L’apport de la force de travail des femmes a toujours été massif et indispensable

L’objet du livre est de « compter le nombre de femmes au travail de 1901 à 2011 et conter l’histoire de ces chiffres ».

Contre la naturalisation de situations, la construction de catégories ou d’appréciations hors du temps, et il en sera de même plus avant sur les constructions des statistiques, les auteures nous rappellent que « Chaque société, chaque époque, chaque culture produit ses formes de travail féminin et sécrète ses images et ses représentations ».

L’ambition des auteures est de « reconstituer l’histoire des comptes de l’activité professionnelle des femmes au cours du XXe siècle, sans regarder le monde d’hier en l’ajustant aux lunettes d’aujourd’hui – c’est à dire avec une ferme volonté d’historicité ».

Margaret Maruani et Monique Meron ajoutent « Ce livre se veut une réponse sociologique et statistique au brouillage idéologique qui, de manière récurrente, occulte l’importance du travail professionnel des femmes, minimise le poids de leur contribution à l’activité économique du pays – et dévalorise par là même leur statut dans la société ».

Alors que pèse  toujours sur les femmes « le soupçon rampant de l’inactivité », les données disponibles ne sont pas toujours directement lisibles et interrogent sur « la visibilité du travail des femmes ».

Par ailleurs « l’observation est indissociable de la façon d’observer, la mesure, inséparable de l’instrument de mesure. Or le regard dépend du contexte, des valeurs et des représentations du moment ; les définitions et les classements utilisés vont opérer comme autant de filtres pour mettre en lumière certains aspects de la réalité et en laisser d’autres dans l’ombre ». Ainsi, contrairement à la légende de la neutralité de la science, l’apport des chercheuses féministes a permis, et permet, de soulever des problèmes poussés en silence sous le tapis, sexuellement tissé, du travail.

Le travail justement. Le travail et l’activité. « Le fait de déclarer ou non une activité rémunérée ou une profession, de nommer travail un labeur nécessaire à l’entretien du ménage, qu’il soit à domicile ou ailleurs, de distinguer la fonction sociale de travailler, d’avoir un emploi, un métier, des autres fonctions plus domestiques ou strictement familiales, c’est s’affirmer comme membre d’une société économique ». Je reviendrai en « conclusion » sur le « domestique ». Il ne s’agit pas ici de questions techniques ou comptables mais de questions fondamentalement sociologiques : « Il se joue dans ces décisions statistiques d’apparence technique un conflit entre des représentations de la société, et plus particulièrement du rapport des hommes et des femmes à la famille et au travail » ( Christian Topalov cité par les auteures).

Les auteures soulignent donc le pari du livre : « en regardant comment se construisent au fil des ans les statistiques de l’activité professionnelle des femmes, on peut raconter quelque chose de l’histoire de leur statut. Car le travail féminin est un fil rouge pour lire la place des femmes dans la société, dans toutes les sociétés contemporaines ».

Compte tenu de la richesse des propos sur les constructions sociales et l’ampleur des analyses, je n’aborderai que certains points, en laissant souvent la parole aux auteures.

Sommaire :

  • Introduction
  • Première partie : Paysages et contours de l’activité
  • Deuxième partie : Ages de la vie et sexe de l’emploi
  • Troisième partie : Les pénuries d’emploi : chômage, sous-emploi et travail à temps partiel
  • Quatrième partie : Métiers d’antan, professions d’aujourd’hui
  • Conclusion : Ce que compter veut dire…

Soupçon d’inactivité et développement du salariat féminin

Début du vingtième siècle. Et un premier constat, tiré des données statistiques, « la France est et a été un des pays où les femmes travaillent le plus. Ou bien un de ceux où l’on a le plus su enregistrer leur travail comme de l’activité professionnelle ».

Données statistiques. Une rupture en 1954, une modification de la mesure de l’activité dans l’agriculture. Résultat : une diminution de la population active agricole d’environ 1.200.000 personnes (230.000 hommes et 970.000 femmes), « la métamorphose est brutale. Or ce grand coup de balai sur les comptes du travail féminin dans l’agriculture repose de fait, sur une hypothèses forte mais jamais énoncée : le soupçon de l’inactivité qui pèse sur les femmes, ici celles d’agriculteurs » .

