pour être enfin découverte après sa mort six ans plus tard.

Cette nouvelle est devenue « Aftermath ». Dans son récit, Dworkin examine les contours de l’espace vide que la drogue a laissé dans sa mémoire, là où le viol aurait dû être, et se demande si sa rébellion au long des décennies contre les restrictions de la condition féminine a été en vain. « Aftermath » est non seulement le témoignage d’un crime, mais un portrait de la lutte interne d’une révolutionnaire contre le doute de soi et l’isolement.

Andrea Dworkin est décédée il y a 10 ans cette année. Cet anniversaire coïncide avec une année d’attention médiatique sans précédent portée à l’épidémie de violence sexuelle. Les manchettes quotidiennes justifient les prophétiques appels à l’action qu’avait lancés Dworkin au cours des années 70, 80 et 90. Des révélations comme celles entourant Bill Cosby et Jian Ghomeshi ont amorcé un débat au sujet du refus de la société à croire ce que les femmes disent de leur propre expérience.

Il est difficile de ne pas sentir que ce contrecoup n’aurait pas eu lieu si Dworkin avait parlé de nos jours.

« Aftermath », percutant dans son intimité et sa candeur, fait contraste à la réputation publique de Dworkin comme être sans compromis, intrépide, prophétique. Le conjoint de Dworkin, l’auteur et militant John Stoltenberg (Refuser d’être un homme, éditions Syllepse, Paris) dit avoir trouvé cette nouvelle « fulgurante dans son intimité, féroce et irrévérencieuse, d’une intelligence grinçante, et émotionnellement à vif ». Nommé exécuteur testamentaire de l’oeuvre de Dworkin, Stoltenberg a découvert le texte sur le disque dur de l’ordinateur de Dworkin, en triant ses écrits après sa mort. « Elle l’avait écrite comme une note de suicide… cela n’a pas été le cas. Mais en choisissant ce format, elle a trouvé et libéré un langage qui donnait expression à l’expérience d’avoir survécu à l’intoxication délibérée et au viol comme aucune autre écrivaine connue ne l’a fait. »

Stoltenberg continue : « De toute évidence, elle a écrit ce texte pour elle-même afin de déterrer et d’exorciser sa douleur… Je ne savais vraiment pas si elle avait voulu en faire part au monde. Un jour, lorsque je relisais ce texte, un aspect de la rédaction m’a frappé: la voix du texte était celle d’un monodrame, une pièce de théâtre éloquente en solo. »

Stoltenberg a sollicité la collaboration d’Adam Thorburn (Stuyvesant Town: This is Your Home, November Spawned a Monster) qui a traité le manuscrit pour en faire cette pièce saisissante et percutante. Thorburn n’est pas étranger à l’oeuvre de Dworkin. Du vivant de celle-ci, Thorburn a mis en scène une pièce de style documentaire, « Freed Speech », basée sur les audiences publiques concernant la pornographie et les droits civils tenues à Minneapolis dans les années 80, une initiative de Dworkin et de la juriste réputée Catharine A. MacKinnon, pionnière de la loi sur le harcèlement sexuel. « Freed Speech » dramatisait les mots de Dworkin ainsi que les témoignages de MacKinnon et des survivantes de la pornographie.

Conscient de l’approbation et du soutien de Dworkin pour le traitement de Thorburn de « Freed Speech », Stoltenberg lui a confié le défi de condenser cette nouvelle de 24 000 mots, sans en changer les mots ou la structure. Rob Langford et Tracey Houston, les fondateurs de la compagnie Waterworks de Montréal (Palace of the End, Gidion’s Knot, Glory Dazed), une troupe dédiée à mettre en scène les meilleures oeuvres rédigées par des femmes dramaturges contemporaines, ont pris connaissance d’« Aftermath » pour la première fois l’année dernière à partir du fil Twitter de Stoltenberg, alors qu’il venait d’orchestrer avec Thorburn une lecture publique du texte à New York, avec l’actrice Maria Silverman.

