Le Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté – N° – 235– 1er novembre 2013

MMFBonjour, voici quelques textes, rendez-vous et communiqués concernant les droits des femmes, en espérant qu’ils vous seront utiles. Ceci est un bulletin de collecte d’informations, ce qui veut dire que nous ne sommes pas obligatoirement d’accord avec tout ce qui est écrit (sauf pour les communiqués signés Marche mondiale des Femmes). Si vous recevez ces informations plusieurs fois (attention, vérifiez que l’envoyeur est bien directement la Marche) ou si vous ne voulez plus les recevoir, répondez à ce mail. Faites passer à vos réseaux et ami-es.   Site : http://www.mmf-france.fr

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SOMMAIRE

1 – Des sites pour s’informer – Page 1

2 – Manifestation du 25 novembre, le… 23 novembre – Page 1

3 – Prostitution – Violence ! – 30 jours – 30 témoignages – Page 2

4 – 1000 jeunes pour l’abolition de la prostitution – Page 3

5 – Lutte contre la prostitution : ne tombons pas aussi bas – CLEF – Page 3

6 – 343 salauds : le Mouvement du Nid vous dit MERCI ! – Page 4

7 – « L’appel « Touche pas à ma pute » humilie les femmes » – Anne Zelensky – Présidente de la Ligue du droit des femmes – Page 4

8 – Non messieurs,  les corps ne sont pas à vendre ! – CLEF – Page 5

9 – Les « Paye pour jouir » me dégoûtent, c’est ma liberté – laconnectrice.fr – Page 6

10 – 1881 hommes contre la prostitution – ZeroMarcho – Page 7

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SPÉCIAL

ABOLISSONS LA PROSTITUTION ! – 3

1 – Des sites pour s’informer

Court-métrage choc de la campagne Jeunes : http://lesjeunespourlabolition.fr/

30 jours, 30 témoignages : http://www.scoop.it/t/prostitution-30-jours-30-temoignages

http://www.abolition2012.fr/

http://www.scoop.it/t/prostitution-30-jours-30-temoignages

http://www.scoop.it/t/abolition2012

Revue de presse d’articles contre la pétition des 343 salauds : http://christineld75.wordpress.com/2013/10/31/affaire-des-343-macho-salauds-revue-de-presse-et-de-tweets/

2 – Manifestation du 25 novembre, le… 23 novembre

Le Collectif Abolition 2012 appelle

à la Manifestation à Paris

SAMEDI 23 NOVEMBRE

14h30 Place du 18 juin

Carrefour Rue de Rennes / Bd Montparnasse

Métro Montparnasse

Acte sexuel imposé par l’argent, la précarité et les inégalités, le système prostitueur constitue la dernière violence des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. C’est pourquoi, dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et quelques jours avant l’examen d’une proposition de loi abolitionniste à l’Assemblée nationale, les principales associations françaises de soutien aux personnes prostituées, de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes se mobilisent pour l’adoption d’une loi globale abolitionniste engageant enfin la France auprès des personnes prostituées et contre le système prostitueur.

3 – Prostitution – Violence ! – 30 jours – 30 témoignages

30 jours d’actions pour abolir le système prostitueur

PROSTITUTION = VIOLENCE !

25 octobre – 25 novembre 2013 :

30 jours d’actions contre les violences sexuelles et sexistes !

30 jours d’actions pour abolir le système prostitueur !

Acte sexuel imposé par l’argent, la précarité et les inégalités, le système prostitueur constitue la dernière violence des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. C’est pourquoi, à l’approche de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et de l’examen d’une proposition de loi abolitionniste à l’Assemblée nationale, les principales associations françaises de soutien aux personnes prostituées, de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes se mobilisent pendant 30 jours pour l’adoption d’une loi globale abolitionniste engageant enfin la France auprès des personnes prostituées et contre le système prostitueur.

PROSTITUTION = VIOLENCE, c’est :

– Un jour, un témoignage : pour en finir avec la banalisation de la violence prostitutionnelle, nous associations publieront chaque jour un témoignage direct d’une personne ayant connu la prostitution ;

– Des dizaines d’événements en France : retrouvez sur notre blog le calendrier de notre tour de France de l’abolition en 30 jours ;

– 9 recommandations portées par 55 associations de lutte contre les violences sexuelles et sexistes : l’ensemble des recommandations portées par le Collectif Abolition 2012 pour l’adoption d’une loi globale et cohérente.

