Éclairer les camarades disparu-e-s de nouveaux rayons de lumière

4David Fuks dans sa préface souligne avec raison « Non, les Juifs ne sont pas allés à l’abattoir comme des moutons » Il y eu différentes formes de résistances, dans un contexte d’isolement social, de stigmatisation (surtout pour les immigré-e-s venant d’Europe de l’est), de racisme étatique. Sans oublier le silence de celles et ceux qui savaient sur les massacres et sur cette destination vers l’est de l’Europe. Différentes formes de résistance donc, et il faut aussi souligner, si besoin était, l’extrême jeunesse des jeunes juifs et juives entrant en résistance.

Le mépris des dominants et l’écriture révisionniste de l’histoire du point de vue des vainqueurs sur la faiblesse des dominé-e-s fait aussi partie de la domination et expliquent en partie l’indifférence vis à vis de ces jeunes résistants vivant en France. Les mémoires de Jacques Kott sont un témoignage supplémentaire du refus et de la résistance. Mémoires d’enfance en Pologne, mémoire de la langue yiddish, mémoire de l’immigration. Mémoire de l’immigration juive installée à Roanne. Mémoire de l’engagement dans des groupes sionistes de gauche comme l’Hachomer Hatzair, qui sera souvent une passerelle vers le communisme (dans toutes ses « variantes »). Mémoires de la Main-d’oeuvre immigrée (MOI) et de la vie en clandestinité.

Organisation de jeunes juifs à Lyon, l’Union de la Jeunesse Juive (UJJ) publie Jeune combat, dont des numéros sont reproduits dans ce livre. Ce qui permet aujourd’hui de lire un pan de cette histoire souvent mal connue, ignorée ou enfouie aujourd’hui par historiographie sioniste et conservatrice…

Mémoires du pacte Ribbentrop-Molotov, de cette alliance entre l’Union soviétique stalinienne et l’Allemagne nazie, pour le partage/dépeçage, entre autres, de la Pologne.

Mémoires aussi de la marginalisation de l’apport et de l’importance des « étrangers » par le PCF à la fin de la guerre. La résistance devait être « française » ! Il fallut bien des années pour que resurgisse l’Affiche rouge !

Mémoires sur les falsifications staliniennes, l’antisémitisme institutionnel soviétique et le procès des blouses blanche, les procès staliniens en France, les organisations commerciales « communistes », les effacements pour rendre les photos adéquates aux errements des lignes politiques « Le Parti avait ses grands hommes, ses héros et puis ses renégats qu’il convenait d’effacer de la mémoire collective comme s’ils n’avaient jamais milité et, en d’autres termes, jamais existé ».

Il faut lire ces mémoires et espérer que d’autres seront publiées. Pour ne pas oublier celles et ceux qui combattirent le nazisme aussi en tant que juifs et juives. Un ouvrage richement illustré.

Je signale, que si l’auteur semble se féliciter du soutien de l’Urss à la Haganah et à la création de l’État d’Israël, il se tait sur la spoliation et la négation des droits des populations palestiniennes ou sur le versant colonialiste du sionisme.

Jacques Kott : Combattant de l’ombre. De la résistance juive aux procès staliniens

Editions Syllepse, Editions Syllepse – Combattant de l’ombre, Paris 2013, 157 pages, 20 euros

Didier Epsztajn

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