Les auteures soulignent que dans les recensements, la situation générale est « neutre », c’est-à-dire « à l’aune des hommes ». Ou pour le dire autrement « pour voir les grandes tendances de l’activité, on regarde du coté des hommes, transformant le masculin en neutre, et ensuite on regarde dans une case à part les  »spécificités féminines » dont on calque les évolutions sur celles des hommes ». Ce n’est d’ailleurs pas le seul cas ou la construction du « neutre » pare les dominants d’un habit dit universel et étouffe les dominées sous une spécificité inventée comme contrepoint à ce neutre inexistant.

Mais les statistiques révèlent que, contre l’image « imprimée durablement dans l’histoire statistique du travail des femmes » d’une baisse continue de l’activité féminine des années 20 aux années 60, c’est plutôt sur la stabilité qu’il faudrait insister. La « métamorphose que les définitions statistiques ont fabriquée de toutes pièces » en 1954 ont servies de soubassement à cette soit disant baisse…

Quoiqu’il en soit de la relativisation du travail féminin au premier demi-siècle, « la seconde moitié du XXe siècle a connu une croissance sans précédent du travail et de l’emploi des femmes ». Et il est possible d’aller au delà de cette constatation, de ce « saut quantitatif » : « les chiffres nous disent le rééquilibrage de la répartition des sexes sur le marché du travail sur un fond de généralisation du salariat. Ils nous suggèrent également le poids de l’activité féminine dans les recompositions du monde du travail : depuis près d’un demi-siècle, les femmes constituent l’essentiel de l’extension des forces de travail de ce pays ». Deux éléments sous-tendent la croissance du travail professionnel des femmes : « la salarisation de la main d’œuvre et la continuité des trajectoires professionnelles ». L’extension du salariat ne doit pas, cependant être confondu avec la « croissance de l’emploi »

Plus largement, il faut ajouter que « Le salariat devient majoritaire puis dominant à la fin du XXe siècle ». C’est, là aussi, un imposant autre changement qualitatif.

Concernant plus particulièrement les femmes, Margaret Maruani et Monique Meron en concluent que « Dans l’histoire de l’activité féminine, la nouveauté n’est donc pas tant le travail qui, sous des formes diverses, a toujours existé, mais plutôt l’emploi salarié, c’est-à-dire une forme de travail instituée et reconnue, autonome, clairement identifiable et extérieure à l’univers domestique ». (Sans négliger la note de bas de page : « jusqu’en 1965, les femmes mariées devaient obtenir l’autorisation de leur mari pour travailler ». 1965, hier en somme).

Les comportements d’activité des femmes ou la « norme » mise en question

« Les femmes se distinguent notamment par leurs interruptions : s’arrêter de travailler quelques années ou plus lorsque l’enfant paraît est une particularité de l’activité féminine qui la différencie du  »modèle » masculin, la rend  »spécifique » et par là même perméable aux discriminations. Or cette discontinuité, visible sur les courbes statistiques, a commencé à s’estomper dans les années 1970 pour être aujourd’hui tout à fait résiduelle ». Les auteures ne mésestiment pas le temps partiel et indiquent son traitement plus avant dans le livre.

Avant de poursuivre, je reprends la citation et l’exprime autrement : les hommes se distinguent notamment parce qu’ils ne s’arrêtent pas de travailler quelques années ou plus lorsque leurs enfants naissent, ce qui est une particularité de l’activité masculine…..

Margaret Maruani et Monique Meron indiquent que dans cette partie, « il s’agira de délimiter les contours de la  »spécificité » de l’activité féminine, de la dater, de la situer dans le temps, de repérer les âges où elle se construit et ceux où elle se défait ».

En 2010, le taux d’activité des femmes de 25 à 49 ans dépasse 85% (contre 40% en 1960). « Autrement dit, l’écrasante majorité des femmes cumulent activité professionnelle et vie familiale ». Les auteures prolongent : « Le fait que, ces dernières décennies, la discontinuité des trajectoires professionnelles des femmes soit devenue minoritaire – pour ne pas dire résiduelle – marque une véritable rupture par rapport aux normes sociales antérieures ». Les courbes d’activité des 25-49 ans montrent « une mer d’huile du coté des hommes, une lame de fond chez les femmes ». Le comportement d’activité professionnelle « des femmes en âge d’avoir et d’élever des enfants ont changé », ou pour poursuivre l’idée énoncée plus haut, le comportement d’activité professionnelle des hommes en âge d’avoir et d’élever des enfants n’a pas changé.

