Entre le commerce le plus officiel et celui le plus enfoui, masqué

Il s’agit d’un premier rapport de recherche. Les auteurs analysent la transmigration de femmes des Balkans et du Caucase pour la prostitution, les « gardiens » Géorgiens et Serbes (entre autres), les liens avec les voyages de drogues opiacées (héroïne et morphine d’Afghanistan, de Turquie, Géorgie, etc.), la place des « clubs prostitutionnels », des dispositifs criminels à La Junquera, les stratégies d’expansion mafieuse dans le département des Pyrénées-Orientales et la passivité-complicité des pouvoirs régionaux…

« Le client connaît le canal étroit

par lequel passent les

subsides, les avantages

discrets, les subventions

habiles, les liquidités du parti

du corrupteur qui achètent son

silence et sa voix de corrompu » Kông Fùzî, 500 av J.C.

Les auteurs réaffirment le droit de recherche indépendante, la capacité à dégager des savoirs, hors des exécutifs politico-administratifs. « Nous sommes persuadés, au contraire, car c’est une de nos missions fondamentales d’universitaires en recherche, que tout citoyen peut, doit partager tous nos savoirs. »

Ils interrogent : « Que représentent dix mille femmes originaires des nations balkaniques et caucasiennes, en migration pour le travail du sexe, la prostitution, vers l’Italie du Sud, le Levant espagnol et la côte méditerranéenne andalouse, puis à travers la France, vers les nations permissives d’Europe du Nord, face aux millions de mouvements annuellement observables ? Bien peu au regard de ceux qui ne veulent pas voir ou savoir, énormément pour ceux qui comprennent qu’il s’agit d’une modalité de la tentaculaire mondialisation criminelle. Déploiement des inséparables trafics de femmes et de drogues et des multiples dégradations des rapports sociaux dans les sociétés traversées.

Que représentent quelques centaines de femmes à la frontière franco espagnole du Perthus-La Jonquera ? Une opportunité d’indignation, vite valorisée politiquement pour ceux qui voient, dans toute émergence « de surface » de tels phénomènes, une plus-value de pouvoir. Pour des chercheurs libres de soumission, la pénétration, par les stratégies mafieuses mondiales, du clientélisme politique débridé dominant le département des Pyrénées Orientales est un objet de recherche prioritaire : réorganisation des réseaux locaux de trafics de drogues, notamment chimiques en direction des adolescents, création d’un vivier prostitutionnel de jeunes, garçons et filles, en voie d’intégration des dispositifs internationaux sud-catalans, après le premier travail « artisanal » dans les bosquets de Perpignan et de ses environs ; et encore étude des nouveaux délabrements de la morale sociale par des bourgeois rentiers locaux qui investissent dans la nouvelle et seule mondialisation à leur portée : celle des mafias internationales en voie de naturalisation en Catalogne, nord et sud confondus ».

Dans cette étude, les auteurs se penchent « sur l’osmose entre les formations criminelles installées à La Junquera, à quelques kilomètres de la ligne frontalière, et le système politique clientéliste du département des Pyrénées Orientales ».

Ils font ressortir, entre autres, « comment cette machine à produire de l’argent à partir de la « chosification-marchandisation» des femmes enrichit les bourgeois-rentiers locaux, et, grâce à de multiples corruptions locales et internationales, dévoile la finalité profonde associée à ce premier commerce, plus cachée mais source de violences intenses et de profits plus importants : la diffusion des drogues et le blanchiment des revenus ainsi obtenus ».

Un rapport à lire.

Voir aussi :

Alain Tarrius, Lamia Missaoui, Fatima Qacha : Transmigrants et nouveaux étrangers, Socio-logiques, Presses Universitaires du Mirail 2013, D’ici et de là-bas et de l’entre-deux

Sylviane Dahan Catalogne : loi et ordre (des proxénètes), Catalogne : loi et ordre (des proxénètes)

Alain Tarrius – Olivier Bernet : Mondialisation criminelle, frontière franco-espagnole de la Junquera à Perpignan

Drogues, prostitutions, mafias, clientélismes politiques – Transmigration de femmes des Balkans et du Caucase pour le travail du sexe : Mer noire, Levant espagnol, France…

Recherche en cours : Cosmopolitismes méditerranéens

Pour obtenir gratuitement ce rapport en pdf, écrire à altarrius@gmail.com.

Didier Epsztajn

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