– La valorisation d’un front abolitionniste historique :

– La diffusion de nouvelles tribunes chaque semaine :

–   Mobilisons-nous pour une loi d’abolition ! ici

–   Abolition de la prostitution : pourquoi la Suède est un bon modèle. Ici

–   Génération « Abolition de la prostitution ». ici

 

4 – 1000 jeunes pour l’abolition de la prostitution

Huit organisations de jeunesse s’associent pour mener campagne pour l’abolition de la prostitution.

Dans un appel intitulé « Génération Abolition de la Prostitution » signé par plus de 1000 jeunes et à l’aide de plusieurs supports d’information et d’argumentation, l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), l’Union Nationale Lycéenne (UNL), Osez Le Féminisme ! (OLF), Les EfFRONTté-e-s, le Mouvement des Jeunes Communistes Français (MJCF), l’Union des Etudiants Communistes (UEC) et La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) s’expriment collectivement et publiquement pour la première fois en faveur de l’abolition du système prostitueur.

73 % des jeunes de 18-25 ans souhaitent la pénalisation du client prostitueur. Nous avons notre mot à dire sur la société dans laquelle nous voulons évoluer. Nous voulons une société plus juste, plus égalitaire. Nous voulons donc créer les conditions de la libération des sexualités, de l’égalité femmes-hommes et de la solidarité entre les peuples. L’abolition du système prostitueur est une étape nécessaire à la construction de cette société.

Alors qu’une proposition de loi des députées Maud Olivier et Catherine Coutelle a été déposée le 10 octobre à l’Assemblée Nationale, nos organisations appellent les parlementaires à améliorer encore cette loi et à l’adopter, afin de traduire enfin dans le droit la position abolitionniste de la France.

 

5 – Lutte contre la prostitution : ne tombons pas aussi bas – CLEFLe 23 octobre 2013

Le journaliste Luc Le Vaillant, opposé à la pénalisation des clients ayant recours à la prostitution, comme le prévoit la proposition de loi déposée par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a publié aujourd’hui dans Libération un texte pour le moins surprenant : il imagine l’actuelle ministre des droits des femmes le 8 mars 2015, dans l’impossibilité de se réjouir du vote d’une loi, car subissant le chantage d’un gigolo dont elle serait tombée amoureuse… La Coordination française du Lobby européen des femmes (CLEF) ne peut que se désoler d’une aussi vile attaque ad hominem contre la ministre, qui, courageusement, a pris le parti de renverser le regard sur la prostitution en soutenant la condamnation du client plutôt que de la personne prostituée.

Le journaliste reprend les arguments entendus sans cesse : il y aurait, à côté de la prostitution subie, une prostitution « volontaire », « entre adultes consentants », qu’il s’agirait de tolérer, voire de réglementer. Les arguments de ceux qui prônent la pénalisation du client serait des puritains qui s’immisceraient à mauvais escient dans la vie privée et qui empêcheraient des femmes et des hommes d’user de leur droit fondamental, à savoir la liberté de disposer de son corps comme ils et elles l’entendent.

Force est de constater que bien peu de prostitué-es peuvent revendiquer l’exercice de ce droit : en France, le nombre de prostitué-es, en l’absence de données fiables, est évalué au minimum à 30.000. A Paris, pour 400 « indépendantes » qui perpétuent l’image de la prostitution que l’on peut qualifier de « traditionnelle », sans proxénète, on compte aujourd’hui plus de 4.000 femmes venues d’Europe de l’Est et d’Afrique qui sont beaucoup plus des esclaves que des prostituées.

La position abolitionniste n’est pas une position moralisatrice, c’est une position morale qui vise à supprimer cette forme d’asservissement des êtres humains, fondée sur l’idée que le corps n’est pas une marchandise et que comme l’a posé la psychothérapeute Suzanne Képès, on ne doit pas pouvoir acheter le corps de l’autre.

Quant à la création d’une prostitution réglementée, comme au temps des maisons closes, l’expérience des pays réglementaristes montre que la liberté des personnes est rarement respectée : les bordels et les réseaux internet sont sous le contrôle des mafias, qui participent à la traite des êtres humains aux ramifications internationales. Un rêve libéral, en somme.