Langford a contacté Stoltenberg et lui a proposé d’exécuter pour la première fois une mise en scène complète d’« Aftermath » ici à Montréal. « Je suis un grand admirateur des écrits de Dworkin et de John », dit Langford. « Mais en attendant l’occasion de lire le manuscrit, Tracey et moi nous nous demandions, ‘Mais est-ce que ça donnera du vrai théâtre ?’ Nous avons été convaincus dès la première page. »

Dans la pièce, Dworkin décrit son texte comme un message jeté à la mer. « C’est son manifeste pour la survie, » ajoute Houston. « Elle a débuté avec l’intention d’écrire ses derniers mots, et puis ensuite, je crois que son instinct d’écrivain a pris le dessus. Elle a réalisé que si ce message devait devenir son testament, elle allait s’assurer que tout le monde sache exactement ce qu’elle vivait. »

L’actrice montréalaise de la scène et de la télévision Helena Levitt (Pool [No Water], Being Human), relève le défi considérable de devenir l’alter ego d’Andrea Dworkin sur scène, un rôle qui requiert non seulement des répétitions, mais aussi de la recherche et un sens aigu de sa responsabilité.

« Je lisais les mots les plus privés et intimes d’une vraie personne et non d’un personnage. Je n’ai jamais été dans une telle situation auparavant où j’avais accès directement à autant d’information concernant un personnage que j’allais incarner, » a commenté Levitt. « J’ai eu accès non seulement aux mots d’« Aftermath » mais aussi aux livres qu’Andrea avait écrits et à tout que les gens avaient dit et écrit à son sujet. Je me sens comblée en tant qu’actrice d’avoir cet aperçu de ce qui l’a rendue si incroyablement brave et vulnérable… Le défi maintenant est d’être aussi authentique que je puisse l’être. »

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À propos de la production :

« Aftermath » est présentée du 17 au 27 septembre 2015, au Centre culturel Georges-Vanier, 2450 Workman, à Petite-Bourgogne, non loin du marché Atwater, au métro Lionel-Groulx.

Une première représentation spéciale aura lieu le jeudi 17 septembre à 20h00. Les représentations seront données au cours des deux fins de semaines suivantes, les vendredis à 20h00, les samedis à 16h00 et 20h00 et les dimanches à 16h00.

Le coût d’entrée est de 18$ / 13$ (au gré de l’acheteur ou acheteuse). Les billets sont disponibles via le portail Eventbrite, au site web www.waterworksmontreal.com, ou à l’entrée.

Des causeries avec invitées et invités spéciaux auront lieu après chaque représentation au cours de la première fin de semaine.

MÉDIAS: Le soir de la première, le 17 septembre, avant le spectacle, il y aura une rencontre médiatique en présence de John Stoltenberg, l’auteur, co-militant et conjoint de Dworkin jusqu’à son décès en 2005. Si vous désirez une invitation, veuillez nous contacter par courriel à : info@waterworksmontreal.com.

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À propos d’Andrea Dworkin:

Andrea Dworkin (1946-2005) est une écrivaine et militante, qui a notamment signé les oeuvres Intercourse, Right-Wing Women (disponible en français sous le titre Les femmes de droite, Les éditions du remue-ménage, Montréal), Pornography: Men Possessing Women, Scapegoat: the Jews, Israel, and Women’s Liberation, Woman Hating, et le roman Mercy.

Dworkin est une des sommités du mouvement féministe des années 1970 et 80. Bien connue pour sa défense des personnes ayant survécu à des agressions sexuelles et reconnue pour son radicalisme assumé, ses oeuvres gardent beaucoup d’influence aujourd’hui, bien qu’elles soient souvent mal comprises.

Dworkin croyait que la sexualité humaine a été déformée en un faux mode binaire masculin/féminin, basé sur le pouvoir, et que le viol, la violence sexiste, la prostitution et la pornographie collaborent quotidiennement à garder ce système en place.

Cette conviction lui a valu d’être caricaturée en radicale qui « haïssait les hommes ».

Cette caricature dissimule sa riche oeuvre littéraire et son analyse acérée de la vie contemporaine pour tout être humain – féminin, masculin, ou dans toutes zones grises.

Quand on lui a demandé comment elle désirerait que son oeuvre passe à l’histoire, Dworkin a dit: « Dans un musée, quand la suprématie masculine sera morte. J’aimerais que mes écrits deviennent des vestiges anthropologiques d’une société primitive disparue. »

CONTACT Rob Langford / info@waterworksmontreal.com

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