A la rencontre

Les musicien-ne-s de jazz sont souvent partis à la rencontre d’autres musicien-ne-s et de leurs instruments à travers le monde.

Ces dialogues fructueux soulignent combien l’idée même de frontières musicales est artificielle.

Au hasard de ré-écoutes récentes.

cd6Serge Adam (trompette), Benoît Delbecq (piano, piano préparé), Philippe Foch (tablas, percusions) & Majid Bekkas (oud, guembri).

D’abord la sonorité des instruments et particulièrement celle de l’oud, du piano ou de la trompette. Réponse des un-e-s aux autres, complémentarités construites, rythmes obsédants renforcés par les tablas et les percussions. Chacun transcende les flux habituels de « son » instrument, à commencer par le piano, une fois de plus magique de Benoît Delbecq. Nulle virtuosité gratuite. Surgissement parfois de la voix (malheureusement sans la traduction des textes). Une petite heure sous les soleils de l’ami-e trompette ou guembri.

Enregistré les 8, 9 et 10 novembre 2007 à la Maison de la Musique de Nanterre

Cd Les amants de Juliette & Majjid Bekkas, MFA 2007

FOusmane Ba (flûte peuhl), Ablaye Cissoko (kora), Jean-Jacques Avenel (contrebasse), Babou Ngom (sabar solo), Simon Goubert (batterie, piano, claviers) et Mbaye Gueye Faye et Bassoirou Faye (sabars).

Au de la de la sonorité magique de la flûte, la musique délivrée par cet ensemble souligne les apports d’autres instruments, d’autres sensibilités à la construction d’un jazz actuel, qui ne se plie pas aux configurations standardisées. Et pourtant, chacun-e retrouvera dans cette musique redessinée les lignes et les accents qui font du jazz, un pan important de la musique du siècle.

Cd Ablaye CissokoSimon Goubert : « African Jazz Roots », Cristal records 2012

tian-xia.qxdMarc Ducret (guitare), Dominique Pifarely (violon), François Raulin (piano), Michel Mandel (clarinettes), Pascal Berne (contrebasse), Emmanuel Scarpa (batterie).

Avec les musiciens chinois : Yuan Li (zheng), Zhong Zhiyue (sheng), Sun Yi (pipa), Shen Beiyi (liu qin), Zhao Qi (di zi), Chen Chunyuan (erhu).

« La rencontre historique entre le jazz actuel européen et la musique traditionnelle chinoise. Six musiciens français improvisateurs/compositeurs et six jeunes virtuoses chinois ont travaillé en France et à Shanghai durant trois ans pour concevoir, écrire et jouer cette musique .

Ici, pas de collage, pas de sampling, une vraie rencontre et deux civilisations en dialogue. On découvre un terrain de jeux exceptionnellement vaste, ou l’attention a été autant portée sur les assemblages de timbres inouïs (les cordes des pipas, liuqin, zeng ,erhu, mêlés au violon et à la guitare électrique, l’orgue à bouche sheng avec les clarinettes…) que sur un langage forgé ensemble, et respectueux des différences.

Une invitation au dépaysement, on se laisse embarquer sous le ciel comme si on lisait un recueil de nouvelles. »

Des sonorités et des constructions auxquelles les amateur-e-s de jazz ne devraient pas être insensibles. Une découverte.

Cd Tian Xia : Sous le ciel, La forge avril 2008

Didier Epsztajn

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