Les analyses par tranches d’âges sont particulièrement éclairantes et ramènent les auteures à une question fondamentale « qu’appelle-t-on avoir un travail, que désigne-t-on comme emploi, ici et maintenant ? »

Les tendances décrites s’inversent au siècle nouveau « Au commencement du XXIe siècle, l’évolution des taux d’activité par sexe et par âge donne à voir un nouveau revirement : une remontée des taux d’activité parmi les plus jeunes comme parmi les plus âgés », effet des politiques néolibérales sur les retraites, l’école, etc…

Il faut souligner la portée de ces analyses. Contrairement à une idée rabâchée « la discontinuité de l’activité des femmes ne constitue pas la norme traditionnelle ». Et les trajectoires étaient plus discontinues entre 1946 et 1968 qu’au début du vingtième siècle.

En fait, « De la  »spécificité » des comportements d’activité des femmes, il ne reste plus grand chose – à ce niveau d’observation et sur ce plan-là en tous cas. On verra plus loin que cela ne signifie en rien une place égale des femmes et des hommes sur le marché du travail. Ni dans les emplois ni dans les métiers exercés ».

Carence d’emplois, chômage et prolifération du temps partiel

De nouveau, des problèmes de définition. « Chômage, sous-emploi et travail à temps partiel existent tout au long du XXe siècle, mais avec des appellation, des désignations et des définitions très diverses ». Sous emploi caché, sous emploi nié et leur corollaire les temps partiels dit  »choisis »…

« Plus que jamais, c’est l’histoire de la façon de compter que nous contons ici ». N’en déplaisent à ceux et celles qui pensent qu’une statistique n’est qu’une vérité chiffrée, « au-delà des chiffres, ce sont des choix politiques que nous voyons à l’œuvre ».

Si l’armée de réserve (des travailleuses et des travailleuses) existe depuis très longtemps, « ce sont les politiques sociales qui ont contribué à inventer le chômage », ou dit autrement « Définir ce qu’est le chômage et dire qui sont les chômeurs est une décision politique ». En effet, il ne suffit pas pour une personne de se dire  »au chômage » pour être comptée comme telle. La question concerne plus particulièrement les femmes car « la porosité des frontières statistiques entre le chômage et l’inactivité les touche tout particulièrement ». Ou pour conter une autre histoire, les hommes ne sont que peu touchés par la porosité des frontières statistiques entre le chômage et l’inactivité.

« Car être chômeur, ce n’est pas seulement être privé involontairement d’emploi. Ce n’est pas uniquement être à la recherche d’un travail rémunéré. C’est être reconnu comme tel et légitimé dans cette quête ». Il y des chômeurs/chômeuses reconnu-es comme tel-les et d’autres qui ne le sont pas, des « faux/fausses » chômeurs/chômeuses, en somme, des in-comptables, des invisibilisé-es. Entre emploi et chômage, il y a en fait un troisième terme « l’inactivité, qui vient brouiller les cartes et autour duquel se déclinent toutes sortes de situations intermédiaires : chômage découragé ou révélé, sous-emploi, inactivité contrainte, etc. ». Les auteures ont raison de souligner que « L’inactivité, tout comme le chômage, est donc une convention statistique ».

Et dès lors est-il surprenant que « plus on s’éloigne du chômage  »officiel » pour regarder du coté du chômage de l’ombre (les chômeurs découragés, indisponibles ou en sous-emploi), plus on rencontre de femmes ». Le chômage et les constructions statistiques sont bien sexués.

Margaret Maruani et Monique Meron mettent l’accent, contre les lectures habituelles, sur la pénurie d’emploi qui explique bien mieux la majorité des temps partiels que le masque du pseudo-choix.

