Hommage aux femmes du Blues

couv Hell of a Woman 15mm.indd« En levant le voile sur leur passé, j’ai également découvert qu’elles étaient les seules à décrire ce qu’elles voyaient autour d’elles, elles abordaient l’homosexualité féminine, le racisme, les grandes maladies qui décimèrent plus d’un musicien et les ravages de la drogue… et quand elles chantaient l’amour, c’était pour dire combien il était difficile de rencontrer un homme bien qui ne leur prendrait pas leur argent, ne les battrait pas quand il rentrerait saoul. Ou bien elles plongeraient à fond dans cet univers corrompue et lascif en chantant des chansons aux limites de la bienséance, se moquant de ces hommes qui  »payaient » pour une étreinte toujours feinte ! »

Dans les années vingt, aux États-Unis « la vie et la musique de ces bluesmen noirs étaient influencées et dominées par la discrimination raciale. Ces musiciens ne pouvaient pas loger dans les hôtels où ils donnaient leurs concerts, ils leur était même interdit de boire dans les clubs où ils jouaient ; on passait leurs disques dans des endroits auxquels l’accès leur était refusé ». Et cela était aussi vrai pour les femmes musiciennes et chanteuses.

Au fil des pages, vous découvrirez les « Juke Joints », les « Gin Mills », Alberta Hunter (« Je suis peut-être aussi brune qu’une mûre – Mais c’est seulement secondaire – Vous ne verrez pas la différence dans le noir »), Victoria Spivey, Memphis Minnie, Lil Green, Ma Rainey (« Alors s’ils disent que je le fais mais personne ne m’a jamais prise sur le fait – Alors prouvez le moi ! »), Georgia White, Mildred Bailey, Bessie Smith, Kate Mc Tell, Sister Rosetta Tharpe, Odetta, Billie Holiday.

« Southern trees bear strange fruit,

Blood on the leaves and blood at the root,

Black bodies swinging in the southern breeze,

Strange fruit handing from the poplar trees »

 

Un voyage au pays de la ségrégation raciale pour découvrir cet autre versant de la musique, ces femmes du Blues. Richement illustré de photos. « Le Blues… La musique du diable ?… Diablement humain ! »

Nina Van Horn : Hell of a woman

Biographies

Société des écrivains, Paris 2011, 229 pages, 20 euros

Didier Epsztajn

Une réponse à “Hommage aux femmes du Blues

  1. Autre versant….? Les femmes en sont venues à être considérées, là comme ailleurs comme des adjonctions aux sujets principaux et principiels: les hommes. Alors qu’elles étaient au départ, au début. Et que sur les pochettes et autres pubs de l’époque–des années 20–pour les rouleaux de cire où étaient gravés les premiers enregistrements, si on voulait vraiment dire du bien d’un artiste homme, on écrivait: « Sings the blues like a woman »! Qu’est-ce qui s’est passé ? En détails on ne sait pas, on ne saura que quand une historienne se penchera dessus, mais en gros c’est comme l’entrée puis l’appropriation de genres entiers dérivés du blues par les Blancs: les créateurs, les NoirEs, n’ont plus qu’à s’en aller dans les coulisses et créer ce qui sera vu comme comme un sous-genre mineur, par ce qu’elles/ils ont été exclus du genre majeur.

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