Dans la lutte « pour votre liberté et la nôtre »

10« L’internationalisme et l’idéal politique au sens le plus noble sont au cœur de l’engagement des brigadistes, et singulièrement de ces combattants juifs. Ils sont parmi les premiers à comprendre que le sort de l’Europe se joue sur le sol espagnol mais aussi celui des Juifs menacés au premier chef par l’hydre fasciste » (David Forest, éditeur)

Ce livre est intéressant pour au moins deux raisons.

Pour le témoignage d’un juif-communiste-internationaliste combattant sur le territoire espagnol contre le fascisme. La barbarie se développait en Europe, avec la bénédiction des gouvernements dits démocratiques et le soutien des grandes fortunes, des possédants (plutôt Hitler que le Front populaire…). Un témoignage sur Szlomo, Micha, Eliahu, Karol, Mietek, Gerschon, Naftali, Zosia, etc. Ils se battaient et moururent en Espagne, non pour un drapeau limité aux couleurs nationales mais sous le drapeau de l’espérance, de l’émancipation possible, rêvée et le refus d’une certain ordre. Ils continuèrent à se battre dans le Groupe Manouchian, dans la résistance. Ils furent enfermés dans les camps français, les camps nazis. Un certain nombre furent détruits à Auschwitz. Et ils parlaient yiddish.

Ils sont, avec d’autres, l’honneur de celles et ceux qui n’abdiquèrent pas.

L’autre raison est la remarquable préface de Larissa Wozek-Gruszow « Les vies d’Efraïm Wuzek », le texte en hommage à Efraïm, ce père connu et inconnu, si éloigné et si présent « Raconter la vie de mon père me l’a rendu plus proche ».

De l’enfance en Pologne à l’arrive en Palestine en 1922, de l’adhésion au communisme et au Parti communiste palestinien (PKP), des émeutes arabes de 1929 contre l’occupant britannique et la colonisation sioniste à l’arabisation du PKP, de la position « une terre et deux peuples » à la section juive du PKP. De l’amour aussi.

Puis Paris en 1937 et la constitution des Brigades Internationales, sans oublier le stalinisme.

Les souvenirs d’un Botwinnik, de la guerre d’Espagne et ensuite, des camps d’internement français. Le retour en Pologne « communiste » et l’antisémitisme, la « révélation » des crimes de Staline et le retour en Palestine, cette fois nommée Israël.

La vie d’un révolutionnaire, d’un homme, qui s’est battu pour un autre monde, sans toujours garder les yeux ouverts sur les réalités assassines des partis communistes.

Illustré de photos et complété par les noms des combattants de la compagnie Botwin et de combattants juifs en-dehors de la compagnie Botwin, ainsi que de courtes biographies de combattants. « Ironie internationaliste », la première d’entre-elles, concerne Ali Abdel Chalak palestinien arabe. Le Yiddishland n’est pas une histoire « ethnique ».

En complément sur les brigades internationales : Sous la direction de Stéfanie Prezioso, Jean Batou et Ami-Jacques Rapin : Tant pis si la lutte est cruelle. Volontaires internationaux contre Franco, Editions Syllepse, Paris 2008, Réalité et imaginaire collectif

Et sur le Yiddishland, voir la page « juif – Yiddishland | «Entre les lignes entre les mots

Efraïm Wuzek : Combattants juifs dans la guerre d’Espagne. La compagnie Botwin

Présenté et annoté par Larissa Wozek-Gruszow

Traduit du yiddish par Jacques Kott

Editions Syllepse, collection Yiddishland, Editions Syllepse – Combattants juifs dans la guerre d’Espagne, Paris 2012, 221 pages, 22 euros

Didier Epsztajn

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