Les associations membres de la CLEF proposent donc de : – pénaliser le client plutôt que la prostituée – combattre le proxénétisme et la traite des êtres humains par des politiques ambitieuses conduites au niveau européen et international – mettre en conformité les législations européennes dans un sens abolitionniste – conduire des politiques d’insertion des personnes prostituées – protéger les personnes prostituées sans papiers – informer dès le plus jeune âge et par des campagnes de communication sur les conséquences de la prostitution et éduquer au fait qu’on n’achète pas le corps d’autrui.

6 – 343 salauds : le Mouvement du Nid vous dit MERCI !

La pétition « Touche pas à ma pute ! Le manifeste des 343 salauds » tombe à point nommé. Quelle meilleure manière de tomber le masque ? Quel plus bel aveu de la vraie nature de ces hommes de pouvoir – blancs, aisés, connus – prêts à tout pour sauver un «droit» en plein naufrage ? Un «droit» qui n’en est plus un : celui de voir garanti leur bon plaisir en extorquant un consentement sexuel à des personnes qui n’ont pas les moyens de leur dire non.

Leur acte ne peut être que désespéré comme en témoigne l’indécence de leurs comparaisons. Avec la campagne «Touche pas à mon pote», SOS Racisme promouvait l’égalité, l’émancipation individuelle et collective et la lutte contre le racisme. Avec le «Manifeste des 343 salopes», des femmes courageuses militaient pour la libre disposition de leur corps.

Avec «Touche pas à ma pute» (on apprécie tout le mépris paternaliste du terme), les «343 salauds» exigent le maintien de leur pouvoir et de leur impunité de dominants. Ils sortent du bois pour réclamer le maintien de leur droit à exploiter sexuellement des femmes, sans souci aucun des réalités : la précarité, les violences, les réseaux et les proxos. Merci à eux de dire tout fort ce que nous nous évertuons depuis tant d’années à montrer.

La prostitution comme réponse à la « misère sexuelle » ? Non. Ces piliers du monde culturel et médiatique veulent juste continuer à exercer un pouvoir. Un combat pour la liberté sexuelle ? Non plus. Mais un front machiste et sexiste qui, même après l’affaire DSK, fait semblant de confondre libertinage et violences sexuelles.

Comme nous l’expliquons dans le dossier de presse ci-joint, nous, abolitionnistes, nous battons au contraire pour libérer la sexualité des injonctions patriarcales réactionnaires et de l’emprise du marché. La liberté de disposer de son corps ne saurait se conjuguer avec le droit de disposer unilatéralement du corps de l’autre en le dominant par l’argent. Les enjeux du débat sont clairs. En hébergeant cette pétition, Elisabeth Lévy affirme en effet le fond de sa pensée : « emmerder les féministes ». Pas sûr que le but soit atteint…

7 – « L’appel « Touche pas à ma pute » humilie les femmes » – Anne Zelensky – Présidente de la Ligue du droit des femmes

« Touche pas à ma pute », tel est l’intitulé d’une pétition qui sera publiée dans Causeur de novembre. Elle est le porte-étendard du « Manifeste des 343 salauds ». Voilà un acte militant inédit : les hommes n’avouent pas aisément fréquenter les putes. Et se préoccupent plus d’utiliser ces dames que de les défendre.

Mais ce manifeste va encore plus loin, et se réclame paradoxalement d’un autre manifeste célèbre : celui des « 343 salopes », publié en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, pour défendre la liberté d’avorter (« Je déclare avoir avorté »). Je suis, avec d’autres, à l’origine de ce manifeste. Une précision utile : nous n’avions pas choisi de nous appeler « salopes », ce qualificatif nous est venu du dehors, de Charlie Hebdo. Si on comprend bien, le terme de « salope » désignerait donc toute femme qui enfreint les règles de la bienséance féminine officielle, pute ou féministe.

Dans le manifeste « Touche pas à ma pute », les signataires eux, ont choisi le terme de « salaud » par référence aux « salopes » de 1971. C’est là que je m’interroge. Quelle filiation peut-il bien y avoir entre nous, les « salopes » qui réclamions la liberté interdite de disposer de notre corps, et ces « salauds » qui réclament aujourd’hui la liberté de disposer contre rémunération et sans pénalité du corps de certaines femmes ? Dans le premier cas, il s’agit de lever une oppression, dans le second, de la reconduire. Et ce au nom du même concept : la liberté. Où est la faille ?