Temps partiels. « Chez les hommes tout d’abord, le travail à temps partiel ne touche véritablement que deux catégories tout à fait spécifiques, les jeunes qui entrent sur le marché du travail et les plus âgés qui en sortent » et « Du coté des femmes, le temps partiel se pratique à tout âge, mais de façon plus accentuée chez les moins de 25 ans et les plus de 60 ans ». Le temps partiel a donc un « sexe » et des « âges », il n’a pas le même sens pour les femmes et pour les hommes. De plus, contre les idées répandues, « ce n’est pas dans les classes d’âge où il y a des enfants à élever que le travail à temps partiel est le plus fréquent ».

Encore une fois, l’inégalité de droit, du droit à travailler professionnellement et d’avoir une rémunération assurant une certaine autonomie. « La plupart des femmes n’ont pas choisi de travailler à temps partiel – ou, plus exactement, c’est sous la pression du chômage qu’elles  »choisissent » le temps partiel : d’un sous-emploi pour ne pas rester sans emploi ». Il faudrait compléter ces analyses par l’absence de partage du travail domestique, le manque d’équipement sociaux, l’idéologie toujours prégnante du salaire d’appoint, soutenue, entre autres, par les pouvoirs publics, avec le maintien du quotient familial et l’absence d’imposition unipersonnelle, etc.

Les auteures complètent leurs analyses sur ce que sont aujourd’hui les travailleuses et les travailleurs pauvres. Et en premier lieu « quel est donc ce raisonnement qui conduit à exclure de l’étude de la pauvreté laborieuse une grande partie des salarié(e)s payés en dessous du SMIC ? ». Elles ajoutent « L’approche familiale du salaire rend compte d’un certain état du niveau de vie des ménages. Mais elle contribue à masquer des pans entiers de la pauvreté issue du travail. La famille, de fait, agit comme cache-sexe et cache-misère ».

Plus généralement la multiplication des travailleuses et travailleurs pauvres est très liée à l’essor du travail à temps partiel. « Regarder du coté du temps partiel, de son essor et de sa prolifération dans les segments peu qualifiés de l’emploi féminin, c’est tenter de comprendre les mécanismes qui ont conduit à la paupérisation invisible d’une frange du salariat féminin ». Et comme cela avait déjà été le cas pour l’appréciation du chômage « la disponibilité est érigée en ligne de démarcation ».

Margaret Maruani et Monique Meron soulignent ce règne de l’absurde « la  »non-disponibilité » efface le sous-emploi – tout comme elle gomme le chômage ».

Le temps partiel favorisé à partir des années 1970 « s’est construit comme une forme d’emploi spécifiquement féminine ». Ou pour le dire autrement, les pouvoirs publics ont « construit une forme d’emploi spécifiquement féminine qui vient contrecarrer la tendance à l’homogénéisation des comportements d’activité masculins et féminins observées depuis les années 1960 ». Les auteures concluent ce chapitre : « Mais de là à raconter qu’il sied bien aux femmes, c’est une autre histoire. Ce serait entrer dans le registre de la fable, du mythe, de la légende. Ou peut-être du mensonge social ».

Métiers d’hier et professions d’aujourd’hui (je conserve le titre bien parlant de la quatrième partie)

L’histoire des secteurs d’activité, des secteurs d’emplois : agriculture, usine puis bureaux (tertiaire) est une aussi une histoire sexuée. Et au-delà des évolutions « lorsqu’on recense les métiers réservés à l’un ou à l’autre sexe, on constate au fil des ans le maintien de domaines qui restent presque exclusivement féminins ou masculins. Mais d’autres activités réservent des surprises, soit parce qu’elles sont moins mixtes qu’auparavant, soit parce qu’elles le sont devenues, soient encore parce qu’elles ont clairement changé de sexe ».

Ces ouvrier-e-s que l’on dit disparu-e-s, disparition accentuée par les externalisations, l’intérim et le reclassement de secteur comme les transports par exemple, sans oublier la variation des définitions. « Présentes dans le travail ouvrier, les femmes le sont également dans le chômage ouvrier. Rappelons que, toutes catégories sociales confondues, ce sont les ouvrières qui connaissent les taux de chômage les plus élevés. Ce surchômage semble pourtant frappé d’une double invisibilité : parce que femmes et parce qu’ouvrières ».

J’ajoute, pour élargir le propos que la visibilité et l’invisibilité sont socialement construites dans/par de multiples dimensions (classe, genre, nationalité, processus de racialisation, âge, territorialisation ségrégative, etc.)

