Projections : un piano et des mondes

Pianiste seul-e face à cet instrument multiple…

Au hasard de ré-écoutes récentes.

Pour rappel : Joachim Kühn : Soundtime, Jazzwerkstatt 094 (coffret 6 CD), 2010, Le piano dans le jazz, en guise de quatrième partie

Après avoir lu la chronique de mon ami Nicolas sur le disque de Bill Carrothers « Civil War Diaries live » Entendre le murmure du temps…, j’ai eu envie de revenir à un précédent disque de ce musicien.

cd1Univers fascinant, à la fois le connu, réminiscence de films états-uniens sur la guerre de sécession, malgré leurs réécritures sommaires de l’histoire sociale (lire par exemple, Karl Marx / Abraham Lincoln : Une révolution inachevée. Sécession, guerre civile, esclavage et émancipation, Editions Syllepse 2012, L’ouvrier blanc ne saurait s’émanciper là où l’ouvrier noir est stigmatisé), à la fois les déplacements dans l’étrange. « A mon sens, l’Histoire est une affaire de fantômes et la musique est une manière agréable de converser avec les fantômes. Les fantômes font partie de notre vie quotidienne et nous ne pouvons échapper à leur souffle dans nos veines. Les fantômes sont parmi nous » Bill Carrothers, août 2005.

Une promenade dans des allées peu empruntées. Le vertige du piano.

Cd Bill Carrothers : « Civil War Diaries » Illusions, 2005

cd2Loin de la médiatisation de certains, des pianistes poursuivent des parcours exemplaires. C’est le cas d’Irène Schweizer. Pianiste et compositrice. Ni facilité, ni virtuosité exhibitionniste. Blues, swing ou frappes percussives, une assimilation de l’histoire du jazz et de la révolution free à laquelle elle a participé. Je souligne deux pièces « Ida Lupino » de Carla Bley et « Xaba » de Dollar Brand, sans oublier son bel « Homage to Don Cherry » ou son « Final ending ».

Cd Irène Schweizer : « To Whom It May Concern », enregistré en avril 2011 au Tonhalle Zürich, Intakt

Hommage à la longue dame brune

cd3Piano « prepared and tuned ». Issam Krimi s’approprie les mélodies de Barbara, les digère et nous en offre des visions en clair-obscur. En s’éloignant, en travestissant, en recouvrant les notes d’un voile si personnel, il nous rend proche l’univers inoubliable de la longue dame brune.

L’inventivité d’un pianiste transcende les mélodies, sans les dénaturer. Des notes et des phrasés, si évident-e-s derrière la première surprise. Une actualisation, une projection, un hommage peu commun.

Cd Issam Krimi : « Barbara Piano Solo », Bee 2009

cd4Dans un autre registre, de la musique d’Argentine. Ce n’est pas du jazz. Mais je ne doute pas que les auditrice/auditeurs y trouveront des familiarités ou des cousinages dans ces pièces de « Musique traditionnelle de Santiago del Estero ». Le poids de la main gauche, les rythmes obsédants. Un choc lors de la première écoute, mais pas seulement.

Cd Adolfo Abalos : « Argentine. Musica del noroeste », Kardum Iris Musique, 1995 et 1994

Didier Epsztajn

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