Ce qui chiffonne mon sens de la logique en effet dans cette proclamation, ce n’est pas tellement qu’elle défende une forme de prostitution qui concerne une minorité de personnes, persuadées de l’avoir choisie. Ce n’est pas tellement qu’elle véhicule une contradiction majeure : elle met de côté la souffrance et l’humiliation de la majorité des « forçates » du sexe, tout en condamnant les réseaux proxénètes, qui en sont les pourvoyeurs.

Liberté ou asservissement ? : Ce qui me chiffonne, c’est cette référence à la liberté. L’occasion est donnée une fois de plus de constater les dévoiements infligés à cette idée. Ce mot connaît depuis des décennies des accommodements qui reviennent à en faire le contraire de ce qu’elle est censée être. La doxa de notre temps s’incarne dans la trilogie : « liberté d’expression », sacralisée par la loi 1881 sur la liberté de la presse, le « touche pas à » (on est passé du pote à la pute) et le « c’est mon choix ». Le tout chapeauté par le credo : « Tout se vaut » (les arts, les cultures, les dominations) ou concept d’équivalence. Tels sont les piliers qui soutiennent l’édifice construit à la gloire de « ma » liberté. Qui ne connaît pas de limite.

Et voilà comment la liberté de disposer de son corps, revendiquée dans le « Manifeste des 343 », se voit étendu à des pratiques -– liberté de se prostituer -– qui en constituent le contraire. Comment peut-on en effet revendiquer comme liberté ce qui en fait la bafoue ? La liste est longue dans l’histoire, de ceux et celles qui ont préféré leur esclavage à la liberté, tant sont fortes l’emprise du conditionnement et la fascination de la soumission. Des esclaves noirs affranchis qui ne voulaient pas quitter leur maître, à la fameuse héroïne d’Histoire d’O, qui consentait à être asservie, on n’en finirait pas d’énumérer les zélateurs de la « servitude volontaire ». Dans cette pétition « Touche pas à ma pute », par un tour de passe-passe pervers, la liberté est mise au service de la défense d’un esclavage de fait.

Dans cette affaire de prostitution, personne n’est en fait libre : ni la pute ni le client. A part quelques rares exceptions, la majorité des personnes qui se prostituent le font par contrainte économique ou psychologique. Soyons sérieux : ce n’est pas une partie de plaisir d’ouvrir ses jambes à la demande, plusieurs fois par jour. Quant au client, il est pris dans un système de relation homme-femme, fondé sur le malentendu et la peur.

Quoi de plus rassurant que le scénario prostitutionnel ? Tout y est prévu : il paye, elle exécute. Elle lui offre la satisfaction de ses fantasmes ; elle l’écoute ; elle ne le juge pas. La femme idéale en somme. Il peut régresser avec elle en toute innocence, larguer un moment tout ce qui le contraint à être un homme : les responsabilités, le sérieux, la maîtrise. Le pied, non ? Etre un homme n’est pas si facile, et on peut comprendre les délices de ce lâcher-prise. Qu’il soit inavouable est bien le signe qu’il est merveilleusement transgressif. Il faut en effet un certain goût de la provocation aux signataires du « Manifeste des salauds » pour reconnaître qu’ils vont chez les putes.

Ce manifeste s’inscrit dans la guéguerre que se livrent les sexes. C’est la réponse du berger à la bergère. La revanche de certains hommes contre la libération des femmes passe sans doute par ce pied de nez. Tu as voulu être libre ? Eh bien, moi, ça ne m’empêchera pas d’aller chez les putes. Les femmes esclaves, j’aime. Au moins elles ne me demandent rien, elles me prennent comme je suis. Là est le hic. Le féminisme a introduit dans la bergerie des sexes le dangereux loup de la lucidité. Les femmes ne veulent plus faire semblant de prendre les hommes tels qu’ils sont, et elles en ont assez d’être prises pour ce qu’elles ne sont pas. Pouce ! Il faut inventer un autre jeu.

8 – NON messieurs,  les corps ne sont pas à vendre ! – CLEF

Il en fallait du courage pour oser déclarer publiquement être pour l’asservissement et l’esclavage sexuel. Nos 19 « salauds » signataires (loin des 343 affichés) font honneur à leur rôle de mâle viril et puissant prêt à défendre leur liberté, celle de disposer du corps des femmes tel qu’ils le désirent. Pour montrer que ce sont bien des hommes, des « vrais », ils ont même eu la bravoure de faire référence au manifeste des 343 françaises qui ont osé affirmer publiquement qu’elles avaient eu recours à l’avortement.

