Je ne sais pas ce que j’ai fait aujourd’hui.

4Turin. De vieilles personnes disparaissent. Les mémoires se dissolvent. Certain-ne-s ne réussissent pas au TEST. Dans les rues, les supermarchés, les souterrains des Barbus, des Barbues, des Apocalyptiques.

Giovanni Ceresa note dans un carnet le passage des jours, la trace des événements. La vie quotidienne dans un environnement déliquescent. « J’ai trouvé un nom et une métaphore pour ces étranges souvenirs que je commence à retrouver dans mon esprit à l’improviste ».

Un être semble imperturbable aux aléas des variations, l’ami Winnie.

Des discussions étranges entre Winnie et Ettore. Introduction d’un autre plan. La vie serait-elle divisée, partagée, selon un clivage inaccessible ?

La maladie. La honte. « On a honte de cette maladie. Le voici, notre ennemi : la honte ». La honte, des brides de mémoires, de conscience, comme signes de résistance. « Ma maladie progresse moins rapidement que celle des autres, me semble-t-il. Et pourtant, parfois, je pense que les autres se souviennent de beaucoup plus de choses qu’ils ne le montrent, mais que c’est juste que ça leur plaît de se laisser aller, qu’ils ne s’efforcent en aucune façon de résister. Par contre, pourquoi je résiste, moi, je ne le sais vraiment pas ».

L’envahissement des téléphones portables, « ils ne parviennent pas à ne pas garder leur portable en main ».

Des dialogues comme échanges ou juxtapositions de mondes.

Écrire pour être encore. « Je me voyais moi-même et ce qui m’était arrivé pendant la journée comme on peut voir un réverbère ou un arbre dans la rue, et j’ai tout de suite tout couché par écrit ».

Le temps déréglé, en fuite. « La chronologie est de plus en plus un squelette vide : des annotations minimales que parfois, je ne comprends même plus – des numéros, des noms, des lieux, des adjectifs ».

Un monde étrange ressemblant pourtant au notre.

Un complot, des expériences, la baisse organisée de la démographie, la télévision utilisée comme abrutissement, des privilégiés et leur dictature, peut-être le revers, l’explication, ou une nouvelle projection fantasmée dans un monde orwellien. Et pourtant…

Alessandro De Roma : La fin des jours

Traduit de l’italien par Pascal Leclercq

Editions Gallimard, Paris 2012, 307 pages, 22 euros

Didier Epsztajn

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