J’ai particulièrement apprécié les passages sur le sexe des professions, ces infirmiers qui sont très majoritairement des infirmières, ces instituteurs qui sont majoritairement des institutrices, et plus généralement les analyses sur la mixité, y compris cette interrogation que je souligne : « régulièrement, ce sont les choix féminins que l’on interroge et que l’on met en cause : pourquoi refusent-elles tel ou tel métier, pourquoi cette allergie à la technique ? Mais, à y regarder de près, la question se pose exactement dans les mêmes termes pour les hommes. : pourquoi sont-ils si peu nombreux auprès des nourrissons et des vieux, pourquoi ce rejet du ménage et de ses soins ? »

Il y a là quelque chose à voir avec le « couple » socialement construit entre féminisation et dévalorisation.

En guise de conclusion

Il me semble qu’il convient de compléter l’analyse du travail salarié des femmes, par celui des tâches domestiques, au sens le plus large, auxquelles la société les assigne. Non seulement du à cause du doublement de leurs journées de travail («une énorme masse de travail, le travail domestique, est effectuée gratuitement par les femmes, que ce travail est invisible, qu’il est réalisé non pas pour soi mais pour d’autres et toujours au nom de la nature, de l’amour ou du devoir naturel » Danielle Kergoat, Se battre disent-elles…,La Dispute, Travailleuse n’est pas le féminin de travailleur ) mais aussi parce que cela allège considérablement le travail des hommes.

De ce point de vue s’il est exact que « Pour les femmes, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, il (le travail salarié) constitue un marchepied vers l’autonomie économique – un grand pas vers la liberté », la non remise en cause de la division sexuelle globale du travail, pris au sens de la  »production du vivre » (« travailler, c’est se transformer soi-même et transformer la société et la nature », Danielle Kergoat, idem) reste un obstacle majeur à la modification en profondeur des rapports sociaux de sexe (système de genre). « Pour s’émanciper, les femmes doivent combattre l’oppression et l’exploitation, celles qu’elles partagent avec les hommes, mais aussi celles qu’elles subissent de façon spécifique, dans le travail salarié et dans le travail domestique. Or ces deux derniers sont liés, ainsi que les rapports de domination qui leur sont afférents. » (Danielle Kergoat, Se battre disent-elles…, La Dispute, Travailleuse n’est pas le féminin de travailleur).

Ce n’était pas l’objet du livre, mais le rappeler me semble nécessaire.

Il n’en reste pas moins que les auteures soulignent, à très juste titre, une des dimensions du salariat, celle de l’émancipation contre les statuts : « Avec la diffusion du salariat, leur labeur est désormais devenu visible et autonome, déconnecté de leur statut familial. Les femmes salariées travaillent et gagnent leur vie, quelles que soient leur situation familiale et la profession du conjoint. Le salariat consomme le divorce entre statut professionnel et familial ».

Des analyses et des sources documentaires indispensables pour dénaturaliser les conventions sociales, la construction de l’asymétrie sexuelle, la domination des hommes sur les femmes. Car l’égalité n’est pas encore ici.

En complément possible :

Sous la direction de Jacqueline Laufer, Catherine Marry et Margaret Maruani : Le travail de genre – les sciences sociales à l’épreuve des différences de sexe, La Découverte, 2003, La « variable sexe » n’est pas contingente, elle est nécessaire

Margaret Maruani et Monique Meron : Un siècle de travail des femmes en France 1901-2011

La Découverte, Paris 2012, 230 pages, 24 euros

Didier Epsztajn

2 réponses à “L’apport de la force de travail des femmes a toujours été massif et indispensable

  1. Bonjour, pour quelqu’un fana de lectures comme moi, j’apprécie bien vos recensions, mais je trouverais plus pratique et plus motivant de lire, en première ligne, non pas votre résumé du bouquin, mais son titre l’auteur, l’éditeur, le prix. Est-ce possible ? M.T.

    • Le choix de la présentation, avec les références de l’ouvrage en fin de note de lecture, a été adopté après réflexion.
      J’en connais et les avantages et les inconvenients.
      Le choix est de favoriser la curiosité : donc lecture du texte puis découverte de l’auteur et du titre.
      Cette présentation pourra évidemment évoluer.
      Cordialement
      Didier

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