Il faut croire que nos « bons hommes » n’ont pas saisis la différence entre disposer de son corps et disposer du corps d’autrui, nuance infime pour eux, nuance infâme pour nous.

Comme l’indique le titre paternaliste et moralisateur de cette proclamation, les signataires ne défendent pas les personnes prostituées, ils défendent leurs privilèges et leurs désirs sans aucune considération pour les femmes qu’ils exploitent.

Par leurs affirmations, ces hommes réaffirment leur volonté de conserver leur pouvoir et leur hégémonie sur les femmes à l’opposé des idées  d’égalité et de solidarité défendues par la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes qui réaffirme qu’il faut :

– pénaliser le client plutôt que la prostituée ;

– combattre le proxénétisme et la traite des êtres humains par des politiques ambitieuses conduites au niveau européen et international ;

– mettre en conformité les législations européennes dans un sens abolitionniste ;

– conduire des politiques d’insertion des personnes prostituées ;

– protéger les personnes prostituées sans papiers ;

– informer dès le plus jeune âge et par des campagnes de communication sur les conséquences de la prostitution et éduquer au fait qu’on n’achète pas le corps d’autrui.

9 – Les « Paye pour jouir » me dégoûtent, c’est ma libertélaconnectrice.fr

Une pétition d’hommes réclamant la liberté d’aller aux putes devrait être mise en ligne prochainement sur le site « Causeur ». Ces messieurs déjà connus pour défendre leur « droit » à payer pour jouir dans -sur, à travers- le corps d’une femme se révoltent contre le projet du Parlement européen d’édicter une loi sanctionnant les clients de prostituées. En même temps ils revendiquent la consommation de pornographie. Et ça se dit intellectuel !

Toute personne dotée d’une once de culture ne peut ignorer le lien manifeste entre agressions sexuelles, pornographie et prostitution, mamelles de la discrimination universelle des femmes. Sans même se pencher sur des études scientifiques, il suffit de lire les faits divers pour constater que délinquants et criminels sexuels sont de grands consommateurs de pornographie. Il faut croire que le sexe mâle est aveugle et qu’il ne connait que ce qui l’arrange même quand les réalités le contredisent, typique d’un comportement idéologique  contradictoire avec l’essence de la philosophie, l’esprit critique.

Franchement, messieurs, vous vous pensez désirables en consommant prostituées et pornographie ? Vous pensez vraiment que les femmes vous trouvent séduisants sachant que vous trempez allègrement votre biscuit ici et là moyennant finances ou que vous vous astiquez le manche en regardant des images de femmes harnachées comme des pouliches, ligotées comme des saucissons, retournées comme des crêpes par un étalon de service ou aspergées de sperme du visage aux seins. Vous pensez vraiment que ça nous fait envie ? Dans vos rêves, oui.

Il n’y a que de vieux barbons peine à jouir pour se réjouir de la belle époque des bordels, des claques et des maisons closes, du souvenir des putes au grand coeur qui réconfortaient les milords et se faisaient cogner par leur légionnaire.

Il n’y a que de pauvres gosses sans éducation pour consommer de la pornographie dès l’âge de 11 ans, mettre en pratique leurs leçons en violant à 13 ans parce qu’ils ne peuvent pas encore aller aux putes, de futurs maquereaux pour nombre d’entre eux, grâce auxquels vous pourrez aller aux putes.

La pornographie et la prostitution font partie de l’oppression des femmes, de leur discrimination dans toute la société et de leur infériorisation dans le travail, dans la politique, dans les relations humaines, dans la culture et dans tous les domaines de la vie. L’injure la plus courante pour insulter une femme n’est-elle pas de la traiter de « pute » ?

Pornographie et prostitution sont responsables des viols commis toutes les dix minutes en France. Elles sont aussi responsables des violences conjugales et des meurtres conjugaux. Elles sont encore responsables du harcèlement sexuel au travail, dans la rue, dans la nature et partout ailleurs. Elles sont responsables de l’indulgence de la Justice pour les violeurs et les meurtriers de femmes comme Cantat. (seulement 8 ans de prison pour avoir cogné une femme à mort, 4 ans effectués) Elles permettent aussi qu’un animateur de radio diffuse une vidéo incitative au viol sans que les autorités ne bronchent.

Alors messieurs qui revendiquez votre liberté d’aller aux putes et de consommer de la pornographie, sachez que ma liberté à moi est de vous mépriser, de vous désavouer et de combattre votre fielleuse idéologie. parce que vos choix indignes portent atteinte à ma liberté d’existence.

10 – 1881 hommes contre la prostitution – ZeroMarcho

Des ringards s’amusent à défendre une cause machiste perdue. Dans le débat en cours sur l’abolition du système prostitueur, quelques hommes médiatisés ont l’indécence de singer le courageux combat des femmes pour le droit d’avorter (1971) en lançant une pétition intitulée « Les 343 salauds ». Qu’est-ce qui les pousse à faire de l’humour à propos de l’esclavage de millions de femmes, d’hommes et d’enfants ?

Dans le sous-titre « Touche pas à ma pute ! », décalque ignoble du combat anti-raciste (1985), l’adjectif possessif traduit leur mépris pour les femmes dans la prostitution.

Cette pétition réac prétend que la volonté d’abolir la prostitution serait « une guerre faite contre les hommes ». C’est tout le contraire : nous, Zéromachos, hommes engagés contre le système prostitueur, affirmons que le combat pour l’abolition de la prostitution est avant tout un combat pour l’Égalité.

Cette lutte progressiste, à la suite de femmes courageuses et aussi d’hommes tels Zola, Hugo ou Jaurès, nous libère d’un diktat qui a amené des générations d’hommes à se comporter en « salauds ». Que certains se revendiquent encore de ce machisme ne les honore pas. Ils perpétuent ainsi des comportements dégradants et archaïques.

Nous, Zéromachos, voulons un autre avenir ; nous exprimons notre désir de liberté et de plaisir sexuel pour les hommes et aussi pour les femmes, oubliées de la « libération sexuelle ». Aussi disons-nous à ces quelques hommes : « Vous voulez retourner à l’époque de l’esclavage ?  Pas nous ! »

Car, avec des femmes et des hommes lucides, nous travaillons à l’avènement d’un monde sans esclavage, sans viol, sans prostitution. Pour que celle-ci disparaisse, il faudra du temps. À condition que les « salauds » pétitionnaires comprennent l’analyse de Françoise Héritier : « Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter. »

Nous répondrons aux « 343 salauds » par un spot vidéo qui montrera la violence des « clients » prostitueurs. Il sera mis en ligne le 7 novembre à minuit.

site http://www.zeromacho.eu/ ; Facebook: @Zéromacho ; Twitter @Zeromacho

11 – 343 salauds – machos – blaireaux ! – Les efFRONTé-e-s

Les efFRONTé-e-s sont partagées entre un sentiment de la colère… et d’une certaine gratitude envers les 343 salauds qui tombent le masque de la violence du système prostitutionnel. 343 réactionnaires se sont regroupé autour de l’appel « Touche pas à ma pute ! » pour pleurer sur la perte éventuelle du plus vieux privilège des hommes : l’accès marchand au corps des femmes.

Nous sommes évidemment choquées par ce détournement scandaleux du manifeste des 343 femmes qui ont défendu le droit à disposer de leurs corps (et non de ceux d’autrui) via le droit à l’avortement. Le premier manifeste historique défendait l’idée de la liberté sexuelle, de jouir des désirs et des plaisirs réciproques, en écartant l’épée de Damoclès des grossesses non désirées. L’appel des 343 salauds revendique le droit des hommes à des rapports sexuels marchands, violents, imposés et destructeurs pour l’extrême majorité des personnes concernées par le système prostitueur.

Membres du collectif Abolition 2012, les efFRONTé-e-s suivront de près les débats parlementaires pour renforcer la lutte contre le proxénétisme, contre la précarité des victimes du système prostitutionnel, notamment des plus vulnérables (jeunes, personnes immigrées ou sans papiers), et la pénalisation les clients de la prostitution.

Parce que la liberté sexuelle, ça n’a pas de prix ! Parce que tout n’est pas à vendre… Nous disons : ABOLITION !

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Coordination Française Marche Mondiale des Femmes, 25/27 rue des Envierges, 75020 Paris ;

Tel : 0144621204 ou 06 80 63 95 25, mail : marchfem@rezisti.org ; site : http.www.